La Fondation réalise de nouveaux investissements en Afrique subsaharienne

©FGCA/Didier Gentilhomme

Au cours du dernier semestre 2020, la Fondation Grameen Crédit Agricole a réalisé 3 nouveaux investissements en Afrique subsaharienne, notamment au Bénin et au Malawi, qui viennent s’ajouter aux deux investissements réalisés en Zambie auprès de MLF Zambia et de EFC Zambia.

Au Bénin, la Fondation a accordé un nouveau prêt à l’institution de microfinance ACFB pour un montant en monnaie locale équivalent à 305 000 euros. ACFB, partenaire de la Fondation depuis 2017, offre une gamme variée de services financiers et non financiers adaptés aux besoins des populations marginalisées et exclues du système financier classique. ACFB est une institution de référence dans la promotion de l’autonomisation des femmes et le développement des microentreprises. A ce jour, l’institution compte plus de 32 000 clients actifs dont 88% de femmes et 95% vivant en zone rurale.

Toujours au Bénin, la Fondation a accordé un nouveau prêt à l’institution de microfinance COMUBA pour un montant en monnaie locale équivalent à 500 000 euros. COMUBA a été créée en 2000 et offre des services financiers et non financiers par le biais de prêts de groupe notamment. Partenaire de la Fondation depuis 2015, l’institution compte environ 32 000 clients actifs dont 90% de femmes.

De même, la Fondation Grameen Crédit Agricole a accordé un nouveau prêt à l’institution de microfinance MLF Malawi, pour un montant en monnaie locale équivalent à 284 000 euros. Créée en 2002, MLF compte près de 30 000 clients actifs, exclusivement des femmes vivant à 70% en zone rurale. L’institution offre une large gamme de produits destinés à soutenir l’agriculture et le développement des petites entreprises.

Ces nouveaux financements ont été accordés dans le cadre du programme de la Facilité Africaine lancé en 2013 en partenariat avec l’Agence Française de Développement (AFD) et portent à 40 le nombre total des partenaires en Afrique Subsaharienne, ce qui représente 39% de l’encours de la Fondation à fin décembre 2020.

Pour en savoir plus, cliquez ici.

ZEP-RE et ACRE Afrique : un partenariat pour renforcer l’assurance agricole en Afrique

ZEP-RE, leader africain de la réassurance, va acquérir une participation majoritaire de 56% dans ACRE Africa (Agriculture and Climate Risk Enterprise Ltd.), société à impact social soutenue par la Fondation Grameen Crédit Agricole depuis 2014. CA Indosuez Wealth (Asset Management), la société de gestion du Fonds Grameen Crédit Agricole qui détient une participation dans ACRE Africa, a validé l’opération de capital-investissement.

ACRE Africa offre des services d’assurance-récolte aux petits exploitants et des services de conseil aux organisations de développement et aux associations de régulateurs d’assurance au Kenya, en Tanzanie et au Rwanda. Cet accord ouvre la voie à l’élargissement de l’assurance agricole en faveur des petits exploitants agricoles en Afrique, car il permettra de renforcer la large gamme de produits et de plateformes technologiques d’ACRE Africa pour l’agriculture et la microassurance. « Notre objectif est d’étendre la couverture d’assurance et d’améliorer l’inclusion financière dans toute l’Afrique subsaharienne. Les filets de sécurité que nous construisons rendront un grand nombre de petits exploitants défavorisés plus confiants dans l’agriculture », a déclaré George Kuria, PDG d’ACRE Africa lors de la cérémonie de signature.

ZEP-RE (PTA Reinsurance Company) est une organisation régionale qui promeut le développement et l’intégration au sein de la région COMESA (Marché Commun de l’Afrique Orientale et Australe) à travers le commerce des activités d’assurance et de réassurance. Elle est basée au Kenya, avec des bureaux régionaux et nationaux au Zimbabwe, en Côte d’Ivoire, en Ouganda, en Zambie, en Éthiopie, au Soudan et en République démocratique du Congo.

En tant qu’actionnaire d’ACRE Africa, la Fondation Grameen Crédit Agricole se réjouit de la coopération entre ZEP-RE et ACRE Africa. « La pandémie de la COVID-19 a mis l’accent sur l’importance de la microassurance pour aider les populations rurales à faible revenu à renforcer leur résilience. L’expertise de ZEP-RE et son alignement avec la mission d’ACRE Africa pour défendre les petits exploitants ouvriront un nouveau chapitre pour ACRE Africa, qui lui permettra de pénétrer de nouveaux marchés, d’accroître son impact social et de contribuer au renforcement du secteur de la microassurance rurale », a affirmé Eric Campos, Délégué général de la Fondation.

Un autre partenariat important a été annoncé en parallèle. Avec le soutien financier de Chainlink Community, ACRE Africa et Etherisc (concepteur de plateformes d’assurance en ligne) développeront une plateforme pour 250 000 petits agriculteurs afin de les assurer contre les risques liés au changement climatique au Kenya. Les perspectives pour ACRE Africa et l’assurance des petits exploitants agricoles en Afrique sont encourageantes.

Plus d’informations sur ACRE Africa

La Fondation publie sa Newsletter Impact

La Fondation Grameen Crédit Agricole publie une Newsletter Spécial Impact qui présente l’évolution des chiffres des impacts directs et indirects de la Fondation et une rubrique « Focus impact » avec  les premiers résultats de la coalition internationale, initiée en mai 2020 par la Fondation, pour protéger les institutions de microfinance et leur clients face à la crise Covid-19.  Ces résultats témoignent d’une réelle coopération et cohérence d’action entre les 30 organisations signataires de l’engagement. Du fait de la rapidité des mesures prises, les défauts de liquidité ont pu être, à ce jour, évités et l’assistance technique, coordonnée et concentrée sur les actions essentielles, a permis d’accompagner les institutions tout au long de la période.

Nous présentons également l’interview croisée des Directeurs généraux de CA Normandie-Seine et CA Centre France, deux Caisses régionales qui ont investi dans Finance Inclusive en Milieu Rural (FIR), le premier fonds en microfinance du Crédit Agricole qui renforce l’action et l’impact du Groupe en faveur de l’inclusion financière.

Vous découvrirez les chiffres clés de Banquiers solidaires, le programme de volontariat de compétences du groupe Crédit Agricole en faveur des organisations financées par la Fondation, ainsi qu’un carnet de voyage d’une Banquière solidaire de Crédit Agricole SA partie au Sénégal appuyer SFA, une entreprise sociale soutenue par la Fondation.

Téléchargez la La Newsletter #37 Spécial Impact

Banquiers solidaires du Crédit Agricole en images

Lancé en juin 2018 à l’initiative de la Fondation Grameen Crédit Agricole et de Crédit Agricole S.A., Banquiers solidaires est un programme de volontariat de compétences ouvert à tous les collaborateurs du groupe Crédit Agricole en faveur d’institutions de microfinance et d’entreprises à impact social soutenues par la Fondation.

L’objectif du programme Banquiers solidaires est double : il permet, d’une part, de valoriser les compétences des collaborateurs du groupe Crédit Agricole qui souhaitent s’investir dans des projets solidaires et, d’autre part, de renforcer le soutien aux institutions de microfinance et entreprises financées par la Fondation Grameen Crédit Agricole. Deux ans après son lancement, découvrez les témoignages et les temps forts des missions au Sénégal et au Cambodge dans 3 capsules vidéos qui présentent le bilan du programme.

Première destination, le Sénégal

La première mission du programme est emblématique : la mission menée par Jonathan Michaud, ingénieur agronome de Crédit Agricole Franche Comté au Sénégal pour la Laiterie du Berger. Avec le soutien de la Caisse régionale, le Banquier solidaire est parti pour 2 ans aider la Laiterie à structurer la filière lait au Sénégal. Aujourd’hui, il est Directeur de KOSSAM SDE, la filiale de la Laiterie créée suite à sa mission, qui contribue à structurer la filière lait au Nord du Sénégal en apportant des ressources matérielles et des formations aux éleveurs et en développant un modèle innovant de « mini-fermes » pilotes. Ce sont 1 230 éleveurs locaux soutenues, qui ont vu leurs revenus augmenter de plus de 50% entre 2018 et 2019.

Une autre mission a été réalisée au Sénégal en 2020. Michèle Kouam, Chef de projet SI de Crédit Agricole SA, est partie en début d’année accompagner la Société Sénégalaise des Filières Alimentaires (SFA). Sa mission a été de travailler sur la digitalisation de la collecte du riz de SFA, entreprise qui produit du riz blanc à partir de paddy cultivé par les petits producteurs de la Vallée du fleuve Sénégal. En permettant l’accès au crédit, en fournissant un accompagnement technique et en garantissant un prix juste, SFA soutient aujourd’hui 3200 petits exploitants et promeut le développement d’une filière rizicole inclusive au Sénégal.

Direction le Cambodge

Une dernière mission complète ce bilan en images : la mission de François Galland, Directeur RH International de Crédit Agricole SA en faveur de l’institution de microfinance Chamroeun. François a travaillé pendant 2 semaines sur la stratégie ressources humaines de Chamroeun. L’institution offre des produits et des services financiers à plus de 33 000 personnes à faible revenu au Cambodge, qui sont également soutenues avec un ensemble de services de formation et d’accompagnement social.

Prochaines étapes

Depuis le lancement du programme, 20 missions ont été lancées, dont 12 déjà réalisées. Pour les premières missions lancées en 2020, le processus de sélection est finalisé, mais deux missions restent à pourvoir au Maroc et en Egypte.

Avec Banquiers solidaires, les Caisses régionales et entités du Crédit Agricole en France et à l’international démultiplient leurs actions en faveur de la finance inclusive et renforcent les projets humain et sociétal de la stratégie Groupe/PMT 2022.

Voir la vidéo des 3 missions

Rencontre : Lidia, entrepreneure soutenue via Centimes solidaires

CENTIMES SOLIDAIRES

Lancée en 2018 par la Fondation Grameen Crédit Agricole, Crédit Agricole SA et CA Centre-est, Centimes solidaires vise à financer des projets d’entrepreneuriat en mobilisant les collaborateurs du Crédit Agricole qui sont invités à faire un don de 50 centimes au moment de payer leur repas dans les restaurants du Campus de Crédit Agricole.

Entrepreneurs du Monde, ONG financée également par la Fondation Crédit Agricole Solidarité et Développement, est bénéficiaire de l’opération depuis la première édition. L’ONG a déjà reçu 15 651€ pour renforcer le programme ICI (Incubation, Création, Inclusion) qui accompagne des projets d’entrepreneuriat en faveur des réfugiés, parents isolés et personnes sans domicile fixe à Lyon. En 2 ans, ce sont plus de 100 personnes qui ont été orientées afin de structurer leurs projets d’entrepreneuriat.

2020 sera la 3e et dernière année de soutien à Entrepreneurs du Monde qui recevra 11 000€ additionnels de subvention.

RENCONTRE AVEC LIDIA

Pour clôturer la 3e édition de Centimes solidaires, la Fondation et Crédit Agricole accueillent le 29 octobre 2020, sur le Campus de Montrouge, Lidia, entrepreneure italienne soutenue via l’opération.

Arrivée en France il y a 12 ans, Lidia est une entrepreneure italienne, mère de 3 enfants et bénéficiaire du RSA. Grâce à l’accompagnement d’Entrepreneurs du Monde via le programme ICI, elle a pu créer son service traiteur. La prochaine étape : donner vie à une ancienne épicerie à Lyon, dans une rue chargée d’histoire avec l’Italie.

Venez échanger avec Lidia et déguster ses spécialités culinaires !

Évènement réservé exclusivement aux collaborateurs du groupe Crédit Agricole.
Pour vous inscrire, contactez carolina.viguet@credit-agricole-sa.fr

Banquiers solidaires : une nouvelle mission à pourvoir au Sénégal

Lancé par la Fondation Grameen Crédit Agricole et Crédit Agricole S.A, Banquiers Solidaires est un programme de volontariat de compétences ouvert aux collaborateurs du Groupe en faveur d’institutions de microfinance ou d’entreprises à impact. L’objectif de ce programme est double : il permet de valoriser les compétences des collaborateurs du groupe Crédit Agricole et d’apporter un soutien complémentaire aux institutions de microfinance et entreprises à impact partenaires de la Fondation. Grâce à ce dispositif, le groupe Crédit Agricole réaffirme sa volonté de soutenir les initiatives solidaires des collaborateurs.

Les missions Banquiers solidaires, qu’est-ce que c’est ?

Des missions de bénévolat à l’étranger sont proposées aux collaborateurs pour le compte d’institutions de microfinance ou d’entreprises à impact social, partenaires de la Fondation Grameen Crédit Agricole.

Les missions sont réalisées en mécénat ou bénévolat de compétences. Le billet d’avion et l’assurance sont pris en charge par Crédit Agricole S.A. Les éventuels frais de transports internes, les dépenses de restauration et d’hébergement sont payés par l’organisation bénéficiaire. La Fondation Grameen Crédit Agricole assurera la préparation et la coordination de la mission.

Depuis le lancement du programme en 2018, quatorze missions ont été réalisées tant en mécénat que bénévolat de compétences.

Une mission à pourvoir !

Une mission de dix jours sur le terrain en matière de support RH est à pourvoir en faveur d’Oshun au Sénégal pour le dernier trimestre 2020.

Oshun Sénégal a été créé en mars 2018, peu de temps après sa maison-mère Oshun en France. Oshun propose des solutions inclusives permettant aux populations les plus sensibles un accès à l’eau tout en favorisant la mise en place d’un écosystème local communautaire et vertueux. L’entreprise se distingue par ses innovations en termes de développement rural, de connectivité et de traitement de l’eau.

Oshun Sénégal est passé de 1 à 20 employé en à peine plus de 2 ans (Juin 2018 –Août 2020). Oshun Sénégal achève un processus de structuration avec notamment le recrutement fin août d’un Responsable Administratif et Financier (RAF) dont la mission sera de piloter l’ensemble des fonctions support d’Oshun Sénégal (comptabilité, finance, RH, logistique, achats) et de permettre à l’entreprise de gagner en autonomie administrative vis-à-vis de la maison mère.

Objectifs de la mission :

  • Organisation et formation de l’équipe
  • Définition et maitrise de règles et procédures RH
  • Mise en place d’outils de suivi

Comment y postuler ?

  • Cliquez sur le lien ci-contre “Trouver sa mission”
  • Rentrez dans la barre de recherche : “Fondation Grameen”. Toutes les missions Banquiers solidaires apparaîtront !
  • Cliquez sur l’offre de votre choix, vous y trouverez toutes les informations nécessaires à votre candidature.

Contact

Carolina HERRERA
Directrice Communication & Partenariats
carolina.herrera@credit-agricole-sa.fr

Carnet de voyage d’une Banquière solidaire au Kenya

Par Eva Hoglund, Directrice financière chez EFL (Pologne)

Lancé par la Fondation Grameen Crédit Agricole et Crédit Agricole S.A. en 2018, Banquiers solidaires est un programme de volontariat de compétences ouvert à tous les collaborateurs du groupe Crédit Agricole en faveur d’institutions de microfinance ou d’entreprises à impact soutenues par la Fondation. Découvrez la tribune de Eva Höglund, Banquière solidaire de Crédit Agricole qui est partie en 2019 au Kenya accompagner Musoni, institution de microfinance financée par la Fondation.

Début de l’aventure

Quand j’ai découvert la mission Banquiers solidaires en faveur de l’institution de microfinance Musoni au Kenya, cela a tout de suite été une évidence pour moi : cette mission était faite pour moi. L’objectif de la mission était d’accompagner Musoni dans la mise en place d’un système de planification et suivi stratégique. Non seulement il s’agissait d’une très belle mission de solidarité et de partage, dans un pays que je ne connaissais pas, mais j’avais également l’impression que les qualités recherchées et l’expérience souhaitée étaient une description de mon propre parcours professionnel. Aussitôt, j’ai récolté le maximum d’informations sur Musoni et sur la Fondation Grameen Crédit Agricole.

Rapidement après avoir postulé, j’ai eu la confirmation que ma candidature avait été retenue et j’ai toute de suite commencé à préparer ma mission. L’équipe de la Fondation Grameen Crédit Agricole a été d’un vrai soutien durant cette première phase : nous avons établi ensemble les objectifs et l’agenda de la mission. S’en est suivi une lecture des documents de présentation de Musoni et de son plan stratégique.

Durant l’été précédant la mission, j’ai également eu de nombreux échanges et conférences téléphoniques avec Musoni afin que l’on s’assure un bon partage des objectifs et une vision commune sur la méthode de travail à suivre. De mon point de vue, une très bonne préparation est essentielle et cette phase a été la clé du succès de ma mission.

Direction le Kenya

Le 26 octobre 2019, départ pour le Kenya pour 15 jours de mission sur le terrain. Je partais pour une mission en ligne avec mes compétences et connaissances du secteur de la microfinance, mais dans une structure et un contexte culturel différents de mon quotidien. Ce ne fut donc pas sans un peu d’appréhension que j’atterrissais à Nairobi. L’accueil de David Camara, conseillé en investissement à la Fondation, précédemment rencontré à Montrouge, a été rassurant.

Dès le lundi matin nous avons débuté par la réunion de lancement de mission terrain avec la participation de tous les employés de Musoni qui allaient contribuer à établir le dispositif de planification et suivi stratégique. La présence de Stanley Munyao, Directeur général de Musoni et de David, représentant la Fondation, a été importante pour souligner l’importance du projet. Musoni s’est donné tous les moyens pour réussir en missionnant Amina Jaberney, une consultante qui allait m’accompagner pendant mon séjour sur le terrain afin d’ assurer l’implémentation opérationnelle une fois ma mission terminée.

Durant la première semaine Amina et moi avons conduit des interviews avec la Direction de Musoni, ainsi qu’avec des employés d’agences. Nous avons compilé les points clés à retenir et les avons traduits en vecteurs cohérents avec la mission et la vision de Musoni. La deuxième semaine consistait à valider et s’assurer de l’adhérence de Musoni au système de gestion stratégique proposé. Afin d’être certains que la mission se déroulait conformément aux attentes, nous tenions, tous les deux jours, des Comités de pilotage avec le Directeur général. Lors de mon dernier jour sur le terrain, nous avons pu présenter un jeu complet du dispositif validé par la Direction de Musoni.

De retour à Paris

Une fois ma mission achevée, Amina a pris le relai avec Judy Ndungu, Directrice des Ressources Humaines de Musoni. La réunion d’implémentation finale, réunissant tous les employés, s’est tenue le 13 juillet 2020. L’évaluation de performance du 1er semestre sera exécutée sur la base de notre travail. Quelle satisfaction !

Je suis très heureuse d’avoir saisi cette opportunité offerte par le Crédit Agricole et la Fondation Grameen Crédit Agricole. Cette mission restera une expérience inoubliable. Elle m’a permis de vivre de l’intérieur le fonctionnement d’une entreprise de microfinance sur un marché en pleine évolution. J’ai fait de très belles rencontres et je suis fière du résultat que nous avons pu obtenir, ensemble, en si peu de temps.

Lettre #36 à télécharger ici

La Fondation publie La Lettre N.36

La Fondation Grameen Credit Agricole publie sa Lettre N.36. Cette fin de mois de juillet marque le 5e mois de crise sanitaire et économique mondiale. Tous les pays ont été touchés mais pour autant, à l’instar de l’impact des phénomènes climatiques extrêmes, la crise sanitaire est profondément inégalitaire dans la mesure où elle affecte plus lourdement les populations les plus fragiles.

Dès la fin du mois de février dernier, les équipes de la Fondation Grameen Crédit Agricole se sont mobilisées autour de plusieurs actions majeures. D’abord et avant tout, nous avons établi un dialogue rapide et permanent avec les organisations soutenues pour pouvoir comprendre les effets de la crise, les mesures prises et leurs besoins en conséquence. Ensuite, nous avons adapté nos outils de suivi et d’analyse et nos demandes d’information s’agissant notamment des plans de continuation d’activité et des plans de trésorerie à court terme. En parallèle, nous avons animé une coordination internationale de prêteurs et d’acteurs de la finance inclusive pour agir ensemble, en concertation, afin de prévenir tout choc de liquidité qui aurait déstabilisé le secteur. Enfin, nous avons régulièrement publié des articles sur l’Observatoire Covid-19 et sur les réseaux sociaux afin de partager nos analyses et d’informer les parties prenantes.

Cinq mois après le début de la crise, nous avons le sentiment que cette première vague a été bien gérée par les institutions de microfinance qui ont toutes fait preuve d’un grand professionnalisme. Nous tenons également à souligner l’accompagnement et l’écoute remarquable de nos propres financeurs : l’Agence Française de Développement, Proparco, la Banque européenne d’investissement, le Crédit Agricole et ses entités Crédit Agricole CIB et Amundi. La résilience du secteur, remarquable, a été sans aucun doute renforcée grâce à ces actions concertées et convergentes entre bailleurs de fonds et institutions de microfinance intervenant sur tous les terrains du globe.

Dans cette édition de la Lettre, vous découvrirez, entre autres, les détails de la Coalition internationale coordonnée par la Fondation face à la crise du Covid-19 et deux projets que nous avons lancés pendant cette période complexe : le nouveau site internet et le 1er Rapport d’impact de la Fondation.

Nous continuons à suivre les effets de la crise sanitaire avec la plus grande attention et notre mobilisation, sur laquelle vous savez pouvoir compter, est de tous les instants.

Téléchargez la Lettre N.36 ici.

L’entreprise à capital coopératif, un modèle pour le « monde d’après »

Par Éric Campos, DG, Fondation Grameen Crédit Agricole & Bagoré Bathily, PDG, Laiterie du Berger

Le choc planétaire de 2020 montre l’absolue nécessité de repenser notre système économique. Les urgences sanitaires et climatiques ne laissent plus le choix. Sans changement structurant, les risques de tensions sociales, politiques ou environnementales deviendront chaque jour plus importants.

Nous soumettons au débat collectif l’idée d’un modèle d’entreprise socialement différent : l’entreprise à capital coopératif, une entreprise dont la rémunération du capital se partage entre l’actionnariat et le salariat grâce à un montage permettant aux salariés de percevoir directement une partie des dividendes, en cas de distribution. La détention du capital est un facteur d’exclusion des populations, notamment vis-à-vis des jeunes générations, force de travail. Si l’on souhaite construire un avenir durable et harmonieux, il est crucial de résoudre la question d’une redistribution équitable de la valeur créée par la croissance et donc par l’entreprise.

Aujourd’hui, l’actionnariat possède la propriété du capital, le salariat en fournit l’exploitation. Leurs destins sont intimement corrélés, pourtant aucun lien direct n’existe vraiment entre eux. Nous pensons possible de les réunir en instaurant une convergence de leurs intérêts, grâce à des règles nouvelles où les salariés deviennent usufruitiers d’une partie du capital de l’entreprise. Les actionnaires apportent les fonds, les travailleurs délivrent la valeur ajoutée. Et finalement, chacun mérite sa part.

L’idée est là, elle peut paraître iconoclaste mais elle est au fond réaliste : celle d’une entreprise dont les dividendes sont désormais partagés entre actionnaires et salariés de manière fondamentale par l’attribution aux salariés d’une part d’usage du capital.

C’est ce que nous appelons l’entreprise à capital coopératif. Pour le devenir, l’entreprise intègre dans ses statuts une disposition particulière qui permet aux salariés de percevoir une part sur les bénéfices en cas de déclenchement de dividendes. Elle leur accorde ainsi une place d’actionnaire usufruitier. Quant à eux, les actionnaires restent porteurs des capitaux et sont propriétaires des titres, à la différence près qu’ils décident de se placer en nu-propriétaires pour une partie spécifique du capital dont ils cèdent la valeur de rendement au collectif salarial. Pour ce faire, ils acceptent une diminution de la valeur nominale de leur part – par exemple par l’effet d’une augmentation de capital en émission de titres – et en cèdent la différence à ceux qui « fabriquent la croissance », les salariés. Idéaliste ? Étonnant ? Bizarre ? Non, loin de là.

Certes, l’actionnaire-investisseur doit supporter un « coût ». Il lui est demandé de payer une sorte de « ticket d’accès » au capital productif. Mais cela n’a rien de confiscatoire. Sans perte de propriété, il fait le choix d’investir dans une autre forme de valeur : l’humain. Son pari est que, portée par une cohésion renforcée, l’entreprise pourra mieux croître et mieux se valoriser à terme. C’est un raisonnement entrepreneurial de réconciliation dynamique.

Un tel système présente bien des avantages. Pour les salariés, il y a là de toute évidence l’accès direct à un nouveau canal de valeur redistribuée dans un esprit de coopération socialement juste. C’est essentiel dans un contexte mondial où l’écart entre les plus riches et les classes moyennes n’a cessé de s’aggraver ces dernières décennies.

Pour les actionnaires, il y a là un rôle innovant à préempter, celui de rendre possible l’inclusion de la valeur travail dans la création de richesse capitalistique, procurant ainsi à l’investissement une dimension entrepreneuriale et sociétale par-delà sa finalité financière. Il est démontré que des investissements pilotés en termes environnementaux, sociétaux et de gouvernance (critères ESG) ont un potentiel de performance. Et surtout un avenir.

Pour les entreprises enfin, et notamment celles dont le projet s’inscrit en mission de responsabilité sociétale, il y a là un vecteur de résilience. Elles se mettent en position de ne plus considérer l’emploi comme une variable d’ajustement mais l’instituent comme un gène légitime et structurant. En acceptant de placer au même rang l’actionnaire et le salarié, c’est un nouvel équilibre, un dialogue prometteur qui va s’instaurer. C’est, en quelque sorte, la Cité qui entre dans l’Entreprise.

L’économie coopérative représente depuis longtemps une réponse aux excès des époques qu’elle traverse. Sa longévité s’explique par ses capacités d’adaptation et d’hybridation. Elle a développé de nombreuses branches. Notre proposition en est une traduction actuelle, un pas de côté, un bourgeon sur l’arbre.

L’entreprise à capital coopératif va bien au-delà des mécanismes d’intéressement et de participations salariales qui consistent à verser une prime liée à la performance de l’entreprise ou représentant une quote-part de ses bénéfices. Le capitalisme coopératif agit sur la pierre angulaire de l’entreprise, son capital, par une co-responsabilisation des parties prenantes. Le collectif salarial accède au rang de l’actionnaire qui lui, sans perdre ses prérogatives, inscrit sa gouvernance dans une démarche d’ouverture et de convergence d’intérêts. La transparence, en matière d’impact social et environnemental constitue un impératif pour l’entreprise à capital coopératif : la mesure et le contrôle des performances dites extra-financières ainsi que leur publication en seront l’instrument.

Dans les entreprises sociales ou les entreprises à mission dans lesquelles nous intervenons en tant que dirigeants ou administrateurs, nous observons à quel point le souci de l’inclusion économique pousse l’entreprise à conjuguer ses intérêts et ceux de son écosystème. Cela se vérifie dans de nombreux endroits de la planète où nous sommes engagés, notamment en Afrique subsaharienne au contact d’éleveurs et de filières agroalimentaires. L’inclusion économique est sans conteste une voie à poursuivre pour redonner aux sociétés humaines les chemins éclairés, l’espoir dont elles ont besoin. Il n’y a pas d’utopie à concevoir cela, mais la conviction libérale et citoyenne que le monde ne peut se construire autrement que les uns avec et pour les autres.

Tribune complète ici

_________________________________________

Éric Campos est Délégué général de la Fondation Grameen Crédit Agricole, fondation spécialisée dans la microfinance et l’entrepreneuriat social, et Directeur de la RSE de Crédit Agricole SA. Bagoré Bathily est Président-Directeur général fondateur de la Laiterie du Berger, entreprise sociale de valorisation de la filière lait, au Sénégal.
(Co-rédaction : Julien Foulc)

La crise Covid-19 : des impacts variés selon la taille des Institutions de Microfinance


@Designed by pikisuperstar / Freepik

ADA, Inpulse et la Fondation Grameen Crédit Agricole se sont associés pour suivre et analyser les effets de la crise liée au Covid-19 chez leurs institutions de microfinance partenaires dans le monde. Ce suivi est réalisé périodiquement et le sera tout au long de l’année 2020 afin d’avoir une meilleure vision de l’évolution de la situation. Avec cette analyse régulière et approfondie, nous espérons contribuer, à notre niveau, à la construction de stratégies et de solutions adaptées aux besoins de nos partenaires, ainsi qu’à la diffusion et à l’échange d’informations entre les différents acteurs du secteur.

Les résultats présentés dans cet article sont issus d’une deuxième vague d’enquête (1) commune à ADA et la Fondation Grameen Crédit Agricole, Inpulse ayant choisi de se joindre à l’initiative une fois sur deux. Les réponses ont été collectées entre le 18 juin et le 1er juillet auprès de 108 institutions de microfinance (IMF) principalement issues des régions Amérique latine et Caraïbes (LAC-46%), Afrique subsaharienne (SSA-29%), Asie (14%) et Europe de l’est et Asie centrale (EAC-10%), une seule IMF de la région Moyen-Orient Afrique du Nord (MENA) étant représentée. Ce panel d’IMF répondantes est relativement diversifié en termes de taille, avec 49% d’IMF Tier 2 (2), 35% d’IMF Tier 3 et 16% d’IMF Tier 1, réparties par région comme représenté dans la Figure 1.

Figure 1. Répartition des IMF répondantes par région et par Tier

MENA Tier 2

En résumé :

Cette nouvelle vague d’enquête montre que la crise à laquelle sont actuellement confrontées les IMF révèle leurs forces et faiblesses structurelles spécifiques à leur taille : les plus grandes IMF (les Tier 1) apparaissent mieux armées pour résister aux difficultés financières provoquées par la crise sanitaire et les mesures d’endiguement de l’épidémie, pour prendre des mesures de gestion de crise et pour avoir recours aux mesures spécifiques mises en place par leurs autorités locales. En revanche, les IMF de taille plus modeste (Tier 2 & 3) sont plus à même d’offrir par elles-mêmes des services autres que financiers à leurs clients pour les aider à faire face à la situation, et sont désireuses de développer encore davantage les services non financiers à l’avenir. Plus généralement, si elles envisagent de lancer de nouveaux produits ou services, c’est avant tout pour répondre aux besoins de leurs clients plus que pour rester conformes à leur stratégie ou réduire les risques. Ainsi, si les plus grandes IMF semblent plus résilientes en temps de crise, les plus petites ne sont pas en reste et demeurent fidèles à leur forte mission sociale. C’est aussi une véritable force pour ces institutions, qu’il ne faudra pas oublier au profit de structures plus autonomes en cette période de crise.

Les plus grandes IMF sont moins sujettes aux difficultés financières…

Depuis le mois de juin, les mesures d’endiguement de l’épidémie s’assouplissent dans certaines régions, notamment en Europe de l’est, Asie centrale et en Afrique subsaharienne. Par conséquent, les difficultés opérationnelles auxquelles font face les institutions de microfinance diminuent dans ces régions par rapport à mai (3), alors qu’elles continuent de se faire sentir dans la région d’Amérique latine et Caraïbes où les mesures d’endiguement sont toujours en place, et où une proportion plus importante d’IMF a donc toujours des difficultés pour se déplacer, rencontrer les clients dans les agences, et donc à débourser les prêts et collecter les remboursements, comme représenté dans la Figure 2. Par exemple, 76% des IMF de la région Amérique latine et Caraïbes déclarent que leur personnel rencontre des difficultés pour se déplacer, contre 23% des IMF d’Afrique subsaharienne.

Figure 2. Difficultés opérationnelles rencontrées par les IMF par région

Comme expliqué dans notre précédent article, ces difficultés opérationnelles se répercutent sur le portefeuille et sa qualité pour toutes les IMF. Néanmoins, les difficultés financières qu’elles impliquent ne se font pas ressentir de la même manière en fonction de la taille des IMF. En effet, les plus grandes IMF apparaissent globalement moins confrontées à ce type de problématique, avec des proportions moins importantes d’IMF Tier 1 qui déclarent avoir des difficultés à rembourser leurs financeurs (12% contre 22,5% des IMF Tier 2 et 3), avoir des fonds propres insuffisants pour faire face à crise (6% contre 29% des IMF Tier 2 et 3) ou faire face à un manque de liquidités (12% contre 29% en moyenne pour les IMF Tier 2 et 3), comme représenté dans la Figure 3. Les IMF Tier 1 semblent ainsi mieux armées que les autres pour résister aux conséquences de la crise sur leur situation financière.

Figure 3. Difficultés financières rencontrées par les IMF selon leur taille

Si l’augmentation du portefeuille à risque reste la première difficulté rencontrée pour toutes les IMF, cette augmentation se matérialise différemment en fonction de leur taille. Ainsi, elle semble moins forte pour les IMF Tier 1 que pour les autres, comme représenté dans la figure 4 : seules 12% des IMF Tier 1 déclarent que leur portefeuille à risque à 30 jours a doublé ou plus que doublé par rapport à fin 2019, contre 44% des IMF Tier 2 et 57% des IMF Tier 3. A l’inverse, 35% des IMF Tier 1 déclarent que cet indicateur est resté stable ou a diminué, contre 17% des IMF Tier 2 et 8% des IMF Tier 3.

Figure 4. Evolution du PAR30 des IMF par rapport à fin 2019 selon leur taille

… et plus à même de mettre en place des solutions de gestion de crise…

Dans la plupart des pays, des mesures gouvernementales ont été mises en place afin de permettre aux institutions de microfinance de mieux faire face à la crise. Néanmoins, toutes les IMF ne déclarent pas en bénéficier. Si le recours à ces mesures varie en fonction de la région, très probablement en raison d’une communication et d’une mise en place variables selon les pays (les IMF de la région Asie sont par exemple relativement plus nombreuses à déclarer bénéficier d’un certain nombre de mesures), la localisation géographique ne semble pas être le seul facteur déterminant du bénéfice de certaines mesures gouvernementales : les IMF de plus grande taille sont aussi plus susceptibles d’en bénéficier, comme représenté dans la figure 5.

Figure 5. Mesures gouvernementales dont les IMF déclarent bénéficier, selon leur taille

Cet effet « taille » est réel dans la mesure où il ne s’explique pas par une répartition spécifique des IMF par région. Par exemple, concernant le report ou l’annulation de paiement de taxes et la non-provision des prêts affectés par le Covid-19, l’analyse par région montre que les IMF d’Asie sont relativement plus nombreuses à déclarer en bénéficier alors que les IMF Tier 1 sont minoritaires dans la région. De la même manière, concernant la fourniture de lignes de liquidités, les IMF d’Afrique subsaharienne sont parmi les plus nombreuses à déclarer en bénéficier alors que les IMF Tier 1 y sont très peu représentées.

En ce qui concerne les mesures opérationnelles et de gestion de crise mises en place, là encore le type de mesure prise varie en fonction de la taille des IMF (Figure 6) : 100% des IMF Tier 1 de l’échantillon déclarent par exemple restructurer les prêts des clients, contre 69% en moyenne des autres IMF. Elles sont aussi relativement plus nombreuses à discuter avec l’autorité de contrôle pour éventuellement déroger aux règles prudentielles pendant la crise. A l’inverse, les IMF Tier 3 sont moins susceptibles d’avoir actualisé leur plan de liquidité ou d’avoir mis en place de nouvelles solutions digitales.

Figure 6. Mesures opérationnelles et de gestion de crise prises par les IMF selon leur taille

…mais les petites IMF restent à l’écoute des besoins de leurs clients

En revanche, malgré les difficultés qui se posent à elles, les IMF de plus petite taille restent à l’écoute des besoins de leurs clients : elles sont par exemple aussi nombreuses que les IMF Tier 1 à avoir lancé des enquêtes auprès des clients pour mieux comprendre l’impact de la crise (Figure 7). D’autre part, si elles ont été moins à même de décaisser des prêts d’urgence à leurs clients, elles ont en revanche davantage mis en place de mesures allant au-delà de leur activité principale pour mieux répondre aux besoins de leurs clients face à la crise sanitaire. Elles sont par exemple relativement plus nombreuses à avoir lancé des campagnes de sensibilisation sur les questions d’hygiène ou avoir mis à disposition des kits d’urgence pour les clients. Les IMF de grande taille semblent avoir été moins enclines à instaurer elles-mêmes ce type de services directs aux clients et se sont davantage reposées sur des partenariats avec des structures spécialisées.

Figure 7. Mesures de réponse à la crise pour les clients selon la taille des IMF

Les IMF Tier 1 sont globalement plus nombreuses à déclarer envisager lancer de nouveaux produits ou services à moyen terme ; avec des contraintes financières plus réduites comme montré précédemment, ces IMF ont probablement plus de marge de manœuvre pour travailler dans ce sens (Figure 8). En particulier, si globalement peu d’IMF envisagent de lancer des produits de micro-assurance à l’avenir, ce sont les IMF Tier 1 qui sont les plus susceptibles de le faire. Elles sont également plus nombreuses à souhaiter cibler davantage l’agriculture ou lancer de nouveaux produits et services digitaux. En revanche, les IMF de plus petite taille envisagent tout autant mettre en place des services non-financiers, qu’il s’agisse d’éducation financière ou de « Business Development Services ».

Figure 8. Nouveaux produits, services ou marchés vers lesquels les IMF envisagent de s’orienter à moyen terme, selon leur taille

Des variations entre IMF de différentes tailles ressortent à nouveau lorsque l’on s’intéresse aux motivations des IMF à s’orienter vers de nouveaux marchés ou développer de nouveaux produits ou services (Figure 9). Ainsi, parmi celles qui ont déclaré vouloir lancer au moins un nouveau produit ou service et précisé leurs motivations (76 IMF parmi les 108 répondantes à l’enquête), la volonté de répondre aux nouveaux besoins des clients et/ou de suivre les nouvelles tendances du marché est citée relativement plus souvent par les IMF Tier 3 que par les autres ; à l’inverse, elles sont moins à nombreuses à justifier ce choix par le fait que cela soit conforme à leur plan stratégique ou par la volonté de réduire les risques.

Figure 9. Principales motivations des IMF pour s’orienter vers de nouveaux marchés, produits ou services, selon leur taille

L’attention portée par les IMF de plus petite taille aux besoins de leurs clients sera probablement l’une de leurs forces en cette période de crise.

_____________________________________________________________________________

(1) Les résultats de la première vague d’enquête auprès des partenaires de ADA, Inpulse et la Fondation Grameen Agricole sont accessibles ici : //www.findevgateway.org/paper/2020/06/beyond-difficulties-posed-covid-19-crisis-new-opportunities-are-emerging-microfinance
(2) Les Tiers sont définis en fonction de la valeur des actifs totaux, avec une valeur des actifs totaux supérieure à 50 millions USD pour les IMF Tier 1, comprise entre 5 et 50 millions USD pour les Tier 2, et inférieure à 5 millions USD pour les Tier 3.
(3) Voir les résultats de la première vague d’enquête accessibles via le lien cité ci-dessus.