Trois missions Banquiers solidaires sont disponibles

Lancé par la Fondation Grameen Crédit Agricole et Crédit Agricole S.A, Banquiers solidaires est un programme de volontariat de compétences ouvert aux collaborateurs du Groupe en faveur d’institutions de microfinance ou d’entreprises à impact. L’objectif de ce programme est double : il permet de valoriser les compétences des collaborateurs du groupe Crédit Agricole et d’apporter un soutien complémentaire aux institutions de microfinance et entreprises partenaires de la Fondation. Grâce à ce dispositif, le groupe Crédit Agricole réaffirme sa volonté de soutenir les initiatives solidaires des collaborateurs.

Missions à pourvoir!

1. Mission « Audit / Reporting financier » en faveur de Kossam au Sénégal

Filiale de la Laiterie du Berger, Kossam a pour mission de développer une filière laitière inclusive et durable au Nord du Sénégal. Créée en 2019, après une mission Banquière solidaire, Kossam collecte le lait auprès de 450 éleveurs locaux, à qui elle fournit des services marchands (aliments, fourrages) et apporte des conseils et formations. La mission Banquiers solidaires [qui pourrait se faire en binôme] a pour objectif d’accompagner Kossam et la Laiterie dans le renforcement des équipes et du reporting financiers. En fonction du contexte sanitaire, la mission sera réalisée fin 2020 ou début 2021 au Sénégal.

2. Mission “Levée de fonds” en faveur de PPSE au Cambodge

Phare Performing Social Enterprise (PPSE) est une entreprise sociale cambodgienne créée en 2013 qui produit des spectacles de cirque qui a récemment lancé un studio d’animation et de graphisme. PPSE emploie les diplômés d’art de PPSA, une organisation à but non lucratif qui soutient des enfants et des jeunes défavorisés. Une mission Banquiers solidaires online visera à consolider le nouveau business plan de PPSE (élaboré en raison de la crise Covid-19) et à soutenir le processus de collecte de fonds et de fusion. La mission est prévue pour le dernier trimestre de l’année.

3. Mission « RH » en faveur d’Oshun au Sénégal

Créée en 2018, Oshun est une entreprise sociale qui fournit des services d’eau de qualité pour les populations les plus vulnérables dans les zones rurales du Sénégal. Dans le cadre un processus de structuration après une fort développement, une mission Banquiers solidaires est à pourvoir pour simplifier la gestion des ressources humaines, le recrutement et le management en général. La mission est prévue pour le dernier trimestre de l’année au Sénégal, mais le calendrier dépendra du contexte généré par le Covid-19.

Comment postuler ?

Pour découvrir les offres détaillées des missions :

  • Allez sur le site CA Solidaires “Trouver sa mission”
  • Rentrez dans la barre de recherche : “Fondation Grameen”. Toutes les offres de Congés Solidaires apparaîtront !
  • Cliquez sur l’offre de votre choix, vous y trouverez toutes les informations nécessaires à votre candidature.
Contact : Carolina VIGUET
Directrice Communication & Partenariats
carolina.viguet@credit-agricole-sa.fr

La Fondation accorde un nouveau prêt à Mikra en Bosnie-Herzégovine

 

La Fondation Grameen Crédit Agricole a poursuivi ses investissements dans les régions d’Europe de l’Est et d’Asie Centrale et vient d’accorder un nouveau prêt en monnaie locale équivalent à 1,2 millions d’euros à l’institution de microfinance Bosniaque Mikra, sur une période de trois ans. Il s’agit du deuxième prêt accordé à l’institution faisant suite au prêt d’un montant de 1 million d’euros en 2018.

Mikra est une institution de microfinance de type tier 2 qui a débuté ses opérations en 1993. Sa mission est d’offrir de manière responsable à la population la plus pauvre mais économiquement active, principalement des femmes (70,2% de ses 13 400 clients), l’accès à des services financiers. L’institution propose aux populations actives les plus pauvres un accès à des services financiers et d’accompagnement abordables et de qualité, afin de réduire la pauvreté et d’encourager l’entrepreneuriat. L’institution promeut l’égalité et la liberté des femmes bosniaques, conditions préalables nécessaires à la réussite de leur entreprise et à leur émancipation sociale.

Avec ce prêt, la Fondation compte aujourd’hui un encours de 24 millions d’euros dans la région Europe de l’Est, Asie Centrale, soit 25% de l’encours suivi par la Fondation.

Pour plus d’informations sur les organisations soutenues par la Fondation, cliquez ici.

Soutenir l’inclusion financière des réfugiés en Ouganda

En novembre 2019, l’Agence Suédoise de Coopération pour le Développement International (Sida), le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et la Fondation Grameen Crédit Agricole ont lancé un programme de trois ans visant à promouvoir l’accès à des services financiers et non financiers pour les réfugiés et les communautés d’accueil en Ouganda. Il s’agit d’un programme unique en son genre, conçu pour inciter les investisseurs en microfinance et les institutions de microfinance à étendre leurs services financiers aux réfugiés.

Dans ce cadre, la Fondation Grameen Crédit Agricole est en charge de la gestion de l’assistance technique et de l’appui aux institutions de microfinance afin qu’elles développent une offre de produits et services adaptés aux populations réfugiées. La Fondation octroie également des prêts aux institutions afin de leur fournir les ressources nécessaires pour les crédits aux réfugiés et aux communautés d’accueil.

UGAFODE: Première institution financée

La première institution soutenue dans le cadre du programme est UGAFODE Microfinance Limited. Grâce à un prêt de 540 000 euros et à l’appui technique apporté, UGAFODE a ouvert une agence dans le camp de réfugiés de Nakivale, dans le district d’Isingiro, qui contribuera à renforcer la résilience et l’autonomie des réfugiés dans les communautés d’accueil.

Pour UGAFODE, ce programme fait suite à un projet pilote réussi d’inclusion financière pour les réfugiés à Kampala. Grâce à l’accompagnement proposé dans le cadre du programme, et au prêt de la Fondation Grameen Crédit Agricole, des milliers de réfugiés pourront avoir accès à des services de crédit et de transfert d’argent.

Les réfugiés recevront également une formation en matière de gestion entrepreneuriale qui leur permettra d’acquérir des compétences essentielles telles que l’élaboration de plans d’entreprise, la gestion financière, la tarification et la commercialisation.

Des financements en faveur d’autres institutions de microfinance sont en cours d’étude dans le cadre de ce programme de soutien aux réfugiés at aux communautés d’accueil. Au total, près de 100 000 réfugiés et hôtes ougandais devraient pouvoir accéder grâce au programme à des services financiers et à des formations, dont 70% de femmes. Le projet soutiendra la création et le développement de petites entreprises dans des secteurs tels que celui de l’agriculture, l’artisanat, la restauration ou encore le commerce.

Pour plus d’informations sur le programme, cliquez ici.

Une reprise sous contraintes opérationnelles et financières

ADA, Inpulse et la Fondation Grameen Crédit Agricole se sont associés pour suivre et analyser les effets de la crise liée au Covid-19 auprès de leurs institutions de microfinance partenaires dans le monde. Ce suivi est réalisé périodiquement et le sera tout au long de l’année 2020 afin d’avoir une meilleure vision de l’évolution de la situation. Avec cette analyse régulière et approfondie, nous espérons contribuer, à notre niveau, à la construction de stratégies et de solutions adaptées aux besoins de nos partenaires, ainsi qu’à la diffusion et à l’échange d’informations entre les différents acteurs du secteur.(1)

En résumé

Cet article est rédigé à partir des réponses fournies entre le 23 juillet et le 06 août 2020 par 91 partenaires présents dans 42 pays, répartis entre l’Europe, l’Afrique, l’Asie et l’Amérique latine (2). Les retours des institutions de microfinance (IMF) permettent de constater l’évolution continue de la crise sanitaire liée au COVID-19. Alors que les mesures de réouverture des pays et de relance de l’économie se sont multipliées pendant le mois de juillet, l’impact sanitaire de la crise est mentionné de manière plus significative par nos partenaires dont les clients et les employés sont finalement aussi directement touchés.

C’est dans ce contexte à la fois incertain et évolutif que les IMF bravent les défis qui se présentent à elles depuis plus d’un trimestre désormais. Les difficultés opérationnelles étant toujours d’actualité, les institutions restent vigilantes sur leur portefeuille et le risque que celui-ci porte, qui semble s’être globalement stabilisé, même si à un niveau beaucoup plus élevé qu’avant la crise. Néanmoins, certains signaux sont encourageants sur d’autres problématiques. Ainsi, la grande majorité des IMF estiment pouvoir survivre à cette crise et sans subir de grands changements stratégiques. Également, il apparait que la question de la liquidité a été plutôt bien gérée depuis le début de la crise.

La bataille menée contre le virus n’est néanmoins pas encore gagnée, et ses répercussions sont particulièrement fortes sur le secteur informel de l’économie. Il ressort que les clients de l’économie informelle sont plus touchés, notamment car ils ne bénéficient finalement pas des mesures d’aide que les Etats peuvent apporter. Les IMF sont cependant sensibles à ces besoins et une partie de nos partenaires envisagent d’apporter des services particuliers pour aider leurs clients à faire face à la crise.

1. Des contraintes opérationnelles toujours présentes pour les IMF

De manière générale, nos partenaires témoignent de nouveaux progrès en termes d’assouplissement des mesures d’endiguement dans leur pays, après les premières relaxations des mesures dans certaines régions du monde en juin (notamment en Europe de l’Est, en Asie Centrale et en Afrique subsaharienne). La comparaison des réponses de nos partenaires ayant répondu à notre sondage sur juillet et juin (3) (graphique ci-dessous) rend compte de cette amélioration concernant les difficultés opérationnelles. Ces résultats sont par ailleurs à l’image des résultats généraux obtenus pour le mois de juillet.

L’ensemble des IMF indiquent une amélioration quant aux possibilités de déplacement pour leur personnel. Cependant cela demeure une contrainte majeure en Amérique Latine et dans les Caraïbes, alors que moins de 20% des IMF dans les autres zones sont concernées. De plus, si la liberté de déplacement s’améliore largement dans ces régions, la rencontre des clients sur le terrain demeure une problématique toujours importante pour plus de 30% des IMF. Enfin, à l’exception de l’Amérique Latine, la rencontre des clients en agence semble être aujourd’hui la solution la moins problématique.

En fait, si l’on peut noter globalement une amélioration du contact avec les clients, dans toutes les régions, collecter les remboursements des prêts ou en décaisser de nouveaux à des niveaux standards de pré-crise demeure très difficile, avec des difficultés rencontrées pour plus de 50% des IMF sondées dans chaque région (respectivement 70% et 66% au global), certaines difficultés étant liées aux contraintes réglementaires nationales ou locales.

« Bien que d’autres IMF recommencent à opérer, nous attendons toujours d’avoir l’autorisation du gouvernement régional » – Partenaire au Myanmar

D’autant plus que les IMF sont encore en pleine activité de restructuration des prêts des clients au mois de juillet (80% des sondés).

« La communication sur le report des échéances constitue un frein sur le remboursement des crédits » – Partenaire au Sénégal

Et alors que nous notons depuis plusieurs mois la singularité de la zone Amérique Latine dans les réponses récoltées dû à un contexte sanitaire COVID-19 particulièrement difficile, les informations obtenues montrent que la situation n’est pas réglée pour autant dans les autres régions.

Les doutes quant à un potentiel retour à la normale pour les activités des IMF ne sont effectivement pas levés puisque la crise sanitaire reste la problématique centrale de la période actuelle, et qu’elle persiste. L’actualité de juillet a notamment été marquée par la résurgence ponctuelle de nombre de cas dans certains pays. Ce qui se traduit de manière très significative et pour la première fois dans nos enquêtes par une proportion fortement en hausse de partenaires qui sont touchés par la crise sanitaire, aussi bien parmi leur personnel que leurs clients (graphique ci-contre (4)).
Ainsi, au niveau mondial de l’enquête, ce sont 51% de nos partenaires qui déclarent en juillet 2020 que parmi leurs clients, certains ont contracté le COVID-19, et près d’un tiers indiquent que cela concerne également leurs employés. Si nous n’avons pas de données pour connaître respectivement les proportions concernées chez les clients et le personnel, cette tendance est néanmoins significative. Plus précisément, ce sont plus de trois IMF sur 4 en Asie Centrale et Amérique Latine dont des clients ont été atteint du virus (une sur deux en juin). Si l’Amérique Latine est largement concernée à la fois côté client et côté personnel, les chiffres sont également en légère hausse concernant le personnel des IMF d’Europe et Asie Centrale. Les zones Asie du Sud et Afrique Subsaharienne semblent globalement plus en retrait sur ce point mais les chiffres incitent cependant à maintenir une vigilance certaine.

« Plus de 10 clients sont morts à cause du Covid-19 » – Partenaire au Honduras

2. Les IMF continuent de faire face à des problématiques financières majeures

Comme nous le constatons depuis le début de nos enquêtes, l’augmentation du portefeuille à risque et la réduction de l’encours de crédit sont les deux principales conséquences directes de la crise pour une institution de microfinance. Les autres difficultés financières sont en revanche dans des proportions plus faibles et sont stables de juin à juillet (figure ci-dessous (5)). Ce point vaut pour toutes les régions sauf l’Amérique Centrale, où nos partenaires ayant répondu à l’ensemble de nos sondages témoignent des problèmes et une crainte grandissante sur les questions de fonds propres, de manque de liquidité ou d’augmentation des dépenses.

Le détail de l’analyse montre que la contraction de l’encours de crédit est un phénomène hétérogène. Ainsi, au niveau de l’ensemble des répondants, ce sont 39% des IMF d’Asie Centrale qui indiquent souffrir d’une réduction de leur portefeuille, contre 55% en Afrique Sub-saharienne, 71% en Asie du Sud et 88% en Amérique Latine à la même période.

En revanche, il apparait que la hausse du portefeuille à risque est une problématique commune à toutes les IMF, quelque soit leur région ou leur taille, et elle concerne plus de 80% de nos partenaires. Cependant, si le PAR 30 des institutions de microfinance s’est dégradé depuis le début de la crise, il ne subit plus de changements majeurs entre juin et juillet, tout en restant à un niveau bien supérieur à celui d’avant la crise. Comme indiqué dans le graphe ci-dessous, la structure du PAR30 des partenaires de l’échantillon de 54 IMF est assez stable d’un mois à l’autre. Et il s’agit d’une tendance que nous voyons à l’échelle de tous les sondés : une part entre 15 et 20% des IMF constate un PAR30 en baisse ou stable, tandis qu’environ 40% a vu son PAR30 augmenter sans doubler depuis la fin de l’année 2019. Finalement, les cas les plus risqués représentent régulièrement entre 30 et 40% des sondés.

« [Il est difficile] de couvrir les charges de dotations aux provisions pour les mauvaises créances » – Partenaire en République Démocratique du Congo

Cependant, toutes ces difficultés ne devraient pas être fatales pour nos partenaires. Lorsqu’interrogés sur de possibles changements stratégiques suite à la crise, 93% des sondés n’en anticipent aucun à court ou moyen terme. Nos partenaires ne se sentent donc pas concernés par de potentielles ventes d’une partie de leur actifs, mises sous tutelle administrative ou liquidations, signe d’une certaine confiance en l’avenir.

Enfin, les dernières informations de nos partenaires indiquent qu’une crise de liquidité semblerait avoir été évitée, avec 24% des sondés soulignant ce problème (contre près de 40% lors de notre enquête menée en mai). De plus, dans le détail, la proportion d’IMF soulevant ce point dans chaque région ne dépasse pas un tiers.

Les premières explications nous amènent tout d’abord vers les multiples reports d’échéances accordés aux IMF par leurs investisseurs étrangers et locaux mais également aux niveaux réduits de décaissements depuis le début de la crise. Notons également la faible proportion d’IMF ayant subi un mouvement important de retrait de l’épargne depuis le début de la crise, aidant la gestion de la trésorerie. Parmi les IMF qui nous rapportent cette difficulté, la plupart proviennent d’Afrique Subsaharienne et d’Asie et ne témoignent pas de besoins supplémentaires notables par rapport à d’autres IMF. Ces différents facteurs influent sur les besoins en liquidités des IMF. Ainsi, à l’échelle globale, 47% des sondés n’ont pas de besoins additionnels de financement pour 2020. Pour près d’un quart des IMF hors Afrique Subsaharienne, ceux-ci ont même baissé. Finalement, seul un quart des sondés fait état de besoins supplémentaires dans de fortes proportions.

3. A juillet, un secteur informel exposé

Si les institutions de microfinance sont toujours exposées à la crise, leurs clients le sont tout autant. 92% de nos partenaires indiquent en fait que les clients évoluant dans l’économie informelle sont soit modérément touchés par la crise, soit les plus touchés par la crise. Comme tous les autres entrepreneurs et clients des IMF, ils souffrent d’une activité réduite, mais subissent également les conséquences des grandes mesures internationales et nationales de gestion de la pandémie, par exemple dans les secteurs du tourisme, du textile, de la culture… Avec des moyens de secours limités et une activité réduite qui ne peut générer suffisamment de revenus, ceux-ci seraient plus vulnérables. Ce propos est tenu en très forte majorité en Asie Centrale et en Amérique Latine (plus de deux tiers des sondés de ces régions) alors qu’en Afrique Subsaharienne, les retours indiquent que les clients de l’économie informelle sont impactés de la même manière que ceux de l’économie formelle.

« En raison des conditions économiques et de marché actuelles, il est difficile pour les petites entreprises de relancer leurs activités économiques courantes au niveau où elles se trouvaient avant la crise COVID-19 » – Partenaire au Sri Lanka

Les raisons invoquées par nos partenaires sont avant tout d’ordre pécuniaire : la vulnérabilité des travailleurs du secteur informel proviendrait du manque de soutien financier de la part des gouvernements au secteur. Cette explication est avancée par une vaste majorité (78%), qui note également à 57% que les clients de ce milieu n’ont pas accès à des services non-financiers adaptés (développement des entreprises, éducation financière, éducation à la santé…). L’absence de services d’assurance est également soulevé par 50% de ces IMF. En revanche, le manque d’accès aux services d’épargne n’est que très peu cité.

Les IMF réfléchissent déjà à comment répondre au mieux aux besoins de leurs clients. Ainsi, 48% des IMF témoignant d’un secteur informel vulnérable disent prévoir de lancer des programmes d’éducation financière, et 33% imaginent accompagner les clients dans la gestion de leur activité. Néanmoins, seule une faible proportion d’entre eux imagine se lancer dans des produits de micro-assurance (maximum 11%). Les IMF justifient ces ambitions par deux raisons principales : se rapprocher et se concentrer sur les populations moins desservies, renforcer les clients, mais également répondre à une demande d’offres adaptées et nouvelles pendant une période particulière. Pour certaines IMF, cela pourra se traduire par d’autres initiatives, comme le développement du segment agricole (toujours fortement mentionné par les IMF) ou par un développement de solutions digitales pour les clients, pour préparer le monde d’après. Comme nous le dit un partenaire en Amérique Latine :

« Nous planifions les programmes d’éducation financière et de gestion d’entreprise par voie numérique pour initier les clients à l’utilisation des réseaux sociaux pour vendre leurs produits, car le principal problème qu’ils ont eu est que leurs lieux de vente étaient fermés »

Les résultats de cet article mettent en évidence les difficultés opérationnelles et financières rencontrées par les IMF au cours de ce premier semestre, mais aussi leurs premiers pas dans la compréhension des problèmes et la recherche de solutions. Contexte dans lequel l’avenir nous met au défi de continuer à nous interroger sur les actions de relance les plus favorables pour chaque région, comment elles peuvent être mises en oeuvre et comment les différents acteurs directement et indirectement du secteur de la microfinance peuvent contribuer à sa relance. Des questions qui représentent de grands défis mais aussi des éléments importants pour réfléchir aux solutions nécessaires.

 

 

 

 

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1 Les résultats des enquêtes précédentes sont disponibles ici pour la première et ici pour la deuxième.
2 Le nombre total d’IMF ayant répondu à l’enquête pour chaque région est le suivant : Asie du Sud (« Asie ») 14, Amérique Latine et Caraïbes (« LAC ») : 24, Europe et Asie Centrale (« ECA ») : 18, MENA : 6, et Afrique Subsaharienne (« SSA ») 29. Pour un total de 91 institutions. Le faible échantillon de la région MENA ne permet pas de faire le suivi des chiffres de la zone.
3 Cette comparaison porte sur un échantillon de 54 IMF : 12 en Asie, 7 en EAC, 13 en LAC, 22 en SSA.
4 Cette comparaison porte à nouveau sur l’échantillon de 54 IMF.
5 Idem

 

La Fondation finance pour la première fois Thitsar Ooyin en Birmanie

La Fondation Grameen Crédit Agricole vient d’accorder un premier prêt en monnaie locale équivalent à 1,3 millions d’euros à Thitsar Ooyin, afin de permettre à cette institution de poursuivre son action notamment auprès des populations rurales de la Birmanie.

Thitsar Ooyin est une institution de microfinance, basée à Hakha, dans l’État du Chin, une zone de montagne escarpée et isolée dans le Nord-Ouest de la Birmanie. Cette institution est active dans certaines des régions les plus difficiles d’accès du pays. Elle fournit des microcrédits aux communautés les plus pauvres et défavorisées des zones rurales, et plus particulièrement aux femmes. Sa méthodologie lui a permis de constituer une base de clientèle solide malgré des conditions difficiles, créant ainsi un impact significatif sur les moyens de subsistance des populations rurales.

Thitsar Ooyin propose à la fois des prêts de groupes et individuels, essentiellement aux femmes. A ce jour, l’institution dispose d’un portefeuille de prêts de 7,3 millions d’euros et compte plus de 30 000 clients, dont 79% de femmes et 92 % en zone rurale. Elle emploie actuellement plus de 100 personnes au sein d’un réseau de douze agences situées dans l’État du Chin et la région de Sagaing.

Avec ce prêt, la Fondation compte aujourd’hui trois partenaires en Birmanie.

Pour plus d’informations sur les organisations soutenues par la Fondation, cliquez ici.

La Fondation accorde un nouveau prêt à Caurie au Sénégal

© Philippe Lissac

En juillet, la Fondation Grameen Crédit Agricole a accordé un nouveau prêt à l’institution de microfinance Caurie, au Sénégal, pour un montant en monnaie locale équivalent à 1,2 millions d’euros. Ce nouveau prêt consolide encore plus un partenariat débuté en 2009 entre la Fondation et Caurie.

La Coopérative Autonome pour le Renforcement des Initiatives Economiques par la MicroFinance (CAURIE-MF) a été créée en 2005 par Relief Services (CRS) et CARITAS Sénégal. CAURIE-MF intervient à plus 60% en milieu rural et dans 13 régions administratives du Sénégal. A ce jour l’institution compte plus de 80 000 clients dont 97% de femmes et 61% de clients en zone rurale.

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Créée en 2008, sous l’impulsion conjointe des dirigeants de Crédit Agricole S.A. et du Professeur Yunus, Prix Nobel de la Paix 2006 et fondateur de la Grameen Bank, la Fondation Grameen Crédit Agricole est un opérateur multi-métiers qui contribue à la lutte contre la pauvreté par l’inclusion financière et l’entrepreneuriat à impact social. Investisseur, prêteur, coordinateur d’assistance technique et conseiller de Fonds, la Fondation soutient des institutions de microfinance et entreprises sociales dans 40 pays.

Faten, partenaire de la Fondation en Palestine, obtient la Smart Certification

 

En juin 2020, la Smart Campaign a reconnu l’action de FATEN, partenaire de la Fondation Grameen Crédit Agricole en matière de protection des clients en lui accordant la Smart Certification. La Smart Campaign est une initiative mondiale qui vise à intégrer des principes de protection des clients dans le secteur de l’inclusion financière. Le programme de certification de protection des clients de la Smart Campaign reconnaît publiquement les institutions qui fournissent des services financiers aux ménages à faible revenu et dont les normes de traitement respectent les sept principes de protection des clients de la Smart Campaign. Ces principes couvrent des domaines aussi importants que les prix, la transparence, un traitement juste et respectueux et la prévention du surendettement.

Le programme de certification comporte un ensemble de normes rigoureuses en fonction desquelles les institutions sont évaluées par des évaluateurs tiers indépendants, agréés par la Smart Campaign. Les évaluateurs sont des agences de notation spécialisées disposant d’une vaste expérience et ayant analysé des centaines d’institutions à ce jour.

En 2019, la Smart Campaing avait déjà reconnu publiquement l’action de trois autres institutions de microfinance, partenaires de la Fondation, en matière de protection des clients en leur accordant la Certification: Musoni (Kenya), Chamroeun (Cambodge) et Salym Finance (Kirghizstan). Ces institutions ont ainsi rejoint les près de 120 autres organisations spécialisées dans l’inclusion financière, dans plus de 40 pays, certifiées depuis le lancement du programme en janvier 2013.

Pour plus d’informations sur les partenaires de la Fondation, cliquez ici. 

La Fondation Grameen Crédit Agricole investit à nouveau en Moldavie

© Philippe Lissac

La Fondation Grameen Crédit Agricole poursuit ses investissements en Moldavie avec l’octroi d’un prêt à l’institution de microfinance Microinvest. Ce prêt, en monnaie locale équivalant à 2 millions d’euros, est le premier accordé à cette institution qui octroie des microcrédits et un accompagnement à la création d’entreprise aux petits entrepreneurs dans de nombreuses régions de la République de Moldavie.

Un grand nombre des bénéficiaires des prêts de Microinvest sont des entrepreneurs résidant en milieu rural, dans ce pays enclavé entre l’Ukraine et la Roumanie. Il s’agit de l’une des principales institutions de microfinance de Moldavie dont le siège social est situé à Chisinau. A ce jour, Microinvest compte plus de 35 000 clients, dont 47% de femmes et 66% de clients situés en zone rurale.

Avec cet investissement, la Fondation consolide sa présence dans la région d’Europe de l’Est et d’Asie Centrale où elle compte déjà 19 partenaires répartis dans 10 pays. Cette région représente ainsi 26% du portefeuille suivi par la Fondation.

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Créée en 2008, sous l’impulsion conjointe des dirigeants de Crédit Agricole S.A. et du Professeur Yunus, Prix Nobel de la Paix 2006 et fondateur de la Grameen Bank, la Fondation Grameen Crédit Agricole est un opérateur multi-métiers qui contribue à la lutte contre la pauvreté par l’inclusion financière et l’entrepreneuriat à impact social. Investisseur, prêteur, coordinateur d’assistance technique et conseiller de Fonds, la Fondation soutient des institutions de microfinance et entreprises sociales dans 40 pays.

La Fondation finance des institutions de microfinance au Mali et en Roumanie

© Philippe Lissac

La Fondation Grameen Crédit Agricole a financé deux nouveaux partenaires, dont un dans un nouveau pays. Avec ces deux nouveaux partenaires, la Fondation compte à ce jour 83 organisations soutenues dans 40 pays.

Elle a ainsi accordé un premier prêt d’un montant en FCFA équivalent à 1,5 millions d’euros à Cofina Mali, une filiale de Cofina SA qui procure des services financiers inclusifs. L’institution propose des services de prêt, d’épargne et de transfert d’argent aux micro et petites entreprises mais aussi aux particuliers. Elle dispense également des formations en éducation financière et en développement commercial. Cofina Mali compte plus de 2 500 clients actifs dont 28% de femmes.

La Fondation a également investi pour la première fois en Roumanie, sous la forme d’une garantie d’un montant en monnaie locale équivalente à 1,5 millions d’euros accordée à l’institution de microfinance VITAS. VITAS accorde des prêts pour l’amélioration de l’habitat à près de 2 000 clients, en majorité des petites et très petites entreprises ou encore des particuliers. Connue jusqu’en 2012 sous le nom d’Express Finance, elle est aujourd’hui l’un des principaux acteurs du marché de la microfinance roumaine. Sa clientèle cible est constituée de personnes n’ayant aucun accès aux services bancaires classiques ainsi que de personnes à faibles revenus. Ce financement se fait dans le cadre d’un partenariat entre la Fondation et Crédit Agricole Roumanie pour soutenir des institutions de microfinance roumaines qui servent les personnes exclues du système bancaire classique.

Voir toutes les organisations soutenues, ici.

Impact du COVID-19 sur les groupes d’épargne des réfugiés en Ouganda

VisionFund Uganda travaille dans le district d’Obongi depuis mai 2019 et a déboursé 92 000 $ US à 100 groupes d’épargne, ce qui représente 2 264 personnes. VisionFund a commencé à former des groupes d’épargne dans le district de Yumbe fin 2019, mais n’a encore financé aucun groupe. Les groupes d’épargne opèrent dans les deux districts depuis un certain temps et tous les groupes existent depuis au moins deux cycles (ou deux ans). VisionFund Uganda est la première IMF à offrir des prêts à ces groupes. Entre avril et mai, une étude a été menée pour comprendre l’effet de la crise du COVID-19 sur les groupes d’épargne, aussi bien au niveau des communautés d’accueil que des réfugiés.

Réunions des groupes d’épargne

La majorité (81%) des groupes continuent de se réunir; seuls 19% des groupes ont cessé de se réunir. La principale stratégie a été de continuer à se réunir (65%), mais en petits groupes, conformément aux exigences gouvernementales en matière de distanciation sociale. Une explication de la plus grande résilience des groupes de réfugiés peut être que ces groupes ont reçu plus de soutien dans leur formation que les groupes des communautés d’accueil. Presque tous les groupes de réfugiés épargnent toujours (certains épargnent moins) tandis que 24% des groupes dans les communautés d’accueil ont cessé d’épargner. La conclusion est que les groupes de réfugiés se sont non seulement adaptés aux nouvelles directives entourant l’organisation des réunions, mais ont également trouvé des moyens de continuer à se réunir, montrant des niveaux de résilience plus élevés.

Lorsqu’on les interroge sur l’avenir du groupe, sur les 417 personnes interrogée, 65% prévoient de continuer à épargner. Cependant, il est inquiétant de constater que 28% des répondants s’attendent à arrêter d’épargner, chiffre qui monte à 39% des répondants pour les communautés d’accueil. Il est donc important de mieux comprendre ce que cela signifie à long terme.

Impact sur les ménages

Au niveau des ménages, les difficultés apparaissent sur deux fronts. 88% des répondants ont signalé une augmentation des prix des aliments de base, ce qui exerce une pression sur les budgets des ménages. Presque tous les réfugiés (96%) ont signalé une hausse, ce qui reflète probablement la réduction de leurs rations du PAM. Dans le même temps, 92% des répondants ont signalé un certain niveau de stress financier dû à la baisse de l’activité commerciale (34%), à la baisse des revenus (23%), aux difficultés à épargner (25%) et à l’insécurité alimentaire (11%). Il est pertinent de conclure que tous les ménages sont affectés par la pandémie de COVID-19, mais même si les réfugiés sont plus impactés, ils semblent être plus résilients.

Malgré ces tensions, les ménages ne recourent pas à une demande accrue au fonds social des groupes d’épargne ou ne vendent pas leurs actifs (87% n’ont pas eu à vendre d’actifs). En termes de requêtes au fonds social du groupe d’épargne, 58% des groupes n’ont signalé aucun changement dans le nombre de demandes (avec peu de différence entre les communautés hôtes et les réfugiés), mais on note que parmi ceux ui ont eu recours au fonds social, les montants demandés sont plus importants.

Impact commercial

Les membres du groupe d’épargne se livrent à de multiples activités économiques. À l’instar d’autres études sur l’impact du COVID-19, 93% des répondants ont signalé une baisse de leurs revenus. Plus de la moitié des groupes ont signalé soit une forte baisse des revenus (47%), soit un arrêt complet des revenus (11%). Fait intéressant, 6% ont signalé une augmentation de leurs revenus, reflétant qu’il existe des opportunités commerciales même en cas de crise.

Résilience

Une dernière question concernait la manière dont les groupes adaptent leurs entreprises pendant cette période de crise. Les réponses montrent que les ménages développent une gamme d’activités très variée pour survivre. Cela montre également que les réfugiés s’adaptent de manière très différente et créative au stress auquel ils sont confrontés.

En conclusion, les trois points suivants peuvent être soulignés :

  • Les groupes d’épargne des réfugiés sont résilients: la résilience dont font preuve ces groupes d’épargne de réfugiés (par rapport aux groupes des communautés d’accueil) continue de soutenir la pensée que la formation et le soutien des groupes d’épargne de réfugiés est une réponse essentielle pour le développement de moyens de subsistance sur le long terme à destination des réfugiés.
  • Le COVID-19 a un impact dramatique sur les moyens de subsistance des ruraux pauvres: cette enquête a été réalisée dans une partie reculée de l’Ouganda, ce qui confirme que les communautés rurales sont tout aussi touchées que les autres par la crise du COVID-19.
  • Les enquêtes peuvent être effectuées en toute sécurité en situation de confinement: Enfin, ce rapport montre que même en situation de confinement, l’utilisation d’un outil numérique simple et la mise en pratique de directives de distanciation sociale peuvent être rapidement mises en place.

Pour plus d’informations sur le programme de microfinance à destination des réfugiés de VisionFund en Ouganda, cliquez ici.