Lazika Capital, partenaire de la Fondation, soutient les entrepreneurs géorgiens

Lazika Capital est une institution de microfinance créée en 2000 par Oxfam Grande-Bretagne en Géorgie. Sa mission est de faciliter l’accès des entrepreneurs à revenu faible et intermédiaire à des services financiers adaptés à leurs besoins. Lazika Capital se situe aujourd’hui parmi les leaders du secteur géorgien de la microfinance et compte près de 14 000 clients. Le secteur agricole représente 52% de son portefeuille.

En 2020, pour lutter contre la crise de la Covid-19, Lazika Capital a accordé des avantages significatifs à ses clients directement affectés par la crise sanitaire et économique. Au cours de cette période, la Fondation Grameen Crédit Agricole avec d’autres prêteurs a soutenu Lazika Capital pour limiter une baisse de ses liquidités et pour que l’institution puisse continuer de financer ses clients. Bien que la situation sanitaire s’est améliorée en 2021, l’institution reste activement impliquée dans divers programmes publics visant à réduire l’impact négatif de la pandémie et à accélérer la reprise économique.

Priorité à la digitalisation

Lazika Capital a été la première organisation de microfinance en Géorgie à avoir obtenu de la Banque nationale le droit de proposer des services à distance.

Pour soutenir les entrepreneurs, et notamment dans le secteur agricole, Lazika Capital propose à ses clients des améliorations technologiques afin de rendre leurs produits et services plus diversifiés et flexibles. L’institution a par exemple recours aux tablettes numériques pour une meilleure gestion des dossiers sur le terrain. Cette offre digitale a été particulièrement utile pendant la période de confinement, les clients pouvant demander des prêts, être informés de leur approbation et effectuer leur remboursement sans se rendre dans une agence.

Les résultats positifs obtenus en 2020 prouvent que Lazika Capital est une institution résiliente et capable de faire face aux difficultés tout en continuant d’être un partenaire performant, fiable et responsable dans le secteur de la microfinance. De son côté, la Fondation Grameen Crédit Agricole poursuit son soutien à l’institution avec qui elle travaille depuis 2017, afin de lui permettre de continuer à soutenir l’entrepreneuriat en Géorgie, et ce malgré les défis à relever en cette période d’incertitude.

Plus d’informations sur Lazika ici.

Banquiers Solidaires : six missions à pourvoir auprès des partenaires de la Fondation

© Godong / Philippe Lissac – Fondation Grameen Crédit Agricole

Trois missions Banquiers Solidaires online et trois missions terrain sont actuellement à pourvoir pour le compte de la Fondation Grameen Crédit Agricole.

Banquiers Solidaires est un programme de volontariat de compétences lancé par la Fondation et Crédit Agricole S.A. en 2018 et destiné à tous les collaborateurs du groupe Crédit Agricole. L’objectif du programme est double: d’une part, accompagner avec de l’assistance technique les institutions de microfinance et les entreprises à impact social financées par la Fondation, et d’autre part, valoriser les compétences des collaborateurs du Groupe qui ont envie de s’investir dans de projets à fort impact social.

Les missions peuvent se dérouler pendant le temps de travail du Banquier Solidaire (mécénat de compétences) ET/OU pendant les congés (volontariat).

Actuellement, six missions sont à pourvoir, online ou sur le terrain :

MISSIONS ONLINE

Les experts sélectionnés pour les missions Online travailleront à distance et consacreront l’équivalent de un jour par semaine, pendant 15 semaines, à la mission.

Les trois missions Online sont à pourvoir dès que possible.

  • Mission « Stratégie digitale » en faveur d’OXUS (Kirghizstan)

OXUS Kyrgyzstan (OKG) une institution de microfinance qui fournit des services financiers aux travailleurs pauvres et aux personnes sous-bancarisées au Kirghizstan. L’institution sert 8 000 emprunteurs actifs et gère un portefeuille de 6,4 millions d’euros.

Une mission Banquier Solidaire est prévue dès juillet 2021 afin d’accompagner OKG dans l’évaluation des procédés relatifs à sa digitalisation et dans la construction d’une nouvelle stratégie digitale. L’expert recherché est un collaborateur du Crédit Agricole avec une expérience significative en matière de gestion de projets informatiques. La maîtrise de l’anglais est indispensable.

La fiche mission est disponible en cliquant ici.

  • Mission « Gestion financière » en faveur de FATEN (Palestine)

FATEN est une institution de microfinance en Palestine. L’institution compte plus de 26 000 clients et gère un portefeuille de 108 millions d’euros.

L’expert de Crédit Agricole sélectionné soutiendra FATEN dans la mise à jour des procédures, politiques et outils financiers. Le Banquier Solidaire doit maîtriser l’anglais et avoir des connaissances des normes internationales relatives à l’information financière et en particulier sur les derniers changements apportés aux normes IFRS 16 et IFRS 9. La maîtrise ou une très bonne connaissance de l’arabe est un plus. A minima, la maîtrise de l’anglaise sera requise.

La fiche mission est disponible en cliquant ici.

  • Mission « Stratégie digitale » en faveur de Smart Credit (Moldavie)

Smart Credit est une institution de microfinance qui fournit des services financiers à des personnes socialement défavorisées et des petits entrepreneurs moldaves. L’institution compte plus de 3 000 emprunteurs actifs et gère un portefeuille de 4,4 millions d’euros.

Le Banquier Solidaire aura pour mission de contribuer à construire la stratégie digitale de Smart Crédit. L’expert est un collaborateur du groupe Crédit Agricole qui maîtrise l’anglais et avec une expérience en gestion de projets informatiques..

La fiche mission est disponible en cliquant ici.

MISSIONS TERRAIN

Les trois missions terrain sont à pourvoir dès que possible, sous réserve des conditions sanitaires.

  • Mission « Appui logistique/achats » en faveur de Oshun (Sénégal)

Oshun est une entreprise sociale qui propose des solutions inclusives, notamment sous forme de kiosques à eau fonctionnant à l’énergie solaire, permettant aux populations les plus sensibles un accès à l’eau saine. Oshun Sénégal achève un processus de structuration administratif et RH et souhaite renforcer ses fonctions supports, en premier lieu le suivi de la logistique et des achats.

L’expert du Crédit Agricole sélectionné soutiendra Oshun dans la mise en place des procédures visant à simplifier et sécuriser la logistique, la gestion des achats et de l’approvisionnement, et renforcer les collaborateurs concernés. La mission sera d’une durée de 10 jours, d’abord à distance depuis la France puis sur le terrain au Sénégal si les conditions sanitaires le permettent. Le Banquier Solidaire doit avoir une solide expérience en logistique et gestion des achats et, idéalement, une expérience de formation et coaching dans le domaine des achats.

La fiche mission est disponible en cliquant ici.

  • Mission « LBC-FT » en faveur de SEF (Afrique du Sud)

SEF est une institution de microfinance qui accorde des prêts à travers un réseau de 98 agence en Afrique du Sud. L’institution compte 225 317 emprunteurs actifs et gère un portefeuille de plus de 45 millions d’euros.

L’expert du Crédit Agricole sélectionné a pour mission d’accompagner la Direction Qualité et Conformité et la Direction Formation en développant des supports de formation pertinents sur les sujets LBC-FT pour les salariés. Le Banquier Solidaire doit avoir au moins 5 ans d’expérience en conformité.  La mission sera d’une durée de deux semaines, dont 10 jours sur le terrain.

La fiche mission est disponible en cliquant ici

  • Mission « Marketing » en faveur de Lazika Capital (Géorgie)

Lazika Capital est une institution de microfinance de type Tier 2 en Georgie. L’organisation opère au travers de 18 agences dans l’ouest de la Géorgie.

L’expert du Crédit Agricole sélectionné a pour mission d’évaluer les actions et la stratégie marketing de l’organisation ainsi que d’élaborer un plan marketing mi-2021/2020. Le Banquier Solidaire doit avoir une solide expérience en marketing. Une bonne maîtrise de l’anglais est requise. La mission sera d’une durée de 20 jours, dont 10 jours sur le terrain.

La fiche mission est disponible en cliquant ici

Comment y postuler ?

Pour découvrir les offres détaillées des missions :

  1. Allez sur le site CA Solidaires : onglet « S’engager » puis « Les congés Solidaires »
  2. Cliquez sur l’offre de votre choix, vous y trouverez toutes les informations nécessaires à votre candidature.

Pour plus d’informations, vous pouvez contacter :  cecile.delhomme@credit-agricole-sa.fr

Microinvest soutient les investissements pour moderniser l’agriculture en Moldavie

Rencontre avec Dumitru Svinarenco, Directeur général de Microinvest (République de Moldavie), au sujet des investissements dans l’agriculture moldave dans les principales institutions de prêts agricoles.

1. Pouvez-vous présenter Microinvest en quelques mots ?

Microinvest est un institut de crédit non bancaire à capital mixte. Nous avons réussi à prouver notre rôle majeur sur le marché financier moldave en soutenant les entreprises locales, l’agriculture et les particuliers et en contribuant directement au développement de l’économie du pays.

Nous nous classons au 6ème rang du système bancaire par la taille de notre portefeuille, tout en conservant la première place sur le marché du crédit non bancaire dans le pays.

Nous nous distinguons des autres institutions financières grâce aux solutions personnalisées et les avantages significatifs dans le processus de prêt que nous offrons à chaque client, y compris les entrepreneurs agricoles. Nous sommes la seule Institution Financière Non Bancaire (IFNB) en Moldavie à détenir le certificat de qualité international – SMART, qui prouve que nous sommes un prêteur responsable et digne de confiance.

2. L’agriculture est l’un des piliers fondamentaux de l’économie moldave et c’est également un secteur prioritaire pour Microinvest. Comment l’année 2020 a-t-elle affecté vos clients et votre organisation ?

Chaque année, le secteur agricole se développe et se modernise grâce à des entrepreneurs performants et des investissements responsables. 30% de notre portefeuille global de prêts et plus de 40% de notre portefeuille de prêts aux entreprises sont consacrés au secteur agricole, au soutien des entreprises et des exploitations agricoles, qui ont besoin d’investissements financiers pour une agriculture de qualité.

L’année 2020 a eu un impact majeur sur le secteur agricole moldave. directement impacté par la crise Covid-19, mais aussi par la sécheresse sans précédent que nous avons traversés. Les récoltes cette saison ont été très médiocres.

3. Comment avez-vous procédé pour aider le secteur agricole à faire face à ces crises ?

Microinvest a été parmi les premières organisations à renoncer aux pénalités, tant pour les entrepreneurs que pour les particuliers. Tout au long de cette période, nos experts ont évalué la situation de chaque entrepreneur. Nous avons fait preuve de souplesse pour trouver des solutions permettant de restructurer et de prolonger la durée des prêts, sans facturer de redevances.

Dès le début de la crise, nous avons continué à prêter aux agriculteurs pour leur permettre d’entreprendre la saison agricole à la date prévue. Malgré les difficultés, certains de nos clients ont réussi à développer des activités familiales prospères et à tirer de bons résultats des investissements réalisés.

4. Microinvest est financé par la Fondation Grameen Crédit Agricole (FGCA) depuis 2020. Comment la Fondation a-t-elle soutenu votre organisation pendant cette pandémie ?

Microinvest a commencé les interactions avec la FGCA en 2019 et a signé le premier accord de prêt en mai 2020, au plus fort des restrictions de confinement imposées par la plupart des pays.

Ce premier prêt octroyé par la Fondation a donné une impulsion aux autres prêteurs, prouvant que même les nouveaux prêteurs étaient convaincus de notre stabilité financière et de notre capacité à réagir à la crise. Le deuxième prêt a déjà été décaissé en mars 2021.

La Fondation a maintenu une communication transparente avec nous, a été à l’écoute de nos besoins et a soutenu la recherche de solutions adaptées. Nous considérons la Fondation comme un partenaire fiable, c’est pourquoi nous prévoyons de développer et de renforcer cette coopération à l’avenir.

5. Quelles seront vos priorités stratégiques pour les années à venir ? Quelle place accordez-vous à la digitalisation ?

La digitalisation occupe une place privilégiée dans notre stratégie de communication et de développement. Nous suivons une approche équilibrée en combinant l’automatisation digitale avec des échanges personnalisés avec les clients, des visites de terrain et des interactions directes.

Les entrepreneurs apprécient l’expertise et la richesse d’une approche personnalisée qui permet de proposer des solutions financières sur mesure. En parallèle, nous avons tendance à opter pour la digitalisation massive des services de détail, ce qui simplifie le processus de prêt et permet à nos clients de gagner un temps précieux.

Nous sommes convaincus que l’agriculture en Moldavie est l’un des piliers stratégiques de notre pays. Nous soutenons les personnes physiques et morales dans leurs projets de croissance et de transformation des entreprises. En 2021, nous avons mis en place une offre spéciale pour les clients commerciaux – des crédits non garantis jusqu’à 1 700 000 MDL, afin qu’ils puissent atteindre leurs objectifs en toute confiance.

Les agriculteurs et nous-mêmes attendons beaucoup de la nouvelle saison agricole. Une bonne année donnera une impulsion supplémentaire au secteur agricole, mais aussi une volonté accrue d’investir dans la modernisation des pratiques agricoles, en achetant de nouveaux équipements plus performants.

En savoir plus sur Microinvest.

COVID-19 : La gouvernance de la Fondation pendant la crise sanitaire

 

Coup de projecteur sur l’interview croisée de Sylvie Lemmet, Présidente du Comité Finance, Risques et Impact, Jérôme Brunel, Président du Comité Conformité et Contrôle interne, et Bernard Lepot, Président du Comité d’Investissement, à découvrir dans le Rapport intégré 2020 de la Fondation.

En vous remémorant le moment de la survenance de la crise, pouvez-vous nous dire quelle fut à ce moment-là votre perception ?

Bernard Lepot : Dès le mois de mars nous avons tous compris que nous étions en « terra incognita » pour une durée indéterminée avec des conséquences systémiques peu lisibles. Tous les continents étaient touchés dont l’Afrique et l’Asie où nous avons l’essentiel de nos activités. Le risque de fortes difficultés de nos partenaires étaient probables avec possiblement d’importantes provisions pour la Fondation. Malgré cette absence de visibilité, il fallait, pour le Conseil, définir rapidement la posture de la Fondation que nous résumons ainsi : soutien à nos partenaires existants et concertation avec les autres prêteurs internationaux.

Sylvie Lemmet : En mars dernier, nous étions dans l’inconnu total. Avec le sentiment que la crise allait frapper fortement les pays en développement et que nous allions être confrontés à des faillites potentielles et des pertes pour la Fondation. Nous étions inquiets pour nos partenaires.

Jérôme Brunel : Je craignais que l’impact de la pandémie, dont je pensais qu’elle allait affecter plus fortement les pays en voie de développement ou émergents moins développés –ce qui n’a d’ailleurs pas été confirmé–, fragiliserait la solidité des contreparties de la Fondation entraînant un montant substantiel de provisions, ce qui n’a pas été le cas jusqu’à présent grâce à la résilience des organisations soutenues ainsi qu’à la coordination et les actions communes des différents acteurs du secteur de la finance inclusive.

Quel a été le rôle du Comité que vous présidez dans ce contexte ?

J.B. : Le Comité de Conformité et de Contrôle interne a joué pleinement son rôle en adaptant le dispositif de contrôle interne à la montée des risques Covid-19, en organisant une formation sur les méthodes de restructuration de dettes, en adaptant la politique de provisionnement et en approfondissant la collecte des informations sur les clients finaux de nos contreparties. Mais à vrai dire, c’est surtout le Comité des Finances, Risques et Impacts qui avait le rôle premier dans la mobilisation de la gouvernance de la Fondation pour faire face aux conséquences de la pandémie.

S.L. : Le Comité Finance, Risque et Impact (FRI) comprend déjà le Président du Comité de Conformité et de Contrôle interne parmi ses membres. L’an dernier, nous avons immédiatement senti le besoin de faire le lien avec le Comité d’Investissement et son Président a aussi siégé dans le Comité FRI. L’évolution de la gouvernance avec ce comité ad hoc s’est révélée extrêmement positive. Cela nous a permis de construire ensemble et avec le Comité de Direction de la Fondation une bonne compréhension de la situation globale (l’impact sur le portefeuille, la liquidité et la marge) et une doctrine d’intervention, que nous avons faite évoluer au fur et à mesure de la crise. L’objectif : fournir l’oxygène nécessaire à nos partenaires tout en « monitorant » le risque de défaut de remboursement.

B.L. : Une fois la feuille de route établie, le Comité d’Investissement a continué à se réunir tous les mois mais en visio-conférence avec une activité de nouveaux dossiers bien sûr réduite mais avec un suivi rapproché des reports d’échéance accordés aux institutions de microfinance qui en faisaient la demande et plus généralement, un suivi du risque renforcé. Le Conseil avait également décidé la création d’une instance ad hoc réunissant les 3 Présidents des Comités spécialisés pour examiner et approfondir les adaptations éventuelles de la stratégie de la Fondation. Cette structure s’est réunie plusieurs fois permettant les échanges avec les équipes et l’éclairage du Conseil avant décisions.

Un an après, quels sont les enseignements que vous tirez de cette expérience et quelles perspectives voyez-vous pour la Fondation en 2021 ?

S.L. : Un an après, je suis avant tout rassurée par la qualité des femmes et des hommes qui forment l’exécutif de la Fondation et qui ont su réagir avec beaucoup de souplesse, de professionnalisme et d’engagement dans une situation inédite. Nous avons su maîtriser les risques financiers sans abandonner nos partenaires en difficulté. Nous avons pu tester la résilience des organisations soutenues, ce qui rassure à la fois sur leur qualité et sur la résistance du secteur de la microfinance face aux chocs. C’est d’ailleurs un point qu’il faudra creuser pour mieux comprendre les mécanismes qui se sont mis en oeuvre localement et l’impact social réel derrière la bonne performance financière. Pour 2021, nous espérons tous le retour d’une situation moins chaotique et la reprise des activités. Il faudra tirer les leçons des instructions à distance et jongler avec une activité qui semble reprendre mais des déplacements qui restent limités. La pandémie n’est pas encore derrière nous, mais j’espère qu’elle restera sous contrôle dans nos pays d’intervention.

J.B. : La crise sanitaire a montré d’abord, la solidité des engagements pris par la Fondation, c’est-à-dire le choix judicieux de ses contreparties. Ensuite, la qualité de la réaction de l’équipe –et de son Délégué général– pour s’adapter à ce contexte inédit, aidée par la mobilisation de son Conseil et de ses Comités spécialisés. Enfin, l’engagement de la Fondation à continuer malgré cet environnement « hostile » l’activité de prêteur et à soutenir les institutions de microfinance par une initiative internationale pour harmoniser les politiques des autres prêteurs et par un travail précis de dialogue avec chacun des emprunteurs.

B.L. : Un an après, il convient de souligner la remarquable mobilisation et adaptation des équipes de la Fondation avec une grande collaboration entre les différentes fonctions. A ce jour, il faut noter aussi la grande résilience de notre portefeuille, peut-être même au-delà de ce que nous pensions. Une bonne information et implication du Conseil lui a permis d’exprimer sans réserve son soutien et sa solidarité à la stratégie et aux actions de la Fondation. Pour 2021 les choses sont toujours très incertaines avec peut-être une meilleure visibilité au 4e trimestre, mais là encore rien n’est sûr. Espérons que 2021 sera une année de transition permettant de reprendre nos activités de développement en 2022.

Téléchargez le Rapport Intégré 2020 ici.

En 2020, la Fondation a renforcé son activité d’assistance technique

Par Violette Cubier, Responsable AT, Fondation Grameen Crédit Agricole

En 2020, nous poursuivons le développement de notre troisième métier : l’assistance technique au bénéfice de nos partenaires. Nos missions d’assistance technique ont contribué au renforcement institutionnel et à la résilience des partenaires dans ce temps de crise.

La Fondation appuie ses partenaires via différents programmes d’assistance technique. Cet accompagnement porte sur des thématiques variées telles la gestion des opérations et des ressources humaines, la gouvernance, la gestion financière, la planification stratégique, la digitalisation des opérations et produits, le lancement de nouveaux services, la gestion des risques ou encore la gestion de la performance sociale et environnementale.

La Fondation s’est mobilisée tout au long de l’année 2020 pour assurer un accompagnement rapproché de ses partenaires. Les missions d’assistance technique ont ainsi été adaptées pour répondre aux priorités et aux urgences auxquelles les partenaires ont dû faire face (gestion de la liquidité et de la qualité du portefeuille, plans de continuité des activités), mais aussi pour les accompagner dans leur reprise d’activité, leurs réflexions stratégiques et les transitions nécessaires pour faire face à la crise (digitalisation, renforcement des activités en zone rurale). Nous avons aussi mis en place des actions communes avec d’autres acteurs comme la SIDI et le Fonds Fefisol avec lesquels nous avons organisé des formations en faveur d’une cinquantaine d’organisations en Afrique.

L’année 2020 a également été marquée par un fort développement de nos activités d’assistance technique, avec une montée en puissance des programmes existants et le lancement de nouveaux programmes. Grâce aux nouveaux programmes, la Fondation a étendu les zones géographiques d’intervention en assistance technique et a adressé plus activement des enjeux clé tel s le développement des économies rurales, l’adaptation face au changement climatique ou l’inclusion financière des réfugiés.

La coordination des activités d’assistance technique constitue désormais un axe majeur d’intervention de la Fondation, pour contribuer au renforcement institutionnel de ses partenaires et pour les accompagner dans leurs transitions économique, écologique et digitale et ainsi démultiplier leur impact sur le terrain.

Plus d’informations : //www.gca-foundation.org/assistance-technique

Téléchargez le Rapport Intégré 2020

Le risque de crédit persistant : une menace pour la solvabilité des institutions de microfinance ?

ADA, Inpulse et la Fondation Grameen Crédit Agricole se sont associés en 2020 pour suivre et analyser les effets de la crise liée au Covid-19 sur leurs institutions de microfinance partenaires dans le monde. Ce suivi a été réalisé périodiquement tout au long de l’année 2020 afin d’avoir une meilleure vision de l’évolution de la crise à l’international. Nous prolongeons ces travaux cette année, à un rythme trimestriel. Les conclusions exposées dans cet article font suite au premier trimestre 2021. Avec cette analyse régulière, nous espérons contribuer, à notre niveau, à la construction de stratégies et de solutions adaptées aux besoins de nos partenaires, ainsi qu’à la diffusion et à l’échange d’informations entre les différents acteurs du secteur.

En résumé

Les résultats présentés dans les pages suivantes proviennent de la sixième enquête de la série commune (1) à ADA, Inpulse et la Fondation Grameen Crédit Agricole. Les réponses de nos institutions de microfinance partenaires ont été rassemblées lors de la deuxième quinzaine d’avril 2021. Les 87 institutions qui ont répondu sont situées dans 47 pays d’Europe de l’Est et d’Asie centrale (EAC-25%), d’Afrique subsaharienne (SSA-29%), d’Amérique latine et Caraïbes (LAC-25%), d’Asie du Sud et du Sud-Est (SSEA-13%) et du Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA-8%) (2) .

Alors que l’amélioration générale des contextes locaux liés à la COVID-19 permet aux institutions de microfinance de mieux mener leurs activités, notre dernière enquête montre que les IMF ont néanmoins eu beaucoup de difficultés à atteindre leurs objectifs de développement au premier trimestre 2021. Les raisons évoquées sont principalement liées aux difficultés rencontrées par les clients des IMF. Ces derniers sont réticents à s’engager avec de nouveaux emprunts, et s’ils le font c’est avec des montants moindres que par le passé. Dans le même temps, leur profil de risque s’est détérioré à cause de la crise et les IMF auront plus de difficultés à les financer.

Cette tendance générale de la hausse du risque s’est matérialisée par une baisse de la qualité du portefeuille des IMF. En 2020, elle s’est ultimement répercutée sur les comptes de résultats des institutions avec une augmentation des dépenses de provisionnement. Cela sera vraisemblablement à nouveau le cas cette année, avec des réserves additionnelles mais également la radiation de prêts.

De fait, les opérations des IMF ont été réduites ou ralenties, avec en général une baisse du niveau de leurs fonds propres. C’est en effet une IMF sur deux qui indique avoir des besoins en capital en 2021, et ce quelle que soit la taille. Deux tendances se dégagent alors : les IMF comptent sur leurs actionnaires actuels pour couvrir les pertes liées à la crise. En revanche, les investisseurs internationaux sont attendus pour soutenir leur développement dès cette année. Les réponses formulées par nos partenaires soulignent donc l’enjeu de recapitalisation nécessaire cette année, ce qui impliquera l’ensemble des acteurs du secteur.

1. Malgré la réduction des contraintes, des niveaux de déboursement en demi-teinte

Alors que nous constatons depuis l’été 2020 le progressif mais certain recul des contraintes opérationnelles pour les IMF, ce phénomène se poursuit au premier trimestre 2021. Au total, 50% des IMF indiquent que les mesures en place dans leurs pays sont moins contraignantes en avril par rapport à la fin d’année 2020. Ce point est particulièrement marqué en Afrique subsaharienne (64% des répondants de la zone) et l’Amérique Latine et les Caraïbes (59%). Cela se retrouve dans une moindre mesure pour les IMF d’Europe et Asie Centrale, où la situation est soit en amélioration, soit stable. Enfin, la situation est opposée en Asie du Sud et du Sud-Est, avec 45% des répondants de la zone qui signalent un contexte plus difficile, les situations cambodgiennes et birmanes pesant notamment sur les résultats.

 

Dans l’ensemble, ce sont même près de la moitié des sondés qui indiquent ne rencontrer plus aucune contrainte opérationnelle pour mener leurs activités. Cela se reflète dans la reprise d’activité des IMF : 52% de celles d’Afrique subsaharienne peuvent travailler comme avant la crise. En Amérique Latine, c’est une vaste majorité d’entre elles qui reprennent l’activité progressivement depuis les premières difficultés rencontrées. En Europe et Asie Centrale, la situation est partagée à nouveau, entre reprise progressive ou quasi-complète. A l’inverse, pour les IMF de la région SSEA, le contexte dégradé se matérialise dans des activités, soit toujours contraintes, soit à nouveau affectées par de nouvelles mesures d’endiguement de l’épidémie.

Malgré ces signaux positifs et continus sur le niveau d’activité de nos partenaires, il s’avère que le niveau de déboursement de prêts prévu pour le trimestre est encore difficile à atteindre. Ainsi, 55% des sondés indiquent ne pas avoir atteint leurs objectifs de déboursements de prêts au premier trimestre 2021. Seulement 10% des sondés ont dépassé leurs attentes, tandis 35% ont réussi à remplir leurs objectifs. Les réponses ne semblent pas liées uniquement à la reprise des activités : par exemple, 80% des IMF d’Afrique subsaharienne n’ont pas atteint leurs objectifs de déboursements au premier trimestre alors que la moitié dit avoir repris un niveau d’activité proche de celui d’avant la crise.

Lorsque les IMF n’ont pas atteint leurs objectifs de croissance en début d’année, trois raisons ressortent pour expliquer ce phénomène. Tout d’abord, le fait que les clients soient encore réticents à prendre de nouveaux prêts (58% de ce groupe), en particulier dans un contexte toujours assez incertain. Ensuite, cela s’explique par le profil de risque des clients qui s’est détérioré (50%), et qui ne sont plus éligibles à des prêts, ou alors le sont pour des montants moins importants (38%).

Ces deux derniers arguments sont également mentionnés par les IMF qui ont atteint leurs objectifs sans les dépasser. Néanmoins, cette dynamique est compensée en partie par le fait que les institutions se sont ajustées face à la crise et ont mis en place des produits adaptés (digital, secteurs ciblés…) aux contextes actuels pour répondre à la demande (47%).

Enfin, la tendance est bien différente pour les IMF qui ont dépassé leurs objectifs de déboursement : le facteur principal est la forte demande reçue (78%), tandis que l’ajustement de l’offre (33%) et la hausse des montants sollicités (22%) soutiennent cette tendance.

2. Un risque crédit toujours élevé continue d’avoir un impact significatif sur la profitabilité des institutions

En parallèle de ces problématiques de décaissements de prêts, le sujet du risque de crédit reste l’enjeu majeur pour 64% de nos IMF partenaires, comme nous le constatons depuis le début de notre série d’enquêtes. Si les retards de paiement par les clients peuvent encore provenir de moratoires toujours en cours (20% des sondés, particulièrement dans les régions Asie du Sud et du Sud-Est, et Amérique Latine et Caraïbes), la sortie de moratoire s’est traduite majoritairement par un passage du portefeuille « moratoire » au portefeuille à risque, soit comme prêts impayés, soit comme prêts restructurés. Au total, 61% des sondés indiquent que moins de 90% de leurs clients repaient leurs prêts, et 25% sont concernés par des taux de remboursements inférieurs à 70%.

Une autre difficulté principale est la baisse de la profitabilité des IMF depuis le début de la crise de la COVID-19. A la fin du Q1 2021, 55% de nos partenaires soulèvent ce point. Dans le détail, on découvre qu’une part des sondés a réussi à conserver une certaine profitabilité en 2020, grâce à certaines mesures (33% – indiqué en vert dans le graphique ci-dessous). Nous retrouvons ensuite un groupe d’institutions (49% – indiqué en orange) pour lesquelles un impact sur la profitabilité a été ressenti, mais sans mettre en danger l’institution. Enfin, un dernier groupe se détache (18% – indiqué en rouge), dans une position moins favorable puisque les pertes engrangées en 2020 ont des conséquences directes sur les fonds propres des institutions. Parmi celles-ci, cela implique même pour certaines que le capital de l’entreprise passe sous des niveaux planchers exigés de la part du régulateur ou des financeurs.

 

Le provisionnement du portefeuille à risque ressort en fait comme le facteur principal d’impact sur la profitabilité (61%). Cela a d’ailleurs pu entrainer pour une partie des institutions (26%) un bris d’engagement contractuel avec ses bailleurs de fonds. Au même moment, on ne constate encore que peu de radiations massives de prêts, puisque seulement 13% des sondés ont déjà recours à l’annulation de dettes de manière plus importante par rapport aux années précédentes.

Cependant, l’impact du risque de crédit sur la rentabilité des IMF devrait se poursuivre dans les mois à venir. La radiation de prêt dans de fortes proportions, supérieurs aux standards habituels, devrait concerner 25% de nos partenaires sondés. Dans le même temps, 24% prévoient que le provisionnement du PAR, notamment par la sortie de moratoire, va continuer à avoir de fortes conséquences sur leur résultat financier. Soulignons enfin que le vieillissement du portefeuille à risque actuel pourrait également entrainer des dépenses de provisionnement supplémentaires.

3. Des fonds propres sous tension mènent à la recherche d’investisseurs

La baisse de la profitabilité, qui pourrait donc se poursuivre dans un futur proche sans amélioration du risque de crédit, doit s’analyser à court et à long terme. A court terme, la maitrise du portefeuille à risque est un enjeu majeur pour éviter une (nouvelle) dégradation de la rentabilité. Cela se répercute alors directement sur les opérations des IMF. D’après nos partenaires, ce constat a en effet majoritairement amené à revoir à la baisse les projections de croissance (55%) pour les prochaines années. Il ressort également que la gestion du risque passe par une attention particulière portée au type d’activité des clients (31% ont suspendu des déboursements vers certains secteurs – souvent le tourisme, le commerce international, etc.) et aux critères d’éligibilité (29%). Cette prudence accrue reflète l’emphase actuellement mise sur la gestion du risque.

L’autre angle de réflexion, à plus long terme, pose la question de la solvabilité des institutions de microfinance face à des revenus en baisse ou des pertes à encaisser. Aujourd’hui, une majorité d’institutions (61%) n’ont pas pris de mesures concernant leurs fonds propres depuis le début de la crise. Lorsque ce fut le cas, ce sont les actionnaires existants qui ont apporté du soutien aux IMF, tandis que les dettes subordonnées (fonds propres tiers 2) ont également été mises en place, dans une moindre mesure.

Pourtant, une très forte partie de ces institutions (48%) fait état de besoin au niveau des fonds propres en 2021. Cette importante proportion témoigne de l’étendue du support nécessaire au sein du secteur pour assurer son développement. Il ne ressort d’ailleurs pas de véritable archétype de l’IMF qui souligne cette attente de soutien au haut de bilan en 2021 : quelle que soit la taille des IMF, environ la moitié de chaque catégorie de Tiers exprime des besoins de capital.

Pour subvenir à ces attentes de capital, les types d’actionnaires vers lesquels les institutions de microfinance souhaitent s’orienter dépendent de la raison pour laquelle cet appui est nécessaire. Ainsi, concernant les institutions mentionnant un besoin de soutien au niveau des fonds propres 2021, nous constatons que lorsque l’IMF a besoin d’aide pour couvrir des pertes, elle s’oriente alors en très vaste majorité vers ses actionnaires existants (83% des cas, 10/12). En revanche, lorsque les IMF cherchent du soutien pour continuer à se développer, elles feront alors plus appel à des investisseurs internationaux (56% des cas, 14/25), au-delà de l’apport potentiel des actionnaires existants. Enfin, notons que la dette subordonnée peut être favorisée par rapport à une injection de capital, cette option étant mentionnée par 5 institutions.

 

L’ensemble des réponses de nos partenaires laissent donc penser que l’impact de la crise, par le risque de crédit, crée logiquement des besoins en fonds propres pour une grande proportion d’entités, puisqu’elles font face soit à des pertes financières, soit à une limitation de leur capacité de reprise. Alors que 41% des sondés disent vouloir se concentrer en priorité sur l’amélioration de la qualité du portefeuille cette année, nos partenaires rappellent ici le rôle essentiel que devront jouer les investisseurs internationaux et actuels dans le maintien d’un niveau de capitalisation satisfaisant et propice à leur développement.

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(1) Les résultats des cinq premières enquêtes sont accessibles ici : //www.gca-foundation.org/observatoire-covid-19/, //www.ada-microfinance.org/fr/crise-du-covid-19/ et //www.inpulse.coop/news-and-media/
(2) Nombre d’IMF répondantes par région: EAC 22 IMF ; SSA 25 IMF ; LAC 22 IMF ; SSEA 11 IMF ; MENA : 7 IMF.
(3) Tiers 1 signifie que l’IMF gère un portefeuille supérieur à 50 millions de dollars, Tiers 2 s’applique aux portefeuilles de 5 à 50 millions de dollars et Tiers 3 concerne les portefeuilles inférieurs à 5 millions de dollars.

Mission Banquiers Solidaires à pourvoir en faveur d’Oshun Sénégal

Une nouvelle mission d’appui logistique/achats est à pourvoir en faveur de Oshun Sénégal. Celle-ci sera d’une durée de 10 jours, à partir de juin 2021, d’abord à distance depuis la France puis sur le terrain au Sénégal si les conditions sanitaires le permettent.

Banquiers Solidaires est un programme de mécénat de compétences lancé par la Fondation Grameen Crédit Agricole et Crédit Agricole S.A., ouvert à tous les collaborateurs du groupe Crédit Agricole. L’objectif est double : d’une part, accompagner avec de l’assistance technique les institutions de microfinance et les entreprises à impact social financées par la Fondation, et d’autre part, mettre à disposition les compétences des collaborateurs du Groupe désireux de s’investir dans de projets à fort impact social. Les missions peuvent se dérouler pendant le temps de travail du Banquier Solidaire (parrainage par l’employeur du Banquier Solidaire) ET/OU pendant les vacances (volontariat).

Créé en mars 2018, Oshun est une entreprise sociale qui propose des solutions inclusives, notamment sous forme de kiosques à eau fonctionnant à l’énergie solaire, permettant aux populations les plus sensibles un accès à l’eau saine tout en favorisant la mise en place d’un écosystème local communautaire et vertueux. Oshun Sénégal achève un processus de structuration administratif et RH et souhaite renforcer ses fonctions supports, en premier lieu le suivi de la logistique et des achats.

L’expert du Crédit Agricole sélectionné soutiendra Oshun à partir de juin 2021 dans la mise en place des procédures visant à simplifier et sécuriser la logistique, la gestion des achats et de l’approvisionnement, et renforcer les collaborateurs concernés. Le Banquier Solidaire doit avoir une solide expérience en logistique et gestion des achats et, idéalement, une expérience de formation et coaching dans le domaine des achats.

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Comment y postuler ?

Pour découvrir les offres détaillées des missions :

  1. Allez sur le site CA Solidaires “Trouver sa mission
  2. Rentrez dans la barre de recherche : “Fondation Grameen”. Toutes les offres de Banquiers Solidaires apparaîtront !
  3. Cliquez sur l’offre de votre choix, vous y trouverez toutes les informations nécessaires à votre candidature.

Plus d’information : cécile.delhomme@credit-agricole-sa.fr

Regards croisés : 2020, une année marquée par la crise de la Covid-19

Par Jean-Marie Sander, Président de la Fondation Grameen Crédit Agricole jusqu’en mars 2021 et
Raphaël Appert, Président de la Fondation Grameen Crédit Agricole depuis mars 2021 &
Vice-Président de Crédit Agricole SA et Fédération Nationale du Crédit Agricole

Il y a un peu plus de 30 ans, Michel Serres partageait avec nous la nécessité d’un « Contrat naturel » analogue au « Contrat social » qui appelait à une réconciliation entre l’homme, la nature et le vivant. L’année 2020 fut terrible pour les économies fragiles.

La bonne santé de la Fondation, qui s’est adaptée tout au long de l’année aux effets économiques de cette crise, n’est pas le miroir des drames qui se sont joués et qui se jouent encore dans les territoires de nos partenaires où les amortisseurs sociaux sont quasi inexistants. Face à la pandémie et à son impact sur la vie au quotidien, la solidarité familiale fut souvent le rare soulagement trouvé par les populations à très faibles revenus.

Bien que son origine anthropocentrique reste encore à démontrer, cette crise sanitaire nous invite à la prise de conscience de notre inclusion dans la nature, nous rappelle à notre humilité face à l’ordre naturel et nous confie le soin non seulement de développer l’humanité mais aussi de la maintenir.

Les effets économiques de la pandémie ont affecté le monde entier mais plus particulièrement les populations vulnérables : selon les chiffres de la Banque Mondiale, ils pourront rapidement entraîner 150 millions de personnes dans l’extrême pauvreté. En ce qui nous concerne, nous éviterons de nous auto-satisfaire d’une capacité probable à retrouver un semblant de croissance économique, dont nous savons tous qu’elle n’atteindra pas rapidement et équitablement les populations les plus fragiles.

Dans cette reprise économique, la Fondation se mobilisera toute entière en 2021 car beaucoup d’efforts restent encore à faire pour essayer de modifier la machine à créer des inégalités face aux drames. Pour cela, nous devrons compter sur notre professionnalisme, notre détermination et sur les valeurs qui guident notre action au quotidien.

C’est avec cette ambition que nous avons créé la Fondation avec le Professeur Yunus en 2008. C’est toujours avec cette même ambition que nous continuerons à nous engager dans les mois qui viennent.

La Fondation publie son Rapport intégré 2020

La Fondation Grameen Crédit Agricole publie son Rapport intégré 2020 qui retrace les moments forts et les chiffres clés de cette année marquée par la crise sanitaire et économique liée à la Covid-19. Grâce à un suivi rapproché et à une étroite collaboration avec ses partenaires et d’autres acteurs du secteur de la finance inclusive, la Fondation clôture l’année avec un bilan solide.

Au 31 décembre 2020, la Fondation gérait 81,2 millions d’euros d’encours en faveur de 75 institutions de microfinance et 12 entreprises sociales dans 39 pays. L’entrepreneuriat des femmes et le développement des économies rurales restent au cœur de l’action de la Fondation : 73% des 7,3 millions de bénéficiaires des institutions soutenues sont des femmes et 85% vivent en zones rurales.

Depuis le début de la crise, la Fondation a réalisé des enquêtes auprès des organisations soutenues pour comprendre l’impact de la crise et mieux répondre à leurs besoins[1]. La Fondation a également initié une coordination globale avec d’autres acteurs autour des principes clés pour protéger les institutions de microfinance et leurs clients face à la crise. A ce jour, 30 bailleurs de fonds, investisseurs et plateformes ont signé de l’engagement de la Coalition.

Grace à ce dialogue permanent avec ses partenaires et ses paires, la Fondation a mis en place plusieurs mesures adaptées pour soutenir le secteur. Elle a ainsi accordé des reports d’échéance à 29 partenaires, principalement des institutions de microfinance pour un montant total de 9,4 millions d’euros. En 2020, la Fondation a aussi accompagné les organisations avec 93 missions d’assistance technique[2], sur des sujets prioritaires comme les plans de continuité mais aussi sur des thématiques comme la digitalisation, indispensable pour la reprise de leurs activités.

La Fondation a pu compter sur l’appui de ses bailleurs de fonds pour renforcer son action en 2020. Elle a obtenu des financements de Proparco, de la Banque européenne d’investissement (BEI) et de Crédit Agricole CIB pour constituer une enveloppe Covid-19 et accompagner la reprise économique de ses partenaires.

En 2020, la Fondation a aussi travaillé aux côtés du groupe Crédit Agricole. Via un nouveau schéma de coopération avec Crédit Agricole Roumanie, de nouveaux financements octroyés via le FIR –Fonds en microfinance du Groupe– et le programme de volontariat de compétences Banquiers solidaires, la Fondation et le Crédit Agricole ont renforcé leurs actions pour l’inclusion financière des populations les plus fragiles. Une mission qui restera prioritaire dans cette année de reprise que constitue 2021.

Télécharger le Rapport

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[1] Les résultats des enquêtes et d’autres ressources sont publiés dans l’Observatoire Covid-19 de la Fondation : //www.gca-foundation.org/observatoire-covid-19/
[2] Plus d’informations sur l’offre d’assistance technique de la Fondation : //www.gca-foundation.org/assistance-technique/

Le rôle de la Fondation Grameen Crédit Agricole pour répondre à la crise

©Godong

Soukeyna Ndiaye Bâ est membre du Conseil d’administration de la Fondation depuis sa création. Engagée dans la promotion des femmes entrepreneures depuis plus de 20 ans, elle est également directrice exécutive d’INAFI (International Network of Alternative Financial Institutions), un réseau mondial d’organisations qui soutiennent des programmes de microfinance. Abdul Hai Khan est membre du Conseil d’administration et Directeur général de Grameen Trust. Il est également membre du Conseil d’administration de différentes organisations de microfinance et d’entreprises sociales en Australie, au Bangladesh, en Chine, en France, en Inde, au Kosovo, en Italie, aux États-Unis et au Yémen.

1/ Administrateurs de la Fondation, vous êtes aussi tous les deux des experts internationaux et des praticiens de la microfinance. Pouvez-vous partagez avec nous votre analyse de la crise et plus particulièrement sur les territoires que vous connaissez bien ?

Soukeyna Ndiaye Bâ : En Afrique, le bilan aujourd’hui est de près de 100 000 décès et plus de 3,7 millions de personnes infectées, chiffres qui ne révèlent pas la réalité dans le continent parce qu’il n’y a pas un dépistage massif faute de moyens. En raison des restrictions et des fermetures de frontières pour contenir la pandémie, le continent africain n’a pas échappé à la crise. Dans ce contexte, les petits entrepreneurs, les agriculteurs et les acteurs du secteur informel sont évidemment directement affectés. En première ligne : les femmes, en milieu rural comme en milieu urbain, qui sont très actives dans le secteur informel. Au Sénégal, par exemple, 94% des femmes entrepreneures opèrent dans le secteur informel. En milieu rural, en plus de la gravité de la situation économique, la précarité sanitaire et la difficulté d’accès aux soins déjà alarmantes risquent d’empirer.

Abdul Hai Khan : On estime actuellement le nombre de décès en Asie à environ 417 000, tandis que le nombre de cas d’infection s’élève à plus de 26 millions. Les écoles en Asie de l’Est et dans le Pacifique ont été complètement fermées pour plus de 25 millions d’enfants pendant presque une année entière. Le Covid-19 a freiné la croissance en Asie de l’Est et dans le Pacifique (AEP) en réduisant considérablement l’activité économique, notamment le tourisme et le commerce. Selon les prévisions, la croissance de la région AEP, hormis la Chine, devrait ralentir à 1,3% en 2020, contre 4,7% en 2019. Des millions de ménages ont été touchés par la perte d’emplois et de revenus (y compris les envois de fonds), alors qu’ils doivent encore couvrir leurs dépenses de première nécessité ou assurer le remboursement de leurs dettes. De ce fait, le pourcentage de personnes pauvres a augmenté.

2/ Comment la microfinance et l’entrepreneuriat social atténuent-ils les effŠets de la crise économique ?

A.H.K. : En facilitant l’accès aux services essentiels, les institutions de microfinance et les entreprises sociales renforcent la résilience des populations à faibles revenus, notamment les petits entrepreneurs travaillant dans les secteurs formels et informels et les petits exploitants agricoles. Elles sont donc essentielles pour protéger les populations les plus vulnérables, sévèrement touchées par les effets de la crise économique et sanitaire lors de la pandémie Covid-19. Pour faire face à cette pandémie, de nombreuses institutions de microfinance ont innové et renforcé leur soutien à leurs clients. Elles ont par exemple fait une restructuration des prêts pour mieux accompagner les clients les plus affectés et ont accéléré leur transformation numérique, en introduisant ou en améliorant les transactions sans espèces via les canaux bancaires mobiles et en créant des agences en ligne.

3/ À quoi peut-on s’attendre dans les années à venir ?

A.H.K. : L’ampleur des dégâts engendrés par la pandémie Covid-19 dans le monde est considérable. Cependant, elle nous o¯re une opportunité unique d’améliorer, voire de redéfinir, nos structures économiques en nous appuyant sur une conscience sociale et environnementale. Nous ne devrions pas parler d’un programme de “redressement”, mais d’un programme de “reconstruction”. Dans ce plan de reconstruction global, l’entrepreneuriat social peut jouer un rôle essentiel, car il peut être un levier pour transformer les personnes sans emploi en entrepreneurs. L’inclusion financière peut contribuer à ce que la reprise économique s’accompagne d’un développement social.

S.B. : Le monde est menacé de récession et de crises alimentaires et sociales. La construction du monde « après Covid » doit donc être aussi multisectorielle et centrée sur l’innovation. Il faut tirer des leçons des problèmes rencontrés lors de cette crise : mieux évaluer et anticiper les risques, renforcer nos modèles socioéconomiques et repenser nos politiques publiques pour protéger davantage les populations les plus vulnérables. Les femmes entrepreneures auront un rôle primordial à jouer dans la dynamisation de l’économie. Soutenir l’entrepreneuriat féminin sera un levier pour renforcer l’autonomisation des femmes et le développement des économies rurales et urbaines. Le digital sera un outil majeur pour promouvoir l’entrepreneuriat, moderniser, développer et innover.