Carnets solidaires : une Banquière Solidaire au Kosovo

Lancé par la Fondation Grameen Crédit Agricole et Crédit Agricole S.A. en 2018, Banquiers Solidaires est un programme de volontariat de compétences ouvert à tous les collaborateurs du groupe Crédit Agricole, en France et à l’international, en faveur d’institutions de microfinance et d’entreprises à impact soutenues par la Fondation. Découvrez le témoignage de Stéphanie Thibesard, Banquière Solidaire de CACEIS Bank, Luxembourg Branch qui est partie au Kosovo pour une mission de gestion des risques auprès de l’institution de microfinance AFK.

Qu’est-ce qui vous a poussée à postuler à une mission Banquiers Solidaires ?

Je connaissais la Fondation Grameen Crédit Agricole mais pas le programme Banquiers Solidaires qu’elle propose aux collaborateurs du groupe Crédit Agricole. Je l’ai découvert lors de la diffusion du podcast d’un banquier solidaire, Andreas Brunner, qui y partageait sa propre expérience. J’avoue m’être complètement reconnue dans ce qu’il décrivait. J’ai donc consulté le « catalogue » de la Fondation pour y voir les différentes missions proposées. La mission chez AFK au Kosovo correspondant à mes activités à CACEIS Bank Luxembourg Branch, m’est alors apparue comme une évidence ! Et ce, pour plusieurs raisons : elle me permettait de découvrir un secteur d’activité qui ne m’était pas familier (la microfinance), de partager mes connaissances, expériences et compétences (aide et contribution à l’amélioration d’un système), elle m’offrait une expérience humaine unique (agir pour les autres mais aussi avec les autres), elle représentait un nouveau challenge personnel et c’était une occasion unique pour sortir de ma zone de confort !

Dans quelle mesure cette mission est-elle pertinente et enrichissante pour votre travail au sein de CACEIS ?

Dans le cadre de cette mission d’assistance technique pour le compte d’AFK, nous avons travaillé sur la mise en place d’une cartographie des risques opérationnels, jusqu’alors inexistante au sein de l’IMF. Cela m’a donné l’opportunité de partager mes connaissances sur les risques opérationnels et plus particulièrement sur la cartographie de ces risques, pour ensuite travailler sur un template adapté aux activités de l’institution, à la fois simple et fonctionnel, mais surtout efficace (pouvant être enrichi lors de revues ultérieures et en fonction des besoins d’AFK). Cet exercice m’a ainsi permis de me recentrer sur les essentiels d’une cartographie, à savoir identifier les risques majeurs liés à une activité pour pouvoir y remédier au travers de plans d’action. J’ai réalisé qu’à vouloir parfois trop l’enrichir ou l’étoffer (aussi bien en indicateurs qu’en granularité), la cartographie tend parfois à perdre en termes de lisibilité.

Qu’est-ce que cette opportunité représente pour vous d’un point de vue personnel ?

Avant tout, cette opportunité représente une expérience humaine incroyable ! J’ai rencontré au Kosovo et en particulier dans les équipes d’AFK, des personnes très accueillantes, disponibles mais aussi transparentes dans leurs communication (important pour le bon déroulement de la mission). Les échanges ont réellement été constructifs et très enrichissants. J’ai également découvert une culture : l’histoire récente de ce pays et sa reconstruction, un mode de vie et des coutumes, un sens de l’hospitalité, un environnement géographie et économique … Au cours de cette immersion j’ai également pu observer une réelle faculté de résilience chez les Kosovars. Je pense que l’on revient forcément différent de ce genre de mission.

Seriez-vous intéressée par de nouvelles missions d’assistance technique pour le compte de la Fondation Grameen Crédit Agricole ?

Sans aucun doute ! Si une nouvelle mission de ce type se présentait à nouveau, j’y postulerais ! Mais je pense toutefois qu’une telle expérience devrait être vécue par un maximum de personnes. Je ne peux donc qu’encourager les collaborateurs du groupe à se lancer dans une mission Banquiers Solidaires.

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Je remercie vivement la Direction de CACEIS Bank, Luxembourg Branch (Philippe Bourgues, Country Managing Director et Dominique Lapierre, Deputy Managing Director) ainsi que les Ressources Humaines (Anne-Catherine Loiseau et Pauline Duburquoy) pour leur soutien dans ce projet. Merci également à Séverine Pierret (Management ROCP) pour sa disponibilité et ses conseils avisés notamment lors de la phase de préparation de la mission. Et bien sûr un merci tout particulier aux équipes d’AFK (représentées par Vahdet Anadolli, CEO et Xhevdet Spahija, COO) pour l’accueil chaleureux qu’elles m’ont réservé ainsi que pour les excellentes conditions de déroulement de cette mission.

Découvrez les missions Banquiers Solidaires à pourvoir

La Fondation, l’UNHCR et Sida continuent d’unir leurs forces pour garantir l’inclusion financière des réfugiés en Ouganda

Depuis 2019, la Fondation Grameen Crédit Agricole, l’Agence suédoise de développement et coopération Internationale (Sida) et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) se sont alliés pour soutenir les populations réfugiées en Ouganda par le biais d’un programme innovant dont l’objectif est d’améliorer les moyens de subsistance, la résilience et l’inclusion financière des réfugiés mais également des communautés d’accueil.

L’Ouganda accueille environ 1.5 million de réfugiés et de demandeurs d’asile, ce qui en fait le premier pays d’accueil en Afrique, et le troisième dans le monde. C’est l’un des pays avec les politiques d’accueil les plus progressives au monde, et l’un des pays leaders pour la mise en place du Cadre d’Action Globale pour les réfugiés (CRRF) et du « Global Compact on Refugees » (GCR). En Ouganda, les réfugiés sont libres de leurs mouvements, ont le droit de travailler, et ont été inclus dans le Plan National III pour le Développement du pays. Ils obtiennent un lopin de terre, vivent dans des campements proches des communautés d’accueil et ont accès aux mêmes services publics nationaux, en matière de santé, d’éducation, d’accès à l’eau, de moyens d’existence et d’assainissement.

Une grande majorité des réfugiés (94%) vit dans 13 campements, situés dans le Sud-Ouest et le Nord du pays. Les 6% restants vivent en zone urbaine, près de Kampala. Malgré les politiques progressistes et inclusives de l’Ouganda, le taux de pauvreté des réfugiés est près de deux fois plus élevé que celui des communautés d’accueil, ce qui crée des défis pour la coexistence pacifique des communautés, et des problématiques de sécurité, en particulier pour les femmes, les filles et les personnes ayant des besoins spécifiques.

Le programme développé par la Fondation, l’UNHCR et le Sida vise à améliorer l’accès au crédit et à l’épargne des réfugiés et de leurs communautés d’accueil afin qu’ils puissent développer des activités génératrices de revenus. Ce programme, qui tire parti de financements mixtes (capitaux publics et privés), comprend trois volets : un fonds de garantie, un financement de la dette par la Fondation pour trois institutions de microfinance (IMF) (Vision Fund Uganda, Brac Uganda Bank Ltd et Ugafode) et une assistance technique pour les IMF et les réfugiés. La Fondation Grameen Crédit Agricole, avec le soutien financier de Sida, assure la coordination du programme qui propose également aux réfugiés des services non financiers tels que la formation commerciale et l’éducation financière.

Grâce au programme, les IMF soutenues ont pu ouvrir de nouvelles agences dans les districts de Moyo (campement de Parlorinya), Yumbe (campement de Bidibidi) et Isingiro (campement de Nakivale) où vivent de nombreux réfugiés. Ainsi, VisionFund Uganda, partenaire de la Fondation depuis 2020, servait à fin 2022 28 739 emprunteurs actifs dans les agences gérées dans le cadre du programme (dont 20 % de réfugiés et 72 % de femmes), pour un encours de prêt de 3,3 milliards UGX (868 663 EUR). Dans les agences concernées, un important travail de digitalisation a pu être mené à bien avec des décaissements 100% digitaux. Les visites sur le terrain réalisées par les équipes de la Fondation ont en outre permis de mieux comprendre les difficultés rencontrées pour accroître l’inclusion financière des réfugiés : difficultés à recruter du personnel réfugié, problèmes divers auxquels font face les clients (problèmes de santé, sécheresses, réduction de la ration alimentaire, personnes retournant au Soudan du Sud). Un nouvel objectif pour l’institution est la mise en place de produits d’assurance (agriculture, santé) à destination des clients car avec le temps, les besoins des populations accueillies évoluent.

A ce jour, malgré les diverses contraintes et les risques, en particulier ceux liés à la pandémie de COVID-19, le programme s’est bien développé. Une récente évaluation a révélé que sur un échantillon de 373 répondants, 91 nouveaux emplois avaient été créés soit par le biais de nouvelles entreprises, soit grâce au développement d’activités existantes. Plus de 80% des 289 bénéficiaires interrogés et ayant reçu une formation ont également déclaré avoir commencé à épargner. De même, 78% des bénéficiaires ont déclaré que les connaissances et les compétences acquises lors des formations qu’ils ont suivies ont contribué à la croissance de leur activité.

Ce projet novateur va continuer de se développer avec l’objectif de permettre au plus grand nombre d’avoir accès à des services financiers et des formations de qualité. Pour ce faire, le programme va veiller à intensifier les formations d’éducation financière pour sensibiliser un maximum de réfugiés et communautés d’accueil, poursuivre les enquêtes auprès des clients pour faciliter la prise de décisions éclairées et développer des produits adaptés aux réfugiés tout en continuant de déployer le modèle du projet dans d’autres campements de réfugiés.

En savoir plus sur le programme Inclusion Financière des Réfugiés.