Newsletter #39 : La reprise des activités du secteur de la microfinance

La Fondation Grameen Crédit Agricole publie sa Newsletter #39 qui souligne la grande résilience dont ses partenaires font preuve pour accompagner au mieux les populations vulnérables.

La Fondation s’est intéressée aux effets de la crise Covid-19 sur ses institutions de microfinance (IMF) partenaires et a mené pendant plus d’un an une série d’enquête en collaboration avec ADA et Inpulse. Les résultats de ces études sont synthétisés dans le rapport « L’impact de la crise sur les institutions de microfinance. Constats et perspectives. » que nous vous invitons à découvrir dans cette Newsletter.

Si la pandémie a eu un impact certain sur les activités des institutions de microfinance, nous attestons aujourd’hui d’un retour progressif à la normale pour la majorité d’entre eux, en témoigne KOMIDA. Acteur majeur de la microfinance en Indonésie et partenaire de la Fondation depuis 2004, KOMIDA a réussi à poursuivre ses activités et son développement en zone rurale avec l’ouverture de 10 agences supplémentaires en 2021. L’institution continue de soutenir ses clients en mettant l’accent sur l’octroi de microcrédits à vocation sociale.

Dans la rubrique « Paroles du terrain », nous vous présentons UGAFODE Microfinance Limited, institution de microfinance ougandaise à l’avant-garde de l’inclusion financière des réfugiés. Grâce au soutien de la Fondation, du Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR) et de l’Agence suédoise de coopération internationale au développement (Sida), UGAFODE a ouvert, en mars 2020, une agence dans le camp de réfugiés de Nakivale et les premiers résultats sont très encourageants. L’ambition est désormais d’étendre le projet à d’autres régions.

Vous découvrirez enfin le témoignage de Jean-Baptiste Bounes, chargé d’Affaires Fusions-Acquisitions chez SODICA, qui a réalisé la première mission Banquiers Solidaires (*) à distance auprès de Phare Performing Social Enterprise (PPSE) au Cambodge. Des missions à distance et sur le terrain sont actuellement à pourvoir.

Accédez à la Newsletter

 

(*) Lancé par la Fondation Grameen Crédit Agricole et Crédit Agricole S.A. en 2018, Banquiers Solidaires est un programme de volontariat de compétences ouvert à tous les collaborateurs du groupe Crédit Agricole en faveur d’institutions de microfinance ou d’entreprises à impact soutenues par la Fondation.

Banquiers Solidaires : deux missions online sont à pourvoir en faveur de FATEN (Palestine) et OXUS (Kirghizstan)

© Philippe LISSAC (Godong) / Fondation GCA

Banquiers Solidaires est un programme de volontariat de compétences lancé par la Fondation Grameen Crédit Agricole et Crédit Agricole S.A. en 2018 avec un double objectif : d’une part, accompagner avec de l’assistance technique les institutions de microfinance et les entreprises à impact social financées par la Fondation, d’autre part, valoriser les compétences des collaborateurs du Groupe qui souhaitent s’investir dans des projets à fort impact social.

Les missions peuvent se dérouler pendant le temps de travail du Banquier Solidaire (mécénat de compétences) ET/OU pendant les congés (volontariat).

Actuellement, deux missions online sont à pourvoir. Le Banquier Solidaire travaillera sur cette mission à raison d’un jour par semaine pendant 15 semaines. Ces modalités de durée peuvent toutefois être modifiées en fonction des préférences du Banquier Solidaire, de l’organisation bénéficiaire et de l’employeur.

  • Mission « Gestion financière » en faveur de FATEN (Palestine)

FATEN est une institution de microfinance fondée en 1995 par l’ONG Save The Children qui a pour mission de répondre aux besoins en services financiers des entrepreneurs et des particuliers palestiniens à faibles et moyens revenus. La Fondation Grameen Crédit Agricole soutient FATEN depuis 2014 par le biais de divers prêts mais aussi par de l’assistance technique dans le cadre des missions Banquiers Solidaires.

Le Banquier Solidaire sélectionné soutiendra FATEN dans la mise à jour des procédures, politiques et outils financiers. Une connaissance des normes internationales relatives à l’information financière et en particulier sur les derniers changements apportés aux normes IFRS 16 et IFRS 9 est requise. La maîtrise de l’anglais est nécessaire et une très bonne connaissance de l’arabe serait un plus.

Pour plus d’informations, consultez la fiche mission sur ca-solidaires.fr

  • Mission « Stratégie digitale » en faveur d’OXUS (Kirghizstan)

OXUS Kyrgyzstan (OKG) est une institution de microfinance qui fournit des services financiers aux travailleurs pauvres et aux personnes sous-bancarisées au Kirghizstan. L’institution sert 8 000 emprunteurs actifs et gère un portefeuille de 6,4 millions d’euros.

Le Banquier Solidaire sélectionné aura pour mission d’accompagner OKG dans l’évaluation des procédés relatifs à la digitalisation et dans la construction d’une nouvelle stratégie digitale. Une expérience dans la gestion de projets informatiques et idéalement dans des projets de digitalisation est nécessaire. La maitrise de l’anglais est obligatoire, la connaissance du russe serait un plus.

Pour plus d’informations, consultez la fiche mission sur ca-solidaires.fr.

Pour postuler : envoyez votre CV et lettre de motivation (ou 2 paragraphes présentant vos motivations et expertises) à :

 

Banquiers Solidaires : deux missions terrain sont à pourvoir en faveur de Lazika (Géorgie) et Smart Credit (Moldavie)

Banquiers Solidaires est un programme de volontariat de compétences lancé par la Fondation Grameen Crédit Agricole et Crédit Agricole S.A. en 2018 avec un double objectif : d’une part, accompagner avec de l’assistance technique les institutions de microfinance et les entreprises à impact social financées par la Fondation, d’autre part, valoriser les compétences des collaborateurs du Groupe qui souhaitent s’investir dans des projets à fort impact social.

Les missions peuvent se dérouler pendant le temps de travail du Banquier Solidaire (mécénat de compétences) ET/OU pendant les congés (volontariat).

Actuellement, deux missions sont à pourvoir sur le terrain :

  • Mission « Communication et marketing » en faveur de Lazika (Géorgie)

Lazika Capital est une institution de microfinance créée en 2000 par Oxfam Grande-Bretagne en Géorgie. Sa mission est de faciliter l’accès des entrepreneurs à revenu faible et intermédiaire à des services financiers adaptés à leurs besoins. L’institution se situe aujourd’hui parmi les leaders du secteur géorgien de la microfinance et compte près de 14 000 clients.

Le Banquier Solidaire sélectionné aura pour mission d’évaluer les actions et la stratégie marketing de l’organisation ainsi que d’élaborer un plan marketing fin-2021/2022. Une solide expérience en marketing et une bonne maîtrise de l’anglais sont nécessaires. La mission sera d’une durée de 10 jours sur le terrain.

Pour plus d’informations, consultez la fiche mission sur ca-solidaires.fr

  • Mission « Stratégie digitale » en faveur de Smart Credit (Moldavie)

Smart Credit est une institution de microfinance créée en 2010 par 5 professionnels locaux ayant une même vision : fournir des services financiers à des personnes socialement défavorisées et des petits entrepreneurs moldaves. L’institution compte plus de 3 000 emprunteurs actifs et gère un portefeuille de 4,4 millions d’euros.

Le Banquier Solidaire sélectionné aura pour mission de contribuer à la construction de la stratégie digitale de Smart Crédit. Une expérience en gestion de projets informatiques et la maîtrise de l’anglais sont nécessaires.

Pour plus d’informations, consultez la fiche mission sur ca-solidaires.fr.

Pour postuler : envoyez votre CV et lettre de motivation (ou 2 paragraphes présentant vos motivations et expertises) à :

 

 

COVID-19 : La gouvernance de la Fondation pendant la crise sanitaire

 

Coup de projecteur sur l’interview croisée de Sylvie Lemmet, Présidente du Comité Finance, Risques et Impact, Jérôme Brunel, Président du Comité Conformité et Contrôle interne, et Bernard Lepot, Président du Comité d’Investissement, à découvrir dans le Rapport intégré 2020 de la Fondation.

En vous remémorant le moment de la survenance de la crise, pouvez-vous nous dire quelle fut à ce moment-là votre perception ?

Bernard Lepot : Dès le mois de mars nous avons tous compris que nous étions en « terra incognita » pour une durée indéterminée avec des conséquences systémiques peu lisibles. Tous les continents étaient touchés dont l’Afrique et l’Asie où nous avons l’essentiel de nos activités. Le risque de fortes difficultés de nos partenaires étaient probables avec possiblement d’importantes provisions pour la Fondation. Malgré cette absence de visibilité, il fallait, pour le Conseil, définir rapidement la posture de la Fondation que nous résumons ainsi : soutien à nos partenaires existants et concertation avec les autres prêteurs internationaux.

Sylvie Lemmet : En mars dernier, nous étions dans l’inconnu total. Avec le sentiment que la crise allait frapper fortement les pays en développement et que nous allions être confrontés à des faillites potentielles et des pertes pour la Fondation. Nous étions inquiets pour nos partenaires.

Jérôme Brunel : Je craignais que l’impact de la pandémie, dont je pensais qu’elle allait affecter plus fortement les pays en voie de développement ou émergents moins développés –ce qui n’a d’ailleurs pas été confirmé–, fragiliserait la solidité des contreparties de la Fondation entraînant un montant substantiel de provisions, ce qui n’a pas été le cas jusqu’à présent grâce à la résilience des organisations soutenues ainsi qu’à la coordination et les actions communes des différents acteurs du secteur de la finance inclusive.

Quel a été le rôle du Comité que vous présidez dans ce contexte ?

J.B. : Le Comité de Conformité et de Contrôle interne a joué pleinement son rôle en adaptant le dispositif de contrôle interne à la montée des risques Covid-19, en organisant une formation sur les méthodes de restructuration de dettes, en adaptant la politique de provisionnement et en approfondissant la collecte des informations sur les clients finaux de nos contreparties. Mais à vrai dire, c’est surtout le Comité des Finances, Risques et Impacts qui avait le rôle premier dans la mobilisation de la gouvernance de la Fondation pour faire face aux conséquences de la pandémie.

S.L. : Le Comité Finance, Risque et Impact (FRI) comprend déjà le Président du Comité de Conformité et de Contrôle interne parmi ses membres. L’an dernier, nous avons immédiatement senti le besoin de faire le lien avec le Comité d’Investissement et son Président a aussi siégé dans le Comité FRI. L’évolution de la gouvernance avec ce comité ad hoc s’est révélée extrêmement positive. Cela nous a permis de construire ensemble et avec le Comité de Direction de la Fondation une bonne compréhension de la situation globale (l’impact sur le portefeuille, la liquidité et la marge) et une doctrine d’intervention, que nous avons faite évoluer au fur et à mesure de la crise. L’objectif : fournir l’oxygène nécessaire à nos partenaires tout en « monitorant » le risque de défaut de remboursement.

B.L. : Une fois la feuille de route établie, le Comité d’Investissement a continué à se réunir tous les mois mais en visio-conférence avec une activité de nouveaux dossiers bien sûr réduite mais avec un suivi rapproché des reports d’échéance accordés aux institutions de microfinance qui en faisaient la demande et plus généralement, un suivi du risque renforcé. Le Conseil avait également décidé la création d’une instance ad hoc réunissant les 3 Présidents des Comités spécialisés pour examiner et approfondir les adaptations éventuelles de la stratégie de la Fondation. Cette structure s’est réunie plusieurs fois permettant les échanges avec les équipes et l’éclairage du Conseil avant décisions.

Un an après, quels sont les enseignements que vous tirez de cette expérience et quelles perspectives voyez-vous pour la Fondation en 2021 ?

S.L. : Un an après, je suis avant tout rassurée par la qualité des femmes et des hommes qui forment l’exécutif de la Fondation et qui ont su réagir avec beaucoup de souplesse, de professionnalisme et d’engagement dans une situation inédite. Nous avons su maîtriser les risques financiers sans abandonner nos partenaires en difficulté. Nous avons pu tester la résilience des organisations soutenues, ce qui rassure à la fois sur leur qualité et sur la résistance du secteur de la microfinance face aux chocs. C’est d’ailleurs un point qu’il faudra creuser pour mieux comprendre les mécanismes qui se sont mis en oeuvre localement et l’impact social réel derrière la bonne performance financière. Pour 2021, nous espérons tous le retour d’une situation moins chaotique et la reprise des activités. Il faudra tirer les leçons des instructions à distance et jongler avec une activité qui semble reprendre mais des déplacements qui restent limités. La pandémie n’est pas encore derrière nous, mais j’espère qu’elle restera sous contrôle dans nos pays d’intervention.

J.B. : La crise sanitaire a montré d’abord, la solidité des engagements pris par la Fondation, c’est-à-dire le choix judicieux de ses contreparties. Ensuite, la qualité de la réaction de l’équipe –et de son Délégué général– pour s’adapter à ce contexte inédit, aidée par la mobilisation de son Conseil et de ses Comités spécialisés. Enfin, l’engagement de la Fondation à continuer malgré cet environnement « hostile » l’activité de prêteur et à soutenir les institutions de microfinance par une initiative internationale pour harmoniser les politiques des autres prêteurs et par un travail précis de dialogue avec chacun des emprunteurs.

B.L. : Un an après, il convient de souligner la remarquable mobilisation et adaptation des équipes de la Fondation avec une grande collaboration entre les différentes fonctions. A ce jour, il faut noter aussi la grande résilience de notre portefeuille, peut-être même au-delà de ce que nous pensions. Une bonne information et implication du Conseil lui a permis d’exprimer sans réserve son soutien et sa solidarité à la stratégie et aux actions de la Fondation. Pour 2021 les choses sont toujours très incertaines avec peut-être une meilleure visibilité au 4e trimestre, mais là encore rien n’est sûr. Espérons que 2021 sera une année de transition permettant de reprendre nos activités de développement en 2022.

Téléchargez le Rapport Intégré 2020 ici.

En 2020, la Fondation a renforcé son activité d’assistance technique

Par Violette Cubier, Responsable AT, Fondation Grameen Crédit Agricole

En 2020, nous poursuivons le développement de notre troisième métier : l’assistance technique au bénéfice de nos partenaires. Nos missions d’assistance technique ont contribué au renforcement institutionnel et à la résilience des partenaires dans ce temps de crise.

La Fondation appuie ses partenaires via différents programmes d’assistance technique. Cet accompagnement porte sur des thématiques variées telles la gestion des opérations et des ressources humaines, la gouvernance, la gestion financière, la planification stratégique, la digitalisation des opérations et produits, le lancement de nouveaux services, la gestion des risques ou encore la gestion de la performance sociale et environnementale.

La Fondation s’est mobilisée tout au long de l’année 2020 pour assurer un accompagnement rapproché de ses partenaires. Les missions d’assistance technique ont ainsi été adaptées pour répondre aux priorités et aux urgences auxquelles les partenaires ont dû faire face (gestion de la liquidité et de la qualité du portefeuille, plans de continuité des activités), mais aussi pour les accompagner dans leur reprise d’activité, leurs réflexions stratégiques et les transitions nécessaires pour faire face à la crise (digitalisation, renforcement des activités en zone rurale). Nous avons aussi mis en place des actions communes avec d’autres acteurs comme la SIDI et le Fonds Fefisol avec lesquels nous avons organisé des formations en faveur d’une cinquantaine d’organisations en Afrique.

L’année 2020 a également été marquée par un fort développement de nos activités d’assistance technique, avec une montée en puissance des programmes existants et le lancement de nouveaux programmes. Grâce aux nouveaux programmes, la Fondation a étendu les zones géographiques d’intervention en assistance technique et a adressé plus activement des enjeux clé tel s le développement des économies rurales, l’adaptation face au changement climatique ou l’inclusion financière des réfugiés.

La coordination des activités d’assistance technique constitue désormais un axe majeur d’intervention de la Fondation, pour contribuer au renforcement institutionnel de ses partenaires et pour les accompagner dans leurs transitions économique, écologique et digitale et ainsi démultiplier leur impact sur le terrain.

Plus d’informations : //www.gca-foundation.org/assistance-technique

Téléchargez le Rapport Intégré 2020

Mission Banquiers Solidaires à pourvoir en faveur d’Oshun Sénégal

Une nouvelle mission d’appui logistique/achats est à pourvoir en faveur de Oshun Sénégal. Celle-ci sera d’une durée de 10 jours, à partir de juin 2021, d’abord à distance depuis la France puis sur le terrain au Sénégal si les conditions sanitaires le permettent.

Banquiers Solidaires est un programme de mécénat de compétences lancé par la Fondation Grameen Crédit Agricole et Crédit Agricole S.A., ouvert à tous les collaborateurs du groupe Crédit Agricole. L’objectif est double : d’une part, accompagner avec de l’assistance technique les institutions de microfinance et les entreprises à impact social financées par la Fondation, et d’autre part, mettre à disposition les compétences des collaborateurs du Groupe désireux de s’investir dans de projets à fort impact social. Les missions peuvent se dérouler pendant le temps de travail du Banquier Solidaire (parrainage par l’employeur du Banquier Solidaire) ET/OU pendant les vacances (volontariat).

Créé en mars 2018, Oshun est une entreprise sociale qui propose des solutions inclusives, notamment sous forme de kiosques à eau fonctionnant à l’énergie solaire, permettant aux populations les plus sensibles un accès à l’eau saine tout en favorisant la mise en place d’un écosystème local communautaire et vertueux. Oshun Sénégal achève un processus de structuration administratif et RH et souhaite renforcer ses fonctions supports, en premier lieu le suivi de la logistique et des achats.

L’expert du Crédit Agricole sélectionné soutiendra Oshun à partir de juin 2021 dans la mise en place des procédures visant à simplifier et sécuriser la logistique, la gestion des achats et de l’approvisionnement, et renforcer les collaborateurs concernés. Le Banquier Solidaire doit avoir une solide expérience en logistique et gestion des achats et, idéalement, une expérience de formation et coaching dans le domaine des achats.

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Comment y postuler ?

Pour découvrir les offres détaillées des missions :

  1. Allez sur le site CA Solidaires “Trouver sa mission
  2. Rentrez dans la barre de recherche : “Fondation Grameen”. Toutes les offres de Banquiers Solidaires apparaîtront !
  3. Cliquez sur l’offre de votre choix, vous y trouverez toutes les informations nécessaires à votre candidature.

Plus d’information : cécile.delhomme@credit-agricole-sa.fr

La Fondation publie son Rapport intégré 2020

La Fondation Grameen Crédit Agricole publie son Rapport intégré 2020 qui retrace les moments forts et les chiffres clés de cette année marquée par la crise sanitaire et économique liée à la Covid-19. Grâce à un suivi rapproché et à une étroite collaboration avec ses partenaires et d’autres acteurs du secteur de la finance inclusive, la Fondation clôture l’année avec un bilan solide.

Au 31 décembre 2020, la Fondation gérait 81,2 millions d’euros d’encours en faveur de 75 institutions de microfinance et 12 entreprises sociales dans 39 pays. L’entrepreneuriat des femmes et le développement des économies rurales restent au cœur de l’action de la Fondation : 73% des 7,3 millions de bénéficiaires des institutions soutenues sont des femmes et 85% vivent en zones rurales.

Depuis le début de la crise, la Fondation a réalisé des enquêtes auprès des organisations soutenues pour comprendre l’impact de la crise et mieux répondre à leurs besoins[1]. La Fondation a également initié une coordination globale avec d’autres acteurs autour des principes clés pour protéger les institutions de microfinance et leurs clients face à la crise. A ce jour, 30 bailleurs de fonds, investisseurs et plateformes ont signé de l’engagement de la Coalition.

Grace à ce dialogue permanent avec ses partenaires et ses paires, la Fondation a mis en place plusieurs mesures adaptées pour soutenir le secteur. Elle a ainsi accordé des reports d’échéance à 29 partenaires, principalement des institutions de microfinance pour un montant total de 9,4 millions d’euros. En 2020, la Fondation a aussi accompagné les organisations avec 93 missions d’assistance technique[2], sur des sujets prioritaires comme les plans de continuité mais aussi sur des thématiques comme la digitalisation, indispensable pour la reprise de leurs activités.

La Fondation a pu compter sur l’appui de ses bailleurs de fonds pour renforcer son action en 2020. Elle a obtenu des financements de Proparco, de la Banque européenne d’investissement (BEI) et de Crédit Agricole CIB pour constituer une enveloppe Covid-19 et accompagner la reprise économique de ses partenaires.

En 2020, la Fondation a aussi travaillé aux côtés du groupe Crédit Agricole. Via un nouveau schéma de coopération avec Crédit Agricole Roumanie, de nouveaux financements octroyés via le FIR –Fonds en microfinance du Groupe– et le programme de volontariat de compétences Banquiers solidaires, la Fondation et le Crédit Agricole ont renforcé leurs actions pour l’inclusion financière des populations les plus fragiles. Une mission qui restera prioritaire dans cette année de reprise que constitue 2021.

Télécharger le Rapport

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[1] Les résultats des enquêtes et d’autres ressources sont publiés dans l’Observatoire Covid-19 de la Fondation : //www.gca-foundation.org/observatoire-covid-19/
[2] Plus d’informations sur l’offre d’assistance technique de la Fondation : //www.gca-foundation.org/assistance-technique/

Le rôle de la Fondation Grameen Crédit Agricole pour répondre à la crise

©Godong

Soukeyna Ndiaye Bâ est membre du Conseil d’administration de la Fondation depuis sa création. Engagée dans la promotion des femmes entrepreneures depuis plus de 20 ans, elle est également directrice exécutive d’INAFI (International Network of Alternative Financial Institutions), un réseau mondial d’organisations qui soutiennent des programmes de microfinance. Abdul Hai Khan est membre du Conseil d’administration et Directeur général de Grameen Trust. Il est également membre du Conseil d’administration de différentes organisations de microfinance et d’entreprises sociales en Australie, au Bangladesh, en Chine, en France, en Inde, au Kosovo, en Italie, aux États-Unis et au Yémen.

1/ Administrateurs de la Fondation, vous êtes aussi tous les deux des experts internationaux et des praticiens de la microfinance. Pouvez-vous partagez avec nous votre analyse de la crise et plus particulièrement sur les territoires que vous connaissez bien ?

Soukeyna Ndiaye Bâ : En Afrique, le bilan aujourd’hui est de près de 100 000 décès et plus de 3,7 millions de personnes infectées, chiffres qui ne révèlent pas la réalité dans le continent parce qu’il n’y a pas un dépistage massif faute de moyens. En raison des restrictions et des fermetures de frontières pour contenir la pandémie, le continent africain n’a pas échappé à la crise. Dans ce contexte, les petits entrepreneurs, les agriculteurs et les acteurs du secteur informel sont évidemment directement affectés. En première ligne : les femmes, en milieu rural comme en milieu urbain, qui sont très actives dans le secteur informel. Au Sénégal, par exemple, 94% des femmes entrepreneures opèrent dans le secteur informel. En milieu rural, en plus de la gravité de la situation économique, la précarité sanitaire et la difficulté d’accès aux soins déjà alarmantes risquent d’empirer.

Abdul Hai Khan : On estime actuellement le nombre de décès en Asie à environ 417 000, tandis que le nombre de cas d’infection s’élève à plus de 26 millions. Les écoles en Asie de l’Est et dans le Pacifique ont été complètement fermées pour plus de 25 millions d’enfants pendant presque une année entière. Le Covid-19 a freiné la croissance en Asie de l’Est et dans le Pacifique (AEP) en réduisant considérablement l’activité économique, notamment le tourisme et le commerce. Selon les prévisions, la croissance de la région AEP, hormis la Chine, devrait ralentir à 1,3% en 2020, contre 4,7% en 2019. Des millions de ménages ont été touchés par la perte d’emplois et de revenus (y compris les envois de fonds), alors qu’ils doivent encore couvrir leurs dépenses de première nécessité ou assurer le remboursement de leurs dettes. De ce fait, le pourcentage de personnes pauvres a augmenté.

2/ Comment la microfinance et l’entrepreneuriat social atténuent-ils les effŠets de la crise économique ?

A.H.K. : En facilitant l’accès aux services essentiels, les institutions de microfinance et les entreprises sociales renforcent la résilience des populations à faibles revenus, notamment les petits entrepreneurs travaillant dans les secteurs formels et informels et les petits exploitants agricoles. Elles sont donc essentielles pour protéger les populations les plus vulnérables, sévèrement touchées par les effets de la crise économique et sanitaire lors de la pandémie Covid-19. Pour faire face à cette pandémie, de nombreuses institutions de microfinance ont innové et renforcé leur soutien à leurs clients. Elles ont par exemple fait une restructuration des prêts pour mieux accompagner les clients les plus affectés et ont accéléré leur transformation numérique, en introduisant ou en améliorant les transactions sans espèces via les canaux bancaires mobiles et en créant des agences en ligne.

3/ À quoi peut-on s’attendre dans les années à venir ?

A.H.K. : L’ampleur des dégâts engendrés par la pandémie Covid-19 dans le monde est considérable. Cependant, elle nous o¯re une opportunité unique d’améliorer, voire de redéfinir, nos structures économiques en nous appuyant sur une conscience sociale et environnementale. Nous ne devrions pas parler d’un programme de “redressement”, mais d’un programme de “reconstruction”. Dans ce plan de reconstruction global, l’entrepreneuriat social peut jouer un rôle essentiel, car il peut être un levier pour transformer les personnes sans emploi en entrepreneurs. L’inclusion financière peut contribuer à ce que la reprise économique s’accompagne d’un développement social.

S.B. : Le monde est menacé de récession et de crises alimentaires et sociales. La construction du monde « après Covid » doit donc être aussi multisectorielle et centrée sur l’innovation. Il faut tirer des leçons des problèmes rencontrés lors de cette crise : mieux évaluer et anticiper les risques, renforcer nos modèles socioéconomiques et repenser nos politiques publiques pour protéger davantage les populations les plus vulnérables. Les femmes entrepreneures auront un rôle primordial à jouer dans la dynamisation de l’économie. Soutenir l’entrepreneuriat féminin sera un levier pour renforcer l’autonomisation des femmes et le développement des économies rurales et urbaines. Le digital sera un outil majeur pour promouvoir l’entrepreneuriat, moderniser, développer et innover.

La Fondation Grameen Crédit Agricole agit pour l’inclusion financière en Inde

©Crédit Agricole/Getty

Avec 190 millions d’adultes sans compte bancaire, l’Inde a, après la Chine, la deuxième plus grande population non bancarisée au monde (Banque mondiale). Le secteur de la microfinance est devenu un instrument clé pour lutter contre l’exclusion financière dans le pays en fournissant des services financiers et non financiers aux personnes exclues du système bancaire. Le secteur a fait preuve d’un développement spectaculaire : il touche 60 millions d’emprunteurs, pour un portefeuille total de 27 milliards d’euros.

Afin de soutenir le développement de la microfinance en Inde, la Fondation Grameen Crédit Agricole a accordé un prêt de 3 millions d’euros sur 3 ans à Pahal Financial Services Private Limited, une institution de microfinance située à Ahmedabad (Gujarat). Depuis sa création en 2011, Pahal a servi près de 750 000 clients, majoritairement des femmes entrepreneures (98%), à travers 167 agences avec un total d’actifs sous gestion de 81 millions d’euros. Aujourd’hui, Pahal est l’une des institutions de microfinance à la croissance la plus rapide en Inde grâce à une offre de produits innovante et diversifiée pour les personnes à faible revenu.

« Avec ce partenariat, la Fondation Grameen Crédit Agricole renforce son action en faveur de l’inclusion financière et de l’autonomisation des femmes en Inde. Ce financement est notre première opération directe en Inde, grâce à l’utilisation du dispositif d’emprunts commerciaux extérieurs récemment ouvert par la Banque centrale indienne. Cette institution de microfinance a su faire preuve à de multiples occasions d’une grande résilience et nous sommes convaincus que Pahal, ses clients et l’ensemble du secteur se remettront rapidement de la crise », a déclaré Caroline Brandt, Chargée d’investissement à la Fondation.

« Le prêt de la Fondation Grameen Credit Agricole est une validation du modèle opérationnel de Pahal et démontre la résilience du secteur de la microfinance en Inde », a déclaré Kartik Mehta, Cofondateur et Directeur général. « Chez Pahal, nous sommes déterminés à faire partie du programme d’inclusion financière pour les populations les plus vulnérables de notre société. Cet argent sera utilisé pour accorder des prêts aux femmes bénéficiaires de Pahal », a ajouté Purvi Bhavsar, Cofondatrice et Directrice générale.

Le soutien financier de la Fondation intervient au moment où le secteur de la microfinance sort de la crise Covid-19. Après la levée du confinement, les demandes anticipées de microcrédit devraient déclencher une reprise rapide du secteur. Pahal, en partenariat avec la Fondation, soutiendra ses emprunteurs pour les aider à redémarrer leurs activités.

SINAPI Aba et son action pour l’entrepreneuriat féminin au Ghana

Lancé par le gouvernement canadien en 2017, le programme FINEDEV (Financial Inclusion for Enterprise Development) favorise le développement des entreprises via à l’inclusion financière au Ghana. Ce programme est mis en œuvre par Sinapi Aba Savings and Loans, institution de microfinance soutenue par la Fondation Grameen Crédit Agricole.

FINEDEV vise à améliorer l’accès au financement, à l’éducation financière, à la formation entrepreneuriale, en mettant l’accent sur les petites et moyennes entreprises (PME), les femmes et les groupes vulnérables au Ghana. Pour Sinapi, l’accent est mis sur l’entrepreneuriat féminin car 70 % de ses clients sont des femmes.

Networking et formations à l’entrepreneuriat

Le programme est composé de deux volets d’action. Un premier volet est celui du networking via des évènements et des formations des femmes entrepreneures. Grâce à ces rencontres, les participantes ont l’opportunité de partager leur expérience, de se former à l’entrepreneuriat et de se connecter avec d’autres entrepreneures locales. Depuis le début du programme, Sinapi a organisé 310 évènements de networking et 447 formations pour plus de 30 mille participantes.

Un deuxième volet est le projet de mentorat « Women Mentorship ». Il réunit des femmes entrepreneures ayant déjà reçues des formations commerciales par Sinapi Aba, avec des femmes moins expérimentées. Chaque femme « mentor » conseil et accompagne d’autres entrepreneures dans la consolidation de leurs entreprises. Le programme de mentorat a déjà réuni 156 participants, dont 52 femmes mentors et 104 entrepreneures accompagnées.

Avec FINEDEV, Sinapi renforce d’une façon innovante et durable son action en faveur de l’inclusion financière des femmes . Initialement prévu pour une durée de 4 ans, FINEDEV a été prolongé d’une année supplémentaire et devrait se terminer en 2022. Après la fin officielle du projet, Sinapi Aba prévoit de continuer à soutenir les projets de ses clientes en continuant à organiser des activités de mentorat et de mise en réseau des femmes.