Grameen Family Gathering

Grameen Family, Paris, February 11, 2026, ©Philippe Lissac

Les 11 et 12 février s’est tenue à Paris la toute première Rencontre de la Famille Grameen, marquant un moment historique dans le parcours collectif vers un monde 3 zéros, Zéro pauvreté, Zéro chômage et Zéro émission nette de carbone.

L’événement a réuni plus de 60 participants issus de 25 organisations de 18 pays pour renforcer leurs liens et amplifier leur impact collectif. Les participants ont partagé diverses expériences du monde entier se concentrant sur l’inclusion financière, l’autonomisation des femmes, le digital, les stratégies d’action climatique, etc.

Cette rencontre représente la première étape vers un écosystème Grameen plus interconnecté qui honore son héritage commun du Prof. Muhammad Yunus tout en embrassant l’innovation nécessaire pour relever les défis du 21ème siècle. Les ateliers et discussions ont souligné que la coopération est essentielle pour aborder les problèmes mondiaux complexes, les participants reconnaissant que leur diversité constitue aussi leur force.

L’événement a renforcé la conviction fondamentale de Grameen : lorsque l’on fait confiance aux personnes, elles sont à la hauteur. Ce principe s’étend également aux institutions, la rencontre servant d’appel à transformer des valeurs partagées en actions communes.

 

 

 → Message Vidéo du Professeur Yunus

 → Discours d’ouverture de Mr. Md. Ashraful Hassan

 → Discours d’ouverture de Mr. Raphaël Appert

 → Key Note Speech de Abdul Hai Khan

 → Discours de clôture du 1er jour de Mme. Véronique Faujour

 → Discours de clôture de Mr. Md. Ashraful Hassan

 → Présentation de l’événement

 → Document complet de l’événement

 → Photos

A l’écoute des femmes leaders dans le domaine de l’inclusion financière

Un enjeu fondamental pour la Fondation Grameen Crédit Agricole

Depuis sa création en 2008, la Fondation Grameen Crédit Agricole (Fondation GCA) poursuit la vision du professeur Muhammad Yunus selon laquelle l’inclusion financière des femmes constitue un puissant levier d’autonomisation. Malgré des progrès significatifs, 742 millions de femmes restent exclues du système financier mondial, et les PME détenues par des femmes font face à un déficit de crédit de 320 milliards de dollars, alors même qu’elles présentent des taux de prêts non performants inférieurs à ceux des hommes.

L’amélioration de l’accès des femmes aux services financiers génère un triple impact : renforcement du contrôle des femmes sur les ressources et la prise de décision, stimulation d’une croissance économique durable, et amélioration de la stabilité financière des ménages et du bien-être communautaire.

Comprendre les défis par l’écoute des femmes leaders

Lors d’un événement parallèle à la Semaine africaine de l’inclusion financière 2025 à Nairobi, la Fondation GCA a organisé une table ronde avec des femmes leaders issues d’institutions partenaires : Susan Chibanga (PDG d’Agora Microfinance Zambia), Josephine Namugga et Florence Mutonerwa (respectivement responsable finance et responsable du développement des produits chez UGAFODE Uganda).

Obstacles structurels et culturels

Les femmes font face à de multiples barrières : manque de garanties, connaissances limitées en finance et numérique, et manque de confiance. Dans les zones rurales, ces obstacles sont amplifiés par une mobilité restreinte et des droits de propriété limités. La fracture numérique aggrave ces difficultés, les femmes étant 8% moins susceptibles de posséder un téléphone portable et 14% moins susceptibles d’utiliser l’internet mobile dans les pays à faibles et moyens revenus.

Susan Chibanga a souligné l’importance cruciale du système de soutien : « Si le système de soutien n’est pas favorable, une femme peut réussir tout en se sentant exclue. Nous devons certes rendre l’accès égalitaire possible, mais cela ne fonctionnera pas pour les femmes si nous ne rendons pas cet accès souhaitable pour elles. »

Approches efficaces pour l’autonomisation

Les participantes ont plaidé pour des approches inclusives plutôt que réservées uniquement aux femmes. La transformation numérique représente un impératif stratégique, permettant aux femmes de gérer leurs transactions depuis leur domicile tout en jonglant avec leurs autres responsabilités.

Florence a souligné l’importance d’avoir des femmes à des postes décisionnels : « Lorsqu’une femme occupe un poste de direction, cela apporte une valeur ajoutée considérable à nos clientes, car une femme est mieux placée pour comprendre les besoins d’une autre femme. » L’objectif d’UGAFODE est de porter à 40% la proportion de clientes d’ici fin 2027.

Initiatives locales et partenariats

Les progrès réalisés par AMZ et UGAFODE s’appuient sur des environnements locaux favorables. En Zambie, la stratégie nationale d’éducation financière 2019-2024 et la stratégie nationale d’inclusion financière 2024-2028 ciblent spécifiquement les femmes issues de groupes vulnérables. En Ouganda, la Stratégie nationale d’inclusion financière 2023-2028 comprend un objectif stratégique axé sur l’inclusion des femmes.

Les partenariats sont essentiels pour développer des approches innovantes. UGAFODE lance, avec le soutien de la Fondation GCA, une étude sur la clientèle féminine pour augmenter leur proportion dans son portefeuille. Depuis que Women’s World Banking est devenue actionnaire, UGAFODE a également mis en place un plan d’action dédié au genre.

L’expérience de ces leaders féminines révèle que l’autonomisation des femmes nécessite une approche holistique prenant en compte non seulement l’accès aux services financiers, mais aussi les dynamiques culturelles et les systèmes de soutien. La Fondation GCA poursuit sa mission de faire de l’inclusion financière un puissant levier d’autonomisation pour les femmes et leurs communautés à travers le monde.

 

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Rediffusion Webinaire 21/01/2026

La Fondation Grameen Crédit Agricole et Proparco unissent leurs forces pour développer la microfinance dans les zones rurales africaines

Un engagement renforcé pour l’inclusion financière

La Fondation Grameen Crédit Agricole et Proparco sont fières d’annoncer la signature d’un nouveau contrat de prêt d’un montant de 15 millions d’euros. Ce financement majeur s’inscrit dans la stratégie de la Fondation Grameen Crédit Agricole visant à soutenir des institutions de microfinance opérant principalement dans les zones rurales du continent africain.

Cette collaboration témoigne de la volonté commune de nos deux institutions de contribuer activement au développement de services financiers inclusifs et durables dans des régions où l’accès aux services bancaires traditionnels reste limité.

Des objectifs clairs au service du développement

Ce nouveau partenariat financier poursuit trois objectifs principaux :

Soutenir les populations rurales

Le financement permettra de faciliter l’accès au crédit dans des zones où les services bancaires traditionnels sont souvent absents, contribuant ainsi à réduire les inégalités financières et à stimuler le développement économique local.

Favoriser l’autonomisation des femmes

L’autonomisation économique des femmes constitue un pilier stratégique pour nos deux institutions. Ce prêt soutiendra particulièrement les initiatives visant à renforcer l’entrepreneuriat féminin et l’indépendance financière des femmes en milieu rural.

Renforcer un partenariat de confiance

Ce nouveau jalon consolide un partenariat étroit et de longue date entre Proparco et la Fondation Grameen Crédit Agricole. Cette collaboration bénéficie également de garanties ARIZ et de fonds d’assistance technique, permettant d’accompagner les partenaires dans la durée avec une approche globale et intégrée.

Programme « Inclusion Financière pour les Réfugiés » en Ouganda : du Concept au Développement du Marché

Programme « Inclusion Financière pour les Réfugiés » en Ouganda : du Concept au Développement du Marché

La Fondation Grameen Crédit Agricole (FGCA) est engagée, aux côtés de son partenaire Proparco, dans une nouvelle phase stratégique de son programme dédié à l’Inclusion Financière pour les Réfugiés en Ouganda (2025-2027). Ce programme de trois ans capitalise sur les enseignements d’un programme pilote (2019-2023, cofinancé par la SIDA) qui a permis de prouver l’existence d’un modèle économique viable (ou business case) pour l’inclusion financière des réfugiés.

S’appuyer sur des Résultats Éprouvés

Le programme pilote a démontré que les réfugiés ont des comportements de consommation similaires aux autres populations et mènent des activités économiques durables, contredisant ainsi l’idée qu’ils seraient « non bancables ». Forts de ces résultats, la GCA et Proparco visent désormais le développement de ce marché émergent.

Objectifs du Programme

L’objectif principal est de s’appuyer sur les résultats prometteurs pour affiner les interventions et préparer une expansion plus large du marché en identifiant d’autres prestataires de services financiers (PSF) susceptibles d’être des candidats à l’investissement du secteur privé. Le programme vise à améliorer les moyens de subsistance durables et la viabilité du marché pour les réfugiés et les communautés d’accueil.

Approche et Mise en Œuvre

La FGCA utilise une approche de financement mixte (dette et assistance technique, ou AT) avec ses deux partenaires d’exécution : UGAFODE Microfinance Limited et Vision Fund Uganda (VFU). Ces institutions apportent une expertise locale essentielle et une expérience avérée auprès des populations vulnérables.

L’assistance technique s’articule autour de trois axes :

  •  Formation et renforcement des capacités du personnel des PSF et des clients.
  •  Développement de produits et de canaux de distribution numériques/TIC pour réduire les coûts et améliorer l’accès.
  •  Apprentissage et partage de connaissances (forums régionaux et internationaux) pour plaider en faveur du financement des réfugiés en tant que marché viable.

L’essence de cette approche est de démontrer la viabilité commerciale/économique du segment des réfugiés pour débloquer les investissements commerciaux et institutionnaliser ce marché. Cela nécessite des capitaux patients à faible coût, des capitaux flexibles de réduction des risques et un financement catalytique.

Vers un Écosystème d’Inclusion Financière Durable

Ce projet a pour ambition de déclencher un écosystème d’inclusion financière durable pour ce segment mal desservi, en incluant non seulement les partenaires humanitaires, mais aussi d’autres acteurs du secteur financier et des investisseurs privés. L’objectif est d’intégrer le marché des réfugiés dans l’écosystème mondial de l’inclusion financière, faisant ainsi évoluer la situation vers le volet Développement du nexus Humanitaire, Développement, Paix (HDP).

 

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¿Cómo ha impactado la reducción de la ayuda internacional a los Proveedores de Servicios Financieros?

Un nouveau paradigme pour l’aide internationale : comment les prestataires de services financiers s’adaptent-ils aux coupes budgétaires ?

Le paysage mondial de l’aide internationale connaît aujourd’hui une profonde transformation. Avec une réduction de 7,4 % en 2024 et des coupes encore plus marquées attendues en 2025, de nombreux secteurs du développement sont mis sous tension — mais peu autant que celui de l’inclusion financière.

Une nouvelle enquête de terrain, menée par la Fondation Grameen Crédit Agricole en partenariat avec CERISE+SPTF et le Financial Inclusion Equity Council (FIEC), apporte un éclairage inédit sur les répercussions de ces réductions d’aide. Fondée sur les réponses de 86 organisations opérant dans 58 pays, l’étude met en évidence à la fois les conséquences immédiates pour Financial Service Providers (FSPs) et les impacts plus larges pour les populations vulnérables qu’ils accompagnent.

Bien que le secteur de la finance inclusive ait été conçu pour être autosuffisant, les données montrent que 58 % des FSPs dépendent encore — directement ou indirectement — de programmes ou de financements soutenus par l’aide internationale. Ces résultats marquent un tournant pour le secteur, qui appelle désormais à une adaptation stratégique et à un renforcement de la coopération entre acteurs.

 

Les coupes budgétaires frappent plus durement les institutions rurales et de petite taille

Selon l’enquête, 60 % des FSPs déclarent être directement touchés par les réductions d’aide. Les domaines les plus affectés concernent les partenariats (70 %), les ressources financières (53 %) et la qualité du portefeuille clients (57 %). Les institutions de petite taille (FSPs de niveau 3) et celles opérant dans des pays fragiles sont les plus vulnérables, tout comme les acteurs engagés dans la finance agricole et rurale — un segment fortement tributaire des garanties et programmes soutenus par les bailleurs de fonds. Fait préoccupant, 67 % des répondants s’attendent à une détérioration de la situation en 2025–2026.

 

Les clients les plus vulnérables en subissent les conséquences

L’enquête souligne que les clients vulnérables sont les premiers touchés par ces perturbations. L’accès au financement agricole, à la finance verte et climatique, ainsi qu’aux services destinés aux populations les plus pauvres figure parmi les domaines les plus menacés. Près de la moitié des FSPs (49 %) financent des activités d’agriculture et d’élevage, des secteurs essentiels aux économies rurales mais encore très dépendants des programmes d’aide. Les effets en cascade sur la sécurité alimentaire, l’inclusion de genre et la résilience communautaire pourraient être considérables.

 

Virages stratégiques et test de résilience

Malgré un environnement difficile, l’enquête dresse le portrait d’un secteur d’une résilience remarquable. 57 % des répondants estiment que la finance inclusive demeure globalement solide. 44 % des FSPs ont déjà adapté leurs stratégies, mettant davantage l’accent sur la qualité du portefeuille, les alliances stratégiques et la protection des clients.

Les résultats révèlent également une évolution des mentalités : 43 % des institutions se concentrent désormais davantage sur la durabilité, les partenariats locaux et l’innovation. Toutefois, les répondants soulignent que si les investisseurs à impact apparaissent comme des acteurs clés pour combler le déficit de financement, leurs attentes pourraient ne pas toujours correspondre à la réalité du marché.

 

Un appel à renforcer la coopération et l’innovation

L’étude se conclut par un appel à l’action à l’ensemble des parties prenantes pour :
1️⃣ Renforcer la coopération locale entre acteurs publics et privés ;
2️⃣ Promouvoir des mécanismes de finance mixte (blended finance) pour optimiser les ressources publiques et privées ;
3️⃣ Développer des synergies entre FSPs grâce à la mutualisation des moyens et des réseaux ;
4️⃣ Donner la priorité à la protection des clients via la conception de produits innovants et inclusifs ;
5️⃣ Investir dans la mesure d’impact afin d’améliorer la redevabilité et d’attirer davantage d’investisseurs privés.

 

Comme l’a résumé un répondant — directeur financier d’une banque en République dominicaine :

« Le secteur de la finance inclusive est comme un rocher au milieu de la tempête mondiale. Malgré les coupes dans l’aide et les tensions géopolitiques, il demeure incroyablement solide, car il se concentre sur l’essentiel : les besoins financiers des personnes dans leurs communautés. »

Cette nouvelle réalité appelle à plus d’innovation, de coopération et de résilience collective. Les conclusions de l’étude confirment que la finance inclusive, profondément ancrée dans les économies locales et les besoins humains, demeure l’un des secteurs les plus résilients et porteurs de sens dans le contexte mouvant de l’aide internationale.

 

Lisez le rapport complet pour explorer comment les FSPs naviguent dans ce nouveau paysage et ce que l’avenir réserve à l’inclusion financière.

➡️ Lien du rapport complet