Pourquoi une telle année ?
L’Assemblée générale des Nations Unies a déclaré 2026 l’Année internationale des agricultrices en adoptant la résolution A/78/L.59 lors de sa 78e session en 2024. Cette initiative s’inscrit dans le prolongement de plusieurs objectifs de développement durable, notamment la lutte contre la pauvreté, la sécurité alimentaire et l’égalité des genres, tout en s’appuyant sur la Décennie des Nations Unies pour l’agriculture familiale (2019-2028).
Cette initiative reconnaît le rôle vital des femmes dans la durabilité des terres, l’alimentation mondiale et la résilience climatique. Elle vise à sensibiliser, combler les écarts de genre et améliorer l’accès des femmes aux ressources, services et au leadership dans les systèmes agroalimentaires. Bien que cruciales dans ce secteur, les femmes font face à des défis majeurs : accès limité à la terre, contraintes financières et techniques, et accès réduit aux services et à l’éducation. L’année vise donc à encourager des politiques et investissements renforçant leur autonomisation.
Pour en savoir plus : Accueil | 2026 Année internationale des agricultrices | FAO
Que représentent les femmes agricultrices dans le monde ?
Les femmes représentent environ 36 % de la main-d’œuvre agricole mondiale, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO, 2023). Dans certaines régions, comme l’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud, plus de 60 % de l’emploi des femmes est lié à l’agriculture, non par choix mais par nécessité. Les femmes ne sont pas seulement responsables des cultures et de l’élevage, mais aussi de la transformation des aliments, de nourrir leurs familles et du maintien des marchés locaux, jouant un rôle crucial dans la production, la transformation et le commerce alimentaires.
Cette forte prévalence de l’emploi des femmes dans les systèmes agroalimentaires des pays à faibles niveaux de développement économique s’explique par les opportunités limitées disponibles pour les femmes en dehors de l’agriculture. Une éducation inadéquate, un accès limité aux infrastructures de base et aux marchés, ainsi qu’une intensité élevée du travail non rémunéré contraignent considérablement l’accès des femmes à l’emploi hors exploitation agricole.
Les obstacles auxquels elles sont confrontées
Malgré leurs contributions cruciales à la sécurité alimentaire et à la résilience économique, les agricultrices font face à des obstacles systémiques majeurs. L’insécurité alimentaire les affecte davantage : 31,9 % des femmes sont modérément ou gravement en insécurité alimentaire, contre 27,6 % des hommes (FAO, 2023). Leurs contributions restent largement méconnues et sous-évaluées, tandis que leurs conditions de travail demeurent précaires : emplois informels, à temps partiel, mal rémunérés et intensifs en main-d’œuvre. Elles gagnent 82 cents pour chaque dollar gagné par les hommes (FAO, 2023) et accèdent difficilement à l’entrepreneuriat agricole. Les femmes font également face à des barrières structurelles critiques : accès limité à la terre, au financement, aux technologies, à l’éducation et aux services de vulgarisation, avec un écart de productivité foncière de 24 % (FAO, 2023). Elles possèdent moins de bétail et n’ont pas accès aux équipements mécanisés. Au-delà de ces inégalités structurelles, les femmes sont disproportionnément affectées par les crises : 22 % ont perdu leur emploi durant la pandémie de COVID-19, contre seulement 2 % des hommes (FAO, 2023). Enfin, elles sont plus vulnérables au changement climatique et adoptent des stratégies d’adaptation à court terme plutôt qu’à long terme.


