CA-Assurances et la Fondation Grameen Crédit Agricole en mission au Burkina Faso

Crédit Agricole Assurances accompagne la Fondation Grameen Crédit Agricole dans une due diligence de CIF-VIE, une des principales sociétés d’assurance au Burkina Faso qui intéresse particulièrement la Fondation. Cette opération s’inscrit dans une double ambition pour la Fondation : renforcer sa présence dans le secteur de la micro-assurance et consolider ses liens avec les entités du Groupe Crédit Agricole.

CIF-VIE : une entreprise à fort potentiel

CIF-VIE démarre son activité en 2013 au Burkina Faso, avec le soutien du RCPB, le principal réseau coopératif de microfinance Burkinabé, et de ADA (ONG luxembourgeoise). Elle vise à améliorer la protection des assurés et bénéficiaires à travers une gamme complète de produits d’assurances vie, décès et capitalisation au Burkina Faso.

Aujourd’hui, la compagnie africaine pèse 6% du marché. Avec un résultat net positif depuis sa création, CIF-VIE franchit une nouvelle étape dans sa croissance avec une transformation stratégique, opérationnelle et financière. Son plan d’action : ouvrir son capital à de nouveaux actionnaires pour se conformer aux nouvelles exigences de Conférence interafricaine des marchés de l’assurance (CIMA) ; restructurer son organisation vers une meilleure efficacité et une meilleure gestion des risques ; et développer ses produits et étendre son réseau de distribution. Son objectif d’ici 2020 est d’être dans les 5 premières compagnies d’assurance du Burkina Faso.

La Fondation et CA-Assurances ensemble pour soutenir la micro-assurance

La Fondation Grameen Crédit Agricole soutient 70 institutions de microfinance et social business dans plus d’une trentaine de pays. Investisseur, financeur et accompagnateur, elle renforce sa contribution à la transition financière en soutenant le développement de la micro-assurance en Afrique.

En constatant le fort potentiel de CIF-VIE, la Fondation a réalisé aux côtés de CA-Assurances, une mission de due diligence pour mieux comprendre cette structure et évaluer la possibilité d’y investir. Pierre Casal Ribeiro, Expert micro-assurance à la Fondation, a conduit la mission de due diligence accompagné d’Eduardo Cardoso de Miranda, expert en assurance des emprunteurs au sein de CA-Assurances, avec le soutien d’El-Hadj Diop, Conseiller investissement, et Céline Hyon-Naudin, Chargée d’investissement social business de la Fondation.

Crédit Agricole Assurances, 1er groupe d’assurance en France et 1er bancassureur en Europe s’est engagé aux côtés de la Fondation dans une dynamique de responsabilité sociétale pour valoriser les compétences et les convictions de ses collaborateurs en faveur du bien commun.

Investir pour une économie mieux partagée est le moteur de cette collaboration.

La Fondation publie son Rapport intégré 2017

La Fondation publie son Rapport intégré 2017 qui est un appel à concevoir des financements, des investissements et des mécanismes d’accompagnement de l’économie qui soient plus accessibles, plus transparents, plus solidaires. Aux côtés d’autres acteurs engagés, la Fondation Grameen Crédit Agricole prend part à la transition financière vers une économie plus juste, plus équitable, aux effets mieux partagés. Son Rapport intégré 2017 est un appel à concevoir des financements, des investissements et des mécanismes d’accompagnement de l’économie qui soient plus accessibles, plus transparents, plus solidaires.

Avec 49,3 millions d’euros de financement octroyés en 2017, la Fondation élargie son spectre d’intervention à 32 pays en soutenant 69 institutions de microfinance et entreprises de social business qui accompagnent 3,2 millions de clients dans le monde dont 77% sont des femmes et 75% vivent en zones rurales. En favorisant l’accès à l’entrepreneuriat et en cherchant à renforcer la résilience des plus fragiles, la Fondation Grameen Crédit Agricole s’engage en faveur du bien commun.

Télécharger le Rapport-intégré-2017

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Créée en 2008, sous l’impulsion conjointe des dirigeants de Crédit Agricole S.A. et du Professeur Yunus, Prix Nobel de la Paix 2006 et fondateur de la Grameen Bank, la Fondation Grameen Crédit Agricole SA est un opérateur multi-métiers qui contribue à la lutte contre la pauvreté par l’inclusion financière et l’entrepreneuriat à impact social. Investisseur, prêteur, coordinateur d’assistance technique et conseiller de Fonds, la Fondation soutient des institutions de microfinance et entreprises sociales dans près de 40 pays.

Social Business, vers un entrepreneuriat de l’utilité sociale

© CreditAgricole SA/CAPA Pictures/Nicolas Axelrod.

Pour un accès plus équitable à la création de richesse, la Fondation Grameen Crédit Agricole en appelle à un capitalisme plus responsable porteur d’un nouveau  » contrat social »

Un constat pragmatique

Forte d’une expérience d’investisseur pionnier dans des entreprises de Social Business, et à l’appui d’un bilan chiffré, la Fondation Grameen Crédit Agricole constate que l’Entrepreneuriat social est, le plus souvent, rapidement bénéfique pour la société, mais qu’il met beaucoup plus de temps pour atteindre son seuil d’équilibre financier.

Le Social Business

Une entreprise de type « Social business » a pour objectif d’apporter une solution à une problématique sociétale, tout en cherchant à atteindre la profitabilité financière. Ce modèle d’entreprise est donc classique dans son aspect financier, mais très différente car l’utilité sociale est son but primordial. La profitabilité n’est qu’un moyen de l’atteindre durablement. Sa manière de créer de la valeur ne réside pas dans sa capacité à répondre à un besoin du marché, si possible avec un avantage compétitif, mais dans la poursuite de sa mission sociale, le projet d’utilité collective à l’origine de sa création.

Un Livre Blanc, sept propositions

Dans son Livre blanc, la Fondation Grameen Crédit Agricole formule sept propositions concrètes pour améliorer l’efficacité du social business. De l’identification des facteurs de succès à la structuration de la performance sociale des projets, la Fondation présente une approche économique singulière.

1. Créer le statut d’entreprise « à contrat d’utilité sociale »

Pour la Fondation Grameen Crédit Agricole, il ne peut exister d’entreprise sociale sans un acte contractuel qui engage les objectifs sociétaux des projets.

2. Valoriser l’utilité sociale pour l’intégrer au compte de résultat de l’entreprise sociale

La valorisation consisterait à identifier et à estimer les impacts sociaux et environnementaux de l’entreprise pour pouvoir les transcrire sous forme d’unités de compte.

3. Favoriser fiscalement l’évolution des associations en entreprises à contrat d’utilité social

Les social business ont besoin de recourir aux financements hybrides (montage dons/dettes) car les marges particulièrement faibles de leurs modèles économiques ne peuvent généralement pas couvrir les coûts d’investissement.

4. Créer des partenariats public-privé en zones rurales pour l’accès aux biens essentiels

Une entreprise sociale installée en milieu rural peut parfaitement se faire relais de l’action publique et se rendre éligible à un format adapté de PPP.

5. Diffuser des brevets low tech en open source

Les brevets low-tech en open source (libre de droits) sont une des clés du développement des économies modestes et de proximité dans les pays émergents.

6. Recourir à des montages financiers déconsolidant dans les chaînes de valeur agricoles

Développer une relation de confiance via la contractualisation renforce et structure la chaîne de valeur agricole.

7. S’appuyer sur des relais de proximité

La Fondation recommande de s’appuyer localement sur un investisseur membre au conseil d’administration. Sa présence facilitera les opérations et la gouvernance.

 » Social et Business : deux mots que, d’apparence, tout oppose. Dans l’ancien paradigme économique où l’individualisme était triomphant et sa conséquence la précarisation, généralisée, ils résonnaient comme une contradiction, un paradoxe. Une lubie d’idéaliste. Et pourtant, leur rencontre, aussi singulière soit-elle, est une voie d’avenir pour repenser et redéfinir un capitalisme plus responsable et une économie volontairement inclusive.  » Eric Campos, délégué général de la Fondation Grameen Crédit Agricole.

Pour télécharger le Livre Blanc Social Business : Livre-blanc-Social-business-BD

La Fondation Grameen Crédit Agricole affiche un bon bilan en 2017

La Fondation a engagé, depuis sa création en 2008, près de 200 millions d’euros de financement. Elle intervient auprès de 70 institutions de microfinance et entreprises de type « social business » dans 28 pays. Les femmes et les populations rurales représentent 76% et 81% de plus de 3 millions de clients des institutions que la Fondation accompagne tant en financement, qu’en assistance technique. Sur ce volet d’accompagnement, les équipes de la Fondation ont piloté 50 missions d’assistance technique en faveur de 16 institutions partenaires.

2017 a été une année de croissance avec un résultat d’exploitation positif et un résultat net lui aussi excédentaire tout en conservant un profil de risque sans évolution défavorable. La Fondation fait ainsi la preuve de sa capacité à conjuguer performance sociale et équilibre économique. Au cours de cette année, nous nous sommes recentrés autour de notre cœur de métier tout en augmentant notre capacité à agir. Ainsi en 2017, 44 dossiers de financements ont été présentés au Comité d’Investissement pour un montant additionnel de près de 50 millions d’euros.

La Fondation a élargi sa zone d’intervention avec de nouveaux partenariats au Monténégro, au Kazakhstan et en Birmanie. 86% de nos pays d’intervention font partie des pays les plus pauvres au monde. 48% des dossiers de financements se concentrent en Afrique subsaharienne et 23% en Asie du Sud et du Sud-Est, ces deux zones géographiques représentent chacune 35% des engagements de la Fondation en fin d’année.

Réunis les 6 et 7 mars à Luxembourg, les administrateurs de la Fondation ont fait part de leur satisfaction et ont félicité les équipes de la Fondation pour ces résultats qui honorent l’Institution. Le Conseil d’administration a été également l’occasion de tracer les pistes de travail du prochain plan à moyen terme 2019-2023 et de lancer un projet de création d’un Fonds d’Investissement destiné à améliorer l’excellence opérationnelle et la résilience de nos partenaires.

S’engager aux côtés des Institutions de microfinance, participer à l’essor des économies rurales, voir plus loin, agir ensemble pour une économie mieux partagée, la Fondation Grameen Crédit Agricole reste concentrée, humble mais active et audacieuse au service de sa mission fondatrice de lutte contre la pauvreté.

L’AFD et la Fondation renforcent leur soutien à la microfinance en Afrique

La Fondation renforce ses liens avec ses partenaires institutionnels par le biais d’un nouvel accord signé en mars 2017 entre la Fondation Grameen Crédit Agricole et l’Agence Française de Développement (AFD) pour une période de 3 ans.

Un programme pour renforcer les institutions de microfinance

La « Facilité de décollage pour la microfinance agricole et rurale en Afrique », mise en place en partenariat avec l’Agence Française de Développement (AFD), a été renouvelée en mars 2017 et pour une période de 3 ans. La première phase du programme, réalisée entre 2013 et 2016, a permis de renforcer des institutions de microfinance (IMF) en Afrique et de les accompagner vers l’autosuffisance opérationnelle et la pérennité financière.

A fin décembre 2017, le programme comptait 18 partenaires dont 15 situés dans 6 pays prioritaires de l’AFD[1]. En 2017, sept nouveaux partenaires on rejoint le programme dont trois d’entre eux dans deux nouveaux pays d’intervention dans le cadre de la Facilité, la RDC et le Rwanda. Des contrats de prêts d’un montant de 6 033 000 euros ont été approuvés et 3 707 363 euros ont été décaissés.

Une deuxième phase pour démultiplier l’impact du projet

La seconde phase du programme se réalisera entre 2017-2020 et permettra de financer et de fournir de l’assistance technique à plus d’une vingtaine d’IMF. Le nouveau financement de l’AFD s’articule autour des 3 volets : un prêt de 6 millions d’euros pour développer l’activité de crédit de la Facilité ; une subvention de 2,2 millions d’euros pour contribuer aux lignes d’assistance technique ; et une garantie de portefeuille ARIZ pour couvrir 50 % de la production de crédits accordée aux IMF d’Afrique sub-saharienne.

Depuis la signature de la deuxième phase en mars 2017, 5 protocoles d’assistance technique ont déjà été signés et 28 missions d’assistance technique réalisées ou en cours. Les missions visent à consolider le profil de risque des institutions partenaires à travers différentes thématiques telles que l’élaboration d’un plan d’affaires, la gestion des risques et l’amélioration du système d’information. Les missions porteront également sur la mesure et la gestion de la performance sociale, le financement agricole et la microfinance verte.

[1] Bénin, Burkina Faso, Mali, RDC, Sénégal, Togo

Jordanie : un partenariat en faveur d’une économie mieux partagée

La Fondation Grameen Crédit Agricole accorde un financement de 2 millions de dollars en faveur de l’Institution de microfinance FINCA Jordan dans le cadre d’un partenariat avec CoopMed. Cette opération s’inscrit dans une collaboration sur la durée entre la Fondation et FINCA International.

FINCA Jordan : une décennie d’actions en faveur de l’entrepreneuriat

Depuis 1985, le réseau FINCA International favorise l’accès aux financements des personnes à faibles revenus. Avec 1,9 millions de clients à son actif dans plus de 20 pays, elle intervient en Afrique, au Moyen Orient, en Eurasie, en Amérique latine et dans les Caraïbes. En 30 ans, elle y a accompagné les projets entrepreneuriaux de plus de 4 millions d’emprunteurs, principalement des femmes.

Fondée en 2007 en Jordanie, l’IMF FINCA Jordan compte 9 succursales et 29 000 clients. Avec un prêt moyen de 1 550 dollars, l’encours s’élève à 29 millions de dollars. Elle propose des financements adaptés aux petites et moyennes entreprises et des prêts solidaires et individuels.

Une coopération tripartite à impact

C’est dans le cadre d’un partenariat entre la Fondation Grameen Crédit Agricole et Inpulse, gestionnaire de fonds à impact social, que FINCA Jordan devient un nouveau partenaire de la Fondation. A la fois performante socialement et viable sur le plan économique, FINCA Jordan bénéficie ainsi d’un financement de 2 millions de dollars.

La Fondation Grameen Crédit Agricole consolide, à travers cette intervention, sa présence au Moyen Orient. Active dans 30 pays, la Fondation poursuit son effort en faveur de l’accès au financement des personnes traditionnellement exclues du secteur bancaire. Avec ce partenariat, Inpulse qui dispose d’une capacité d’investissement de 58 millions d’euros, renforce également sa présence et son action dans l’un de ses 14 pays d’intervention.

Cette opération conjointe financée par deux acteurs européens de l’investissement à impact illustre l’intérêt des partenariats en matière de finance inclusive. Autour d’un même socle de valeurs fondamentales, la Fondation Grameen Crédit Agricole, Inpulse et FINCA International empruntent une voie d’avenir : celle d’une économie mieux partagée renforcée par celles et ceux qui croient en la force et la vertu des alliances.

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14e Forum annuel mondial de la Microfinance

Lors du 14e Forum annuel du microcrédit de l’UNIGLOBAL à Munich les 15 et 16 mars, Jurgen Hammer, Directeur Risques et performance sociale de la Fondation Gramen Crédit Agricole, a participé au panel : « Microfinance et Impact Investment : créer de la valeur et protéger le client ». Le panel comprenait des représentants d’Incofin, de BIO et de KfW.

Jurgen Hammer a présenté un panorama de la gestion de la performance sociale en finance inclusive, du développement et de l’application des normes universelles et de l’outil d’évaluation SPI4. Il a encouragé le secteur à appliquer les meilleures pratiques en finance responsable et inclusive et à mesurer la performance à travers ses normes universelles et à gérer activement les améliorations apportées. Sa présentation s’est conclue sur un exemple de mise en œuvre concrète par la Fondation Grameen Crédit Agricole qui, pour la deuxième année consécutive, a réalisé en 2017 une évaluation de la performance sociale du portefeuille de ses partenaires et une comparaison des groupes de référence pour une analyse qualitative approfondie.

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Créée en 2008, sous l’impulsion conjointe des dirigeants de Crédit Agricole S.A. et du Professeur Yunus, Prix Nobel de la Paix 2006 et fondateur de la Grameen Bank, la Fondation Grameen Crédit Agricole SA est un opérateur multi-métiers qui contribue à la lutte contre la pauvreté par l’inclusion financière et l’entrepreneuriat à impact social. Investisseur, prêteur, coordinateur d’assistance technique et conseiller de Fonds, la Fondation soutient des institutions de microfinance et entreprises sociales dans près de 40 pays.

Green Index ou comment lier finance et climat

La microfinance verte, voilà un terme qui suscite la curiosité. Qu’est-ce que cela veut dire ? Parle-t-on de responsabilité, d’économie, d’engagement ? Comment l’accord des notions « verte » et « inclusive » est -il viable?

Pour répondre à ces enjeux, le Green Index a été conçu en 2016 comme un outil pour mesurer la performance environnementale des institutions de microfinance. Retrouvez les réponses à toutes vos questions dans ce dossier complet et détaillé réalisé par le Groupe de travail Microfinance et Environnement de la Plateforme Européenne de Microfinance (e-MFP, European Microfinance Platform)

L’objectif d’e-MFP est de promouvoir la coopération entre entités européennes actives en microfinance dans les pays en développement. e-MFP favorise les discussions de haut niveau, la communication et l’échange d’informations. La vision d’eMFP est de devenir le point focal de la microfinance en Europe, relié au Sud à travers ses membres.

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Fondé en 2006, la plateforme e-MFP est un réseau croissant de plus de 120 organisations et individus actifs dans le domaine de la microfinance. En tant qu’organisation multi parties-prenantes, le réseau représente la communauté de la microfinance en Europe. Des banques, institutions financières, agences gouvernementales, ONGs, cabinets de consultance, chercheurs et universités sont représentés au sein des membres d’e-MFP. La Fondation Grameen Crédit Agricole est membre de l’e-MFP.

La finance digitale, une arme contre l’exclusion ?

Notre partenaire ADA passe à l’action avec la  » Digital Finance Initiative  » (ou DFI) qui vise à faciliter et cofinancer la mise en place des solutions digitales par les institutions de microfinance dans 12 pays d’Afrique Sub-Saharienne. Couvrant une période de 5 ans, de 2017 à 2021, ce projet ambitieux permettra d’offrir un accès aux services bancaires rapide, bon marché et sécurisé.

Un accompagnement en 3 étapes

1e étape : atelier initial d’identification des priorités
L’atelier DFI rassemble les cadres dirigeants des IMF pendant une semaine. Il vise à leur donner une vision complète des différents enjeux, opportunités et contraintes que représentent les nouvelles technologies. Il leur donne les clés pour analyser tous les scénarios possibles d’intégration du digital dans leur stratégie et pour évaluer les impacts attendus en termes techniques, mais aussi opérationnels, financiers et réglementaires. L’objectif est que les participants ressortent de l’atelier avec des idées claires sur la stratégie digitale qu’ils souhaitent adopter.

2e étape : phase de pré-projet : définition d’un projet digital
Les IMF qui souhaitent poursuivre l’aventure font d’abord valider leur nouveau projet par leur gouvernance. Ensuite, soutenues par le responsable ADA en charge du projet « Digital Finance Initiative » et des consultants locaux, elles peuvent lancer leur plan d’action. Ce plan prévoit l’établissement d’un cahier des charges, la publication d’appels d’offres et la sélection des prestataires techniques, la mise en place d’un planning et enfin la rédaction d’un dossier de cofinancement qui sera soumis à un comité de sélection, composé de membres du Conseil d’administration de ADA, de Deloitte Digital, de POST Luxembourg et de LuxFLAG. Le dossier, s’il est approuvé, est cofinancé par ADA (et éventuellement d’autres bailleurs de fonds) à hauteur de 70% des frais d’investissement, dans la limite d’un plafond de 100 000€.

3e étape : phase pilote : implémentation du projet digital
Après acceptation du dossier par le Comité, la mise en place du projet peut démarrer avec un pilote à l’échelle d’une ou deux agences. À ce stade, ADA propose à l’IMF un accompagnement financier, ainsi qu’un appui dans tous les domaines impactés par le projet : redéfinition des procédures, besoin en formation du personnel et des clients, gestion du risque. Dès que la phase de tests est terminée et s’avère concluante, l’IMF déploie le projet dans l’ensemble du réseau. C’est à ce moment que s’arrête l’accompagnement de ADA, qui considère alors l’institution comme autonome.

Retrouvez l’article complet ici !

[Social Business] Arrival in a Social Impact Foundation

Par Juliette Charrier, Fondation Grameen Crédit Agricole

Lorsqu’on entre dans une fondation d’impact social, on entre avec beaucoup d’idées reçues et d’idéalisme. C’était du moins mon cas. J’allais enfin connaître la recette de l’impact, qualitatif et quantitatif, pour enfin trouver des modèles qui ont du sens, efficaces pour lutter contre la pauvreté, performants financièrement et qui alignent les intérêts de tous les acteurs de la chaîne de valeur. Douche froide. Rien n’est tout blanc ou tout noir, avoir de l’impact est difficile et nous n’avons pas encore trouvé de recette magique. Mais, étape par étape, on se rend compte qu’il est bien possible de contribuer au développement économique de pays émergents, soutenir des entreprises qui créent des opportunités économiques, qui rémunèrent de manière inclusive et équitable leurs parties prenantes.

Tout d’abord, les désillusions : nous a-t-on menti pendant 10 ans ? Les entreprises de social business peuvent-elles réellement concilier croissance rentable et impact social ? Au premier coup d’œil sur notre portefeuille, on a envie de baisser les bras et de se demander : ne sommes-nous pas en train de créer une bulle spéculative financière et sociale sur le concept du social business, en affirmant que cela fonctionne alors que les chiffres ne sont pas au rendez-vous? Désespoir et perte de confiance.

Ensuite, en creusant les sujets et en s’imprégnant de chaque entreprise de social business, on se rend compte qu’il y a de fortes et concrètes améliorations, parfois opérationnelles, parfois sociales, parfois les deux… hors cas extrême, il y a des résultats. C’est rassurant, enthousiasmant. Regain d’espoir envers les entreprises de social business.

Résultats certes, mais tout de même bien en dessous des attentes. On réfléchit donc aux moyens à mettre en œuvre, on se rend compte que c’est un chemin de longue haleine et qu’il faut être bien accompagné. On conclut également qu’il y a autant de situations dans les social business que de variables à rassembler pour s’assurer de leur succès. Mais sommes-nous les seuls dans ce cas-là ?

Déphasage : Certains fonds à impact assurent avoir un vrai impact social et des rendements de marché : comment est-ce possible? Deux apprentissages : 1) la notion d’impact investing est très large et va des « investissements qui ne font pas de mal, aux investissements qui cherchent à tout prix à faire du bien ». 2) la Fondation Grameen Crédit Agricole finance davantage des start-up sociales que des entreprises ou programmes sociaux. La Fondation appartient donc bien à « l’impact investing », dans le sous-compartiment « social business », mais plus précisément dans le tiroir Seed-Capital Risk à Impact Social, par ses tickets moyens bas et le caractère entrepreneurial des entreprises investies. Quand on se rend compte que les fonds de Venture Capital comptent sur une entreprise « unicorne » pour réaliser la plus-value qui absorbera les coûts d’une dizaine d’investissements moins fructueux, tout en dégageant si possible des retours pour rémunérer dirigeants et actionnaires, tout cela dans des économies florissantes et développées… on mesure le challenge que se fixent les Fonds de Seed Social Business dans les pays émergents.

Est-ce un problème de moyens financiers ? Les fonds d’investissement investissent-ils trop peu pour réellement permettre aux entreprises de Social Business de se développer, se structurer et créer un business ? D’après le rapport du GIIN, les taux de rentabilité interne (IRR) ne varient pas en fonction de la taille totale des fonds mais peuvent varier en fonction de la taille des investissements.

Est-ce un problème de moyens extra-financiers ? L’isolement de l’entrepreneur et le manque d’accompagnement qualifié ? Comment tirer des leçons avec des investissements aussi divers en termes de profil du dirigeant, marché adressé, contexte socioéconomique, valeur ajoutée de l’entreprise, bénéficiaires ciblés etc ?

Et quand bien même tout cela fonctionnerait, les entreprises de social business sont-elles le meilleur moyen d’obtenir de l’impact ? Ne vaut-il pas mieux essayer de changer les méthodes et pratiques des grands groupes déjà résilients dans les pays émergents pour avoir un vrai impact à échelle ? Intégrer de nouvelles parties prenantes comme des nouveaux segments de clients et de fournisseurs pourrait au final avoir plus de portée.

Au final, on grandit, en comprenant que l’objectif n’est pas d’avoir l’impact social le plus rentable, mais de contribuer au développement économique de pays émergents, en intégrant à des chaînes de valeur des acteurs préalablement exclus, en créant des emplois et en donnant accès à des biens essentiels au plus grand nombre. L’essentiel est que l’on se retrouve dans un milieu stimulant, où les situations évoluent rapidement, où l’on tâtonne à la recherche de mécanismes fructueux, où l’on tente de renforcer les entreprises de social business par des partenariats enrichissants, à la recherche de l’équilibre financier et de la maximisation de l’utilité sociale, et où l’innovation est partout présente.

Des nouvelles du front

Les clients des entreprise des Social Business = 100% des bénéficiaires ? Pas forcément ! Dans les entreprises de social business, on pense souvent que les clients sont les bénéficiaires. Ce serait l’idéal pour maximiser l’impact. Mais pour permettre à l’entreprise d’avoir un impact, il faut avant tout qu’elle puisse opérer avec un minimum de rentabilité pour couvrir ses frais. Ainsi, on se rend compte qu’afin de diversifier son risque et de renforcer l’entreprise, il est préférable que l’entreprise s’adresse à différents segments de la population, des bénéficiaires et des clients « traditionnels ». C’est du moins l’avis d’OikoCredit qui recommande de commencer un social business dans le domaine de l’accès à l’énergie solaire en s’adressant d’abord aux clients qui ont les moyens financiers, pour ensuite inclure le segment BOP (Bottom of Pyramid) dans leur business model.

Les défis d’impact social ne sont pas toujours là où on les attend. Lorsque que l’on cherche à inclure une population marginalisée dans une chaîne de valeur agricole, pour améliorer ses revenus et conditions de vie, on pense d’abord à la nécessité d’améliorer les moyens des petits agriculteurs. Certes, se fournir en intrants, préparer et cultiver un champ demande du temps et de l’argent, mais ces étapes ne se révèlent pas être le plus grand frein auquel les petits agriculteurs marginalisés font face. Selon le Directeur Général de Selina Wamucii, une entreprise d’export de fruits et légumes au Kenya, le réel facteur d’exclusion des petits producteurs est le difficile accès aux débouchés économiques. En effet, alors que les ONG, fonds à impact et gouvernements se mobilisent pour financer l’amont de la production, ils devraient également s’assurer de l’aval, car si la demande du marché est forte, cela rassurera les petits producteurs qui n’auront plus peur de contracter un crédit sans l’assurance d’un revenu économique plus tard.

Ne vous laissez pas éblouir par l’énergie solaire. L’accès à l’énergie solaire est en plein essor depuis quelques années. En effet, elle donne accès, à un prix compétitif, à de l’énergie propre pour des populations marginalisées ou hors réseau. Elle permet aussi l’inclusion financière de segments non bancarisés via le paiement mobile et des mécanismes de PAYG (pay as you go). C’est indéniable, l’énergie solaire a bien des effets positifs. Cependant, il est important de ne pas survendre l’impact social de l’énergie solaire : en effet, vendre des panneaux solaires à un agriculteur lui permettra bien d’avoir un meilleur éclairage, mais ne sera pas pour autant générateur de revenus. Un petit producteur aura en priorité besoin d’énergie pour irriguer ses champs, labourer sa parcelle et vendre ses produits rapidement et à un prix équitable. Il est donc important de ne pas tomber dans la surenchère de l’impact ; l’énergie solaire améliorera les conditions de vie des bénéficiaires, mais ne sera pas forcément génératrice de revenus.

Après huit années d’activité dans le social business, la Fondation Grameen Crédit Agricole a souhaité tirer les leçons de son expérience et les partager … ! Elle présente donc les défis auxquels ces entreprises de social business font face. La Fondation formule des propositions pour renforcer ce modèle prometteur.

Découvrez le Livre Blanc sur le Social Business

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Sources
https://nextbillion.net/theres-no-app-to-fix-farming-a-lifelong-smallholder-shares-what-social-business-is-getting-wrong/
https://nextbillion.net/are-financial-returns-starting-to-compete-with-social-goals-an-impact-investor-assesses-its-involvement-in-off-grid-solar/